Israël a de fidèles amis en Grande Bretagne. Il a aussi de farouches ennemis dont un certain Jeremy Corbin, héritier d’une ancienne tradition antisémite anglaise qui pourrait devenir un prochain Premier ministre.

Il y a près d’un millénaire que des juifs sont arrivés en Angleterre dans le sillage de Guillaume le Conquérant. En 1144 se produit la première accusation de crime rituel, la première d’une longue série qui s’est poursuivie jusqu’aux massacres de 1222 et l’expulsion des juifs d’Angleterre. L’antisémitisme persista sans juifs, en témoigne le théâtre de William Shakespeare(1) et de Christopher Marlowe(2). Cromwell autorisa en 1656 les juifs à revenir en Angleterre, mais ce n’est qu’au 18ème siècle que la religion juive put être pratiquée et ce n’est qu’en 1857 qu’ils obtinrent la citoyenneté. La haine anglaise des Juifs ne s’est jamais démentie, y compris dans la diplomatie. De nos jours ses manifestations ne cessent d’augmenter.

La déclaration Balfour est une lettre ouverte, adressée à Lord Lionel Walter Rothschild par le gouvernement britannique. Elle est signée par Lord Arthur Balfour, secrétaire aux affaires étrangères et datée du 2 novembre 1917. Elle est considérée comme l’origine de la naissance de l’Etat d’Israël, comme un cadeau offert au sionisme. Mais n’a-t-elle pas été, de la part des Anglais, un cadeau empoisonné qui s’est retourné contre l’empoisonneur ?

Le contexte : 1917, l’année terrible. La guerre fait rage en Europe. Les morts se comptent par millions. La Triple entente (France, Grande Bretagne et Empire Russe) est opposée à la Triple Alliance, (Empire Allemand, Empire Austro-Hongrois et Italie auxquels s’est joint l’Empire Ottoman). L’offensive Nivelle à Verdun piétine. Des révoltes grondent au sein de toutes les armées. Au printemps, la révolution russe éclate. Les Allemands peuvent recentrer sur le front occidental leurs troupes du front est. L’issue de la guerre est incertaine. L’Angleterre est tentée d’accepter un armistice avec l’Allemagne et n’est retenue que par l’espoir d’une alliance avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis restent neutres, mais la Grande Bretagne aspire à les faire entrer dans la guerre aux côtés de l’Entente. Elle reçoit un soutient inattendu des Allemands. Ceux-ci fomentent des attentats(3) sur le sol américain pour empêcher la fourniture de matériel militaire à l’Entente. Les sous-marins allemands coulent des navires, dont le Viligentia et le Lusitania qui effectuent la liaison New York-Londres. Ils envoient un télégramme(4) au Mexique pour lui proposer l’entrée en guerre contre les Etats-Unis afin de récupérer les territoires perdus du Texas, de l’Arizona et du Nouveau Mexique. Intercepté par les Anglais, ce télégramme est transmis par Lord Balfour au président américain Thomas Woodrow Wilson.

Pour influencer les Américains(5), Français et Anglais se livrent à une stratégie de lobbying intense auprès des sionistes qu’ils imaginent influents, dont les juges Louis Brandeis et Félix Frankfurter ainsi que Nahum Sokolow. Accorder aux Juifs une terre au Proche-Orient figure parmi leurs principaux arguments. Depuis deux ans ce projet est préparé au Foreign Office qui comporte de nombreux antisémites au premier rang desquels se trouve Lord Balfour lui-même ; il considère que les Juifs sont un corps étranger en Europe(6). En 1905, à l’époque où il était premier ministre, il a été à l’origine d’une loi pour empêcher les Juifs d’entrer en Grande-Bretagne alors que ceux-ci tentaient de fuir les pogroms meurtriers de l’Empire russe.

Le président américain fait savoir le 11 septembre 1917 que « le moment n’est pas opportun pour une déclaration précise, autre que, peut-être, de sympathie ». Chacun des soixante sept mots de la déclaration Balfour favorable à la création d’un foyer national juif en Palestine est pesé. Elle est publiée le 2 novembre 1917. Pour le premier ministre Lloyd George il s’agit d’un remerciement de la Grande Bretagne à Chaïm Weizmann pour avoir en synthétisant l’acétone donné un avantage à l’armée britannique. Pour Lord Balfour qui l’a évoqué, il s’agit de débarrasser l’Europe de ses Juifs en favorisant leur départ.

Ce projet de déclaration, qui n’a été rien de plus qu’une déclaration, avait pour objectif :

1° Par l’intermédiaire des sionistes américains de pousser le président des USA à entrer en guerre.

2° De faciliter la conquête anglaise de la Palestine grâce à l’appui des sionistes de Palestine.

