Que va produire la Conférence de Paris le 15 Janvier prochain ? A la fin de la rencontre, nous pourrions accepter les protestations du gouvernement français – et de l’administration Obama – selon lesquelles la seule fonction de la conférence serait de faciliter un retour rapide à la table des négociations, et que les organisateurs auraient à l’esprit la paix en priorité.

Néanmoins, on peut raisonnablement supposer que ce dernier exercice de futilités diplomatiques, correspondant à la résolution 2334 et au long et décousu discours du Secrétaire Kerry, ne fera que saper les objectifs mêmes qu’il devait vraisemblablement servir.

Les Français ne sont parvenus à amener que la moitié des Palestiniens à Paris et si bien intentionnés qu’ils soient, les espoirs de paix ne conduiront pas le Hamas à Gaza à abandonner leur ferme rejet idéologique d’un traité de paix.

Pendant des décennies, les espoirs palestiniens ont été épinglés sur une solution imposée. La conférence de Paris ne leur donnera rien de cela – n’ayant pas le poids nécessaire pour le faire. Cependant, le danger réside dans la possibilité qu’elle soit utilisée pour que la communauté internationale réécrive les termes de référence pour les futures négociations – et c’est là qu’est le danger.

Incapables de surmonter leur incapacité à obtenir du Hamas qu’il accepte le processus de paix, les hôtes et leurs partenaires vont tout simplement ignorer la réalisation du Quatuor qu’avant d’obtenir la paix, l’une des priorités est de « réunir les Palestiniens sous une autorité palestinienne unique, démocratique et légitime. »

Les faibles demandent souvent de solides termes de référence avant de s’asseoir pour discuter avec les plus forts, les tactiques des Palestiniens de Cisjordanie ne sont donc pas surprenantes. Cependant, être gentil avec les pauvres dirigeants assiégés à Ramallah n’est pas une stratégie : c’est un sentiment, peut-être compréhensible, mais désastreux pour la cause de la paix.

Un regard lucide sur les réalités – tels qu’ils ressortent, par exemple, dans la lettre du président Bush à Sharon le 14 avril 2004 – indiquerait qu’un accord applicable doit refléter quelques faits de base sur le terrain. Encourager les Palestiniens à croire que bien plus peut être réalisé par le biais de la pression internationale – comme pousser Israël dans des lignes indéfendables, ou découper Jérusalem (ce qui après la récente attaque terroriste suggèrerait une récompense pour le terrorisme) – c’est nuire à leurs intérêts à long terme en leur vendant un fantasme.

Les Golden Globe Awards sont tous partis pour un monde de fantaisie ; mais si Paris envoie les Palestiniens de Cisjordanie dans cette direction, il ne s’agira pas d’une comédie légère ni romantique.

Pour que la paix soit possible, pour inverser la colère croissante et la frustration de nombreux Israéliens, il est indispensable que la communauté internationale tourne le dos à l’illusion de la contrainte, plutôt que de le nourrir par des extravagances diplomatiques futiles comme celle prévue à Paris.