La culture juive africaine et identification n’est jamais restée imperméable aux influences environnantes.

En quelques millénaires, le rapport à la foi de leurs ancêtres dont le seul support fut la transmission orale d’une mémoire toujours plus défaillante: la génération des Kessim (Elders) conservait des souvenirs personnels du judaïsme traditionnel.

La suivante put encore bénéficier d’une connaissance vivante. Mais
à travers les siècles, la mémoire s’affaiblit et l’oubli s’accrut. La clandestinité et la peur engendrèrent un judaïsme invisible, réfugié dans le domaine familial où il ne s’exprime plus que dans des rites esquissés
et transformés, permettant de les différencier des autres peuples.

La culture juive n’est jamais restée imperméable aux influences environnantes. Le récit biblique ne cesse de le rappeler et de présenter l’existence du judaïsme comme un interminable combat mettant en jeu la cohésion communautaire et la coexistence avec les autres peuples.

Mais la dispersion démontre encore plus clairement les métamorphoses d’importance variable subies par la transmission.

Ainsi jusqu’a la destruction du Second Temple par Titus en 70 de notre ère, le bouleversement des structures de la vie sociale et religieuse juive a inauguré l’ère du judaïsme rabbinique.

Celui-ci va instituer des modes d’enseignement et de transmission propres aux nouvelles conditions sociales et politiques. Devenus les guides spirituels du peuple, les « Sages de la Torah » ou docteurs de la Loi, dont l’autorité mêle savoir et charisme, se fixent pour tâche de veiller à l’observation de la Loi et des rites.

Au long des siècles, les rabbins penseront et diront le droit (Halakhah) conformément à la Loi – c’est-à-dire en toute matière concernant la société juive dans son fonctionnement interne mais aussi dans son rapport à l’Autre – s’efforçant de l’adapter.

Autour de ces maîtres spirituels vont s’organiser des académies (yeshivot) destinées à l’étude de la Torah et à l’activité exégétique et talmudique; et les autorités juives auront le souci de veiller à l’unité du judaïsme, ce qui n’aboutira pas pour autant à un monde uniforme ou à une pensée juive unique.

La formule « Judaïsme africain » se conjugue aussi à celle de « nos frères juifs européens », affirmant que ce que Dieu a accompli pour les patriarches et les ancêtres, est aussi accompli pour celui qui rend la mémoire par la parole et par le geste. En cet instant, notre identification s’effectuera et par elle la réactualisation des origines et des actes fondateurs.

Les juifs Africains croient aux Temps messianiques qui marqueront la fin
de l’Exil.