La semaine passée, une vidéo de deux policiers israéliens battant un soldat israélien d’origine éthiopienne a apparu sur le réseau, et le génie du racisme s’est échappé de la lampe. Il y était tapi pendant des décennies. A présent, heureusement, nous ne pouvons plus ignorer cette plaie de notre société.

Le racisme n’est pas nouveau en Israël. Dans une célèbre comédie israélienne, Loul (poulailler), un sketch (avec sous titres anglais) décrit comment à chaque arrivée d’olim (immigrants) en Israël, ceux-ci sont accueillis avec aversion, et comment ils se joignent rapidement (et joyeusement) au chœur contre les prochains immigrants. Le sketch est très amusant, et est devenu très vite un classique, mais comme tout bon humour, il est amusant justement à cause de sa sincérité.

Pourtant le racisme n’est pas détaché d’autres problèmes qui affligent la société israélienne. Si nous concentrons nos efforts à traiter uniquement le racisme, nous ne le résoudrons pas, mais ne ferons que le perpétuer et aggraver d’autres problèmes sociaux, parce que nos efforts et notre énergie seront perdus futilement.

Lorsque la vidéo des policiers battant le soldat a apparu sur le réseau, la communauté éthiopienne a protesté par de violentes manifestations. C’est malheureusement ce qu’il a fallu pour que tout le monde admette qu’un problème existe. Le président d’Israël, Reuven Rivlin, a déclaré : « Nous avons commis une erreur. Nous n’avons pas assez observé, ni écouté », et le premier ministre Benjamin Netanyahou a dit : « Nous ne pouvons accepter cela. La police s’en occupe, et nous devrons faire des changements ».

Comme nous l’avons dit, et malgré toutes les bonnes intentions, ni le racisme, ni aucune autre forme de discrimination, ne peut être résolu en se concentrant uniquement sur lui. Le problème est bien plus profond. Lorsqu’une société pense en termes de « moi », nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les gens deviennent inclusifs, englobants et qu’ils commencent à penser en termes de « nous ». Nous devons transformer notre façon de penser, et ceci demande des efforts. Cela peut exiger une introspection audacieuse, mais nous n’avons vraiment pas le choix ; nous avons atteint le point critique. Si nous n’abordons pas le problème de la manière dont nous nous comportons les uns envers les autres, nous ne survivrons pas en tant que nation.

Les E.U. sont regrettablement un excellent exemple de la futilité d’essayer d’éradiquer le racisme. Après tant d’années et tant d’efforts, et même avec un président noir, il est triste qu’on fasse encore de la discrimination contre les noirs en Amérique, comme le montre ce clip qui donne à réfléchir.

Notre égoïsme nous fait penser à autrui d’une manière opportuniste. Les gens sont pour nous une source de gain ou de souffrance potentiels. La seule façon de surmonter cette attitude d’exploitation n’est pas seulement de comprendre, mais aussi de sentir que nous sommes une seule entité.

Lorsque les gens ont de telles relations, ils se préoccupent des autres de la même manière qu’ils se préoccupent d’eux-mêmes. En conséquence ils ne peuvent pas nuire à autrui, de la même façon qu’ils ne peuvent se nuire à eux-mêmes.

Une telle transformation peut paraître impossible, mais dans un entourage qui encourage la responsabilité mutuelle au lieu de l’égocentrisme, un état d’esprit englobant devient la seule manière raisonnable de penser. Si nous nous arrêtons un moment et réfléchissons à notre vie telle que nous la vivons, nous nous rendrons compte combien l’égoïsme est vraiment stupide.

Dans la plupart des emplois nous travaillons en équipe. Pour subvenir à nos besoins, nous allons au supermarché et achetons des produits que nous ne pouvons produire nous-mêmes, et nous comptons sur  d’autres pour cela. Même pour maintenir un minimum de vie sociale nous avons besoin des autres.

Nous dépendons d’autres personnes à tous les niveaux de notre vie. Alors pourquoi les rendre malheureux ? En dépit de cela, lorsque nous sommes assaillis de partout par les medias qui nous présentent l’idée contraire, nous prenons l’égoïsme pour la réalité.

Pour changer note vision nous devons changer les medias et le discours public. Il y a sur internet beaucoup de sites, d’organisations et de gens qui perçoivent et agissent selon un état d’esprit plus englobant. Dans la page Facebook de New Global Education (ARI Institute), vous pourrez trouver beaucoup d’exemples de ces personnes et de ces entreprises. Néanmoins ceci n’est encore qu’une goutte dans l’océan, comparé à ce qui est requis pour changer l’état d’esprit du public.

Nous ne pouvons pas attendre que les gouvernements transforment la société. Si nous la voulons différente, sans racisme, nous devons commencer à penser que nous sommes une entité plutôt que des individus. Si je gagne aux dépens de quelqu’un d’autre, cela se retournera inévitablement contre moi.

Dans l’institut que j’ai fondé, l’institut ARI, nous travaillons à faciliter ce changement. Mais il faudra plus qu’un institut pour réaliser cela. Il faudra que nous nous serrions les coudes avec tous ceux qui sentent que nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes sans réaliser que nous sommes une entité inclusive, et non pas un groupe ethnique, une foi, une ville, ou même un sexe.

Lorsque l’intégration sera notre valeur première, il n’y aura plus de place pour la discrimination d’aucune sorte, de la même manière que les droitiers ne discriminent pas leur main gauche car elle n’est pas dominante.