Voici le texte de la déclaration : « Cher Lord Rothschild, « J’ai le grand plaisir de vous adresser, de la part du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration suivante, en sympathie avec les aspirations juives sionistes ; cette déclaration a été soumise au Cabinet et approuvée par lui. « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif, et il emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ainsi qu’aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans les autres pays. »

Que signifie « Foyer National pour le peuple juif » ? En 1922, les Anglais essaient toujours de définir l’expression. Le Livre Blanc précise que cela ne veut pas dire « nationalité juive » ni immigration juive(7). Le gouvernement anglais insiste sur ce que n’est pas le foyer juif, il ne donne aucun indice sur ce qu’il entend par cette formulation. En Afrique du Sud, Foyer National veut dire pour l’Angleterre « bantoustan(8) ». Est-ce synonyme d’Apartheid ? Dans l’expression Foyer National utilisée pour les Arméniens en Turquie, ce terme ne représente pour la Société des Nations que la faculté pour une population de se rassembler pour sauvegarder sa culture et sa langue(9).

Les Anglais ont toujours été particulièrement doués pour créer des situations inextricables : Juifs et Arabes en Palestine, Musulmans et Hindous en Inde, Turcs et Grecs à Chypre, Protestants et Catholiques en Irlande… sans parler de l’Afrique ! Après avoir découpé le Levant, faisant fi des frontières naturelles et des populations, « la perfide Albion, écrit Antoine Sfeir(10), va essayer de susciter des troubles dans les pays tombés dans l’escarcelle française ». La politique conjuguée de l’Angleterre et de la France ne laissera que guerres et destructions, comme à Chypre, en Palestine, en Irak, au Kurdistan, au Liban et en Syrie.

L’Angleterre met de l’huile sur le feu pendant toute la durée du conflit. Elle prend alternativement le parti des uns et des autres. Comme aux Indes, sa politique de « diviser pour régner(11) » est catastrophique pour les relations entre les communautés et les populations.

La Première Guerre mondiale terminée, comment la « perfide Albion » s’y prit-elle pour tenter de faire échouer ce projet de foyer Juif ?

L’Égypte était sous protectorat britannique. La Turquie a cherché à prendre le Canal de Suez. En septembre 1917, l’armée britannique lance une offensive contre les Turcs alliés de l’Allemagne. C’est la campagne de Palestine. Malgré de lourdes pertes, les troupes du général Allenby prennent Bersheva et Jérusalem puis toute la Palestine. Avec Allenby, Lawrence d’Arabie a vaincu les Turcs à la tête de l’armée des tribus bédouines. Pour les convaincre d’intervenir dans le conflit, il leur fait, au nom de l’Angleterre, des promesses de terres et de royaumes. Ces promesses ne seront pas tenues : deux distingués diplomates, Sykes et Picot, l’un représentant la Grande-Bretagne, l’autre la France, ayant déjà négocié en secret, en 1916, le partage du Moyen-Orient entre ces deux pays. Un siècle après, ce découpage est toujours la cause de problèmes. En Palestine, l’armée britannique s’emploie à gérer le territoire. Le Colonial Office(12), qui craint une alliance judéo-arabe, fait capoter l’accord de coopération Fayçal-Weizmann(13) et décide de s’allier au clan Husseini(14). Celui-ci organise l’assassinat du roi Abdallah de Jordanie qui considérait, comme Fayçal que : « c’était la Providence qui avait dispersé le peuple juif à travers le monde occidental, pour lui permettre d’assimiler la culture européenne et de la rapporter au Moyen-Orient afin de redonner vie à cette partie du monde »(15).

Le Colonial Office et le haut-commissaire anglais, Sir Herbert Samuel ont fait libérer de prison Amine el Husseini qui avait servi en tant qu’officier turc pendant le génocide Arménien(16), contribué au coup d’état nazi(17) en Irak et organisé des violences contre les Juifs de Hébron, Jaffa et Jérusalem. Bien qu’il n’en n’ait pas les qualifications religieuses et qu’il ne soit arrivé qu’en deuxième position aux élections, Sir Samuel le nomme Grand Muftî de Jérusalem, autorité religieuse et politique suprême, à la place du consensuel député-maire de Jérusalem, Ragheb Nashashibi(18) chef du clan rival, nationaliste palestinien modéré. Il est manifeste que nommer Al Husseini à ce poste représente une stratégie britannique pour provoquer une guerre de religion entre les Arabes et les Juifs(19) de Palestine.

