Les derniers événements à Tel Aviv, Orlando, Magnanville et Rennes marquent un tournant dans le rapport à la situation, que certains d’entre nous connaissent bien depuis 15 ans. La défaite des belles âmes qui ont parasité la conscience collective du réel est annoncée.

Oh ! la chose reste encore fragile. Ainsi François Hollande a oublié le massacre de Tel Aviv dans sa nomenclature de l’horreur à l’occasion de Magnanville. De même une information très contrariante a été squizée tout simplement par les médias car elle éclairait trop grossièrement la réalité : à savoir qu’une femme a reçu trois coups de poignard à Rennes le jour même de Magnanville, de la part d’un individu qui voulait selon ses mots « faire un sacrifice pour le Ramadan ».

C’est ce qu’on pouvait lire sur le moment dans les dépêches de presse des chaînes d’information. Puis on a lu que ce meurtrier mystique était un « déséquilibré » et l’information a ensuite disparu. Attendons demain? Aujourd’hui on nous dit que le meurtrier du commissariat de Joué les Tours en 2014 n’était pas un déséquilibré comme on nous l’avait dit alors, mais un terroriste se réclamant de l’islam…

Le cas de Rennes reste le plus significatif car ici le meurtre est justement défini par l’auteur comme un « sacrifice », c’est-à-dire un acte religieux, ce que sont tous ces actes barbares et pas uniquement « terroristes ». Leur finalité est religieuse – sauf que la religion du califat est aussi sa politique… Or c’est ce que le discours officiel s’évertue à nier et cacher, ce qui a conduit à la confusion totale des esprits et à l’égarement du public.

La scène pathétique d’Obama réagissant au massacre d’Orlando restera dans la mémoire historique, comme l’exemple même du déni de la réalité : l’homophobie et la vente libre des armes devenaient les causes d’un meurtre commis au nom de l’islam, sans que ce dernier – un fait, gros comme le nez au milieu de la figure – ne soit nommé. C’est aussi vrai en France des débats médiatiques qui s’évertuent à comprendre – disent-ils – les causes d’un tel phénomène et s’épuisent en considérations qui n’ont de sociologiques que le nom car elles négligent le constat du fait idéologique, religieux et politique, qui est pourtant au cœur du social.

Une telle situation vaut aussi pour Tel Aviv. Après Orlando, le maire de Tel Aviv, Ron Barkaï, a pu dire que les meurtres de Sarona, perpétrés au sortir du Ramadan, après que les assassins, en costume-cravate de cérémonie, aient cassé leur carême, avaient pour cause l’occupation israélienne. Entendra-t-on le chef d’Etat major ou son second fustiger le fascisme de la partie palestinienne ? Car ce ne fut pas là un acte isolé : le soir même du massacre, toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza ont célébré l’ignominie avec feux d’artifices, offrande de douceurs, comme si il y avait là un rituel de Ramadan. C’est cet Etat terroriste là que la France veut ériger…

Il y a un fait évident. Il y a aujourd’hui dans l’islam, un courant qui se revendique de ses valeurs pour commettre ces actes. C’est un problème pour les musulmans qui doivent le combattre s’ils veulent s’en démarquer. Ce n’est pas aux non musulmans à le faire, au nom d’un islam transcendantal qui n’est qu’une invention de l’esprit. La guerre de religion qui fait rage dans l’islam contemporain entre sunnites et chiites confirme cet état de faits. Il y a tout simplement, si l’on peut dire, un courant, l’islamisme, qui est à l’œuvre dans ce chaos. Dans les rangs de cet univers religieux, se produit dans une terrible régression de l’humanité qui voit la religion régresser aux temps primitifs des sacrifices humains, des crimes rituels.

En quoi constater cela pose-t-il problème aux victimes et aux Etats qui sont agressés comme c’est encore le cas ? C’est là qu’est le mystère. Quelles explications pourrait-on trouver ? Tout d’abord un gauchisme déliquescent, le fameux islamo-gauchisme, celui qui exalte les non occidentaux parce qu’ils seraient des victimes éternelles de l’Occident. L’islamo-gauchisme est une succursale de l’idéologie postmodernisme, un marxisme sans communisme.

Ce postmodernisme est une idéologie anti-démocratique et totalitaire qui récuse l’Etat, la nation, le principe de majorité et de représentation. Elle impose la censure idéologique en se revendiquant d’une pseudo morale de l’Autre qui n’est qu’une démission de soi : une morale pervertie fondée sur la non-réciprocité.

Mais il y a peut être aussi des causes politiques internationales car l’Union Européenne est liée par des accords avec l’Organisation de la Conférence islamique qui visent, entre autres, à remodeler l’histoire et la culture de l’Occident en fonction d’une apologie de l’islam et de sa propre version de l’histoire. Le discours du Caire d’Obama a par ailleurs bien montré le choix des Etats-Unis sous sa gouverne, si catastrophique pour l’ordre mondial. Certains évoquent la dhimmitude de l’Occident, cet état d’esprit qui sous la contrainte finit par adopter la morale et les raisons du persécuteur…

Dans la réalité, il n’y a aucune raison solide à de tels comportements. Il faut appeler un chat, un « chat ». C’est la condition sine qua non de la salubrité publique et de la santé mentale, ce que le discours dominant officiel autant que médiatique a mis en très grave danger depuis 15 ans. La question doit être posée au monde musulman. C’est comme cela qu’il faut concevoir un rapport d’égalité et de respect que nous sommes en droit d’attendre et d’exiger.

*Tribune sur Radio J du 17 juin 2016.