Cette nomination est une catastrophe. Elle a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui. Le muftî lance la rumeur qui accuse les Juifs de vouloir détruire les lieux saints musulmans (elle a toujours cours de nos jours). Il appelle à la violence contre les juifs et les familles palestiniennes rivales. Il fomente des émeutes, des attentats contre les Anglais et des massacres contre les Juifs, notamment en 1921, 1929(20) et 1936, à Jérusalem, Jaffa, Hébron, Tibériade et dans tout le pays. Les premiers bus sautent avec leurs passagers.

C’est à cette période que se forme une alliance informelle entre les juifs, les autorités anglaises et les modérés arabes qui forment les « Unités Nashashibi » appelées aussi «bandes de paix ». Elles luttent contre les nazis du mufti en Palestine. Elles seront finalement arrêtées et désarmées par les Anglais(21) qui ont une nouvelle fois renversé leurs alliances. Les partisans d’Husseini en ont profité pour assassiner leurs opposants des clans Nashashibi, Khalidi, et Dajani(22), dont le chef des bandes de paix Fakhri el Nashashibi(23).

Le Décret du Mur Ouest ou Mur des Lamentations(24) est signé au Palais de Buckingham le 19 mai 1931 par Sa Majesté le Roi (Georges VI). Il dit : « C’est aux musulmans seuls qu’est reconnue la propriété du mur ouest, c’est à eux seuls qu’appartient le fonds qui, avec l’enceinte du lieu saint, est un tout indivisible ; cette enceinte est un bien wakf… ». Cela montre encore clairement le parti pris de l’Angleterre et sa volonté de transformer ce conflit en guerre de religion.

Avant et pendant la deuxième guerre mondiale, l’immigration juive en Palestine est quasiment interdite officiellement. Les trois Livres Blancs successivement adoptés par les Britanniques limitent à 75.000 Juifs en cinq ans cette immigration alors que s’applique la « Solution finale ». Ils suivent en cela les demandes du Muftî qui veut une Palestine « Judenrein », comme l’Allemagne nazie s’emploie à le réaliser en Europe. Les organisations juives de Palestine combattent cette politique britannique. C’est la première phase, quasi occultée de la guerre d’indépendance contre l’Angleterre, dont l’attaque en 1946 de l’état-major à l’hôtel King David marque l’apogée. Les Anglais se trouvent alors devant un dilemme, évacuer la Palestine ou écraser ses 600.000 Juifs par l’utilisation massive de l’aviation, l’artillerie et les chars. Après bien des hésitations dues à la révélation récente de la Shoah, ils optent simultanément pour les deux alternatives. Ils évacuent le pays, mais ils remettent leurs installations et leurs armes aux Arabes partisans d’Husseini(25).

Le 29 novembre 1947, a lieu aux Nations-Unies le vote sur la partition du territoire. Le Royaume Uni n’a pas voté en faveur de la création d’Israël. Il s’est abstenu. Le 15 mai 1948, fin du mandat Britannique, les Anglais évacuent la Palestine, mais ils laissent le général Glubb commander la Légion Arabe et des officiers anglais pour l’encadrer pendant la guerre d’indépendance qui oppose Israël à six pays arabes. Cette guerre se termine par la difficile et douloureuse victoire d’Israël. La Grande-Bretagne exerce encore des pressions sur l’Égypte pour qu’elle n’entre pas en armistice et en négociations de paix avec Israël. Ce n’est qu’en septembre 1952 que les Britanniques accepteront de nouer des relations diplomatiques avec Israël.

Il y a cent ans que lord Arthur Balfour a publié la déclaration du gouvernement britannique. En dépit de son antisémitisme, il est honoré en Israël. De nombreuses voix se sont fait entendre, en Grande Bretagne et dans le monde arabe, pour demander l’abrogation de cette déclaration. Cette déclaration est restée un symbole. Ceux qui réclament son abrogation n’ont rien compris. Ce n’est pas ce morceau de papier, ce cadeau empoisonné, qui a construit Israël contre les Anglais, les Arabes et les nazis, c’est la volonté de libération nationale du peuple juif, et le courage des Juifs de Palestine.

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Notes :

1 – Le marchand de Venise, écrit en 1596.

2 – Le juif de Malte, écrit en 1589.

3 – Entre autres l’attentat de Black Tom qui fit trembler New York et endommagea la statue de la Liberté.

4 – Appelé « télégramme Zimmerman », c’est le ministre allemand des affaires étrangères, Arthur Zimmermann qui l’avait envoyé.

5 – Les Etats Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917 mais ils n’intervinrent qu’à partir de novembre 1917. Leur déclaration de guerre à l’Autriche-Hongrie date du 7 décembre.

6 – Lamis Andoni : From Balfour to Obama. Source archives Al Jazeera.

7 – Dominique Perrin : Une terre deux peuples, p.164.

8 – Le mot bantoustan a été remplacé en 1970, en Afrique du Sud, par homeland en anglais ou tuisland en afrikaan qui signifient foyer national.

9 – Dzovinar Kévonian : Réfugiés et diplomatie humanitaire, p.138.

10 – Antoine Sfeir : L’Islam contre l’Islam. Grasset, 2013.

11 – Gordon Levett a démontré comment l’Angleterre a strictement appliqué ce principe – Le ciel t’aidera (1989).

12 – Ministère britannique des colonies.

13 – Cet accord signé en 1919 marque l’approbation de l’émir pour la déclaration Balfour et pose les jalons d’une coopération entre les Juifs et les Arabes au Proche-Orient, mais l’émir Fayçal y mit une condition : que la grande nation arabe soit formée. Or les territoires arabes du Levant ne seront jamais réunifiés. Britanniques et Français ont dépecé la région à la conférence de San Remo d’avril 1920 et au Traité de Sèvres d’août 1920. Ayant récupéré le mandat sur la Syrie et le Liban, les Français chassèrent l’émir Fayçal de Damas.

14 – La société palestinienne est une structure tribale. C’est une hiérarchie basée sur la famille, le clan et la tribu. Les tribus étaient souvent rivales, pouvant aller jusqu’à la guerre. Globalement, face aux juifs, les tribus ont eu des attitudes différentes, les Husseini par exemple étaient antisémites et partisans du panarabisme et de l’hitlérisme, les Nashashibi étaient modérés et recherchaient le compromis, les Abu Gosh ont privilégié leurs terres que voulaient s’approprier les Husseini. Ils ont aidé le jeune état israélien. (Hélène Jaffiol – Slate, 24 mai 2012).

15 – Golda Meir : Ma vie – Robert Laffont, 1975. Elle avait longuement négocié avec le roi Abdallah et noué avec lui une amitié. Abdallah considérait qu’Husseini était l’ennemi commun, l’avenir a prouvé qu’il avait raison.

16 – http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/. A son retour en Palestine, Amin Al-Husseini ramène avec lui la leçon du génocide et la vision de diriger un Empire Panislamique, où Juifs et Chrétiens ne seraient pas tolérés. « Le grand muftî venait d’une famille féodale dont les terres avaient été vendues aux Juifs. Chef incontesté du nationalisme palestinien antijuif, l’Angleterre l’a transformé en chef suprême de l’antisémisme arabe » (Razzak Abdelkader P.103).

17 – Ce coup d’Etat fut appuyé par quatre généraux irakien surnommés « le Carré d’or », ils voulaient s’allier avec l’Allemagne nazie et rejoindre l’axe. L’Angleterre intervint, le coup d’Etat échoua. Amin el Husseini qui partageait leurs convictions nazies était parti soutenir le putsh. Il fut bloqué sur place, Hitler envoya son avion personnel pour l’exfiltrer.

18 – Ragheb Nashashibi était favorable à une fédération jordano-palestinienne qui incluait le foyer juif. Maire de Jérusalem entre 1920 et 1934. Il est décédé en 1951. Une rue de Jérusalem porte son nom, étrange coïncidence, au n.15 de cette rue se trouve le consulat britannique.

19 – Cette stratégie avait déjà été employée par Lawrence durant la révolte Arabe, il avait choisi les Hachémites comme chefs, car ils étaient descendants du prophète (Les mémoires de Issa al-Issa – p.114).

20 – Albert Londres – Le juif errant est arrivé, 1930.

21 – Le soutien britannique au muftî était réel : dès juin 1936, plus de 9 internés sur 10 du camp d’internement du Sinaï étaient membres du Parti de la défense, fondé en 1934 par le clan des Nashashibi, alors que les proches du clan Husseini étaient systématiquement relâchés.

22 – Il y en eut également contre les Abu Gosh qui s’opposaient à la domination des Husseini et avaient de bonnes relations avec les Juifs. Abu Gosh est aujourd’hui une ville palestinienne prospère près de Jérusalem en Israël.

23 – Fakri el Nashashibi était le leader du parti de l’opposition bourgeoise libérale et du dialogue avec les Juifs. Il devait être éliminé.

24 – Louis Massignon : Documents sur certains Waqfs des lieux saints de l’Islam, principalement sur le Waqf Tamimi à Hébron et le Waqf tlemcénien Abû Madyan à Jérusalem (1951).

REPORT of the Commission appointed by His Majesty’s Government in the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, with the approval of the Council of the League of Nations, to determine the rights and claims of Moslems and Jews in connection with the Western or Wailing Wall at Jerusalem. December, 1930. Page 53.

25 – Razzak Abdelkader : le conflit judéo-arabe : juifs et arabes face à  l’avenir. P. 209.