La Conférence sur le Proche-Orient qui s’ouvrira dimanche à Paris est une initiative malheureuse et contre-productive, qui s’annonce d’ores et déjà comme un procès à charge contre Israël.

On aurait pu imaginer qu’une telle conférence aurait pour but de concevoir une stratégie mondiale pour éradiquer l’Etat islamique et la menace djihadiste, qu’elle soit sunnite ou chiite, qui est responsable de 250 morts depuis 2 ans dans notre pays ? Evidemment non !

On aurait pu imaginer que son objectif serait de mettre fin aux exactions du Boucher de Damas, soulager le calvaire du peuple syrien et mettre en place un tribunal pénal international pour juger les crimes commis par le régime Assad et ses parrains iraniens ? Evidemment non.

On aurait pu imaginer que les organisateurs de la conférence mettent à l’ordre du jour les persécutions et la disparition progressive dans cette région des minorités chrétiennes, yézidies, shabak, mandéennes, turkmènes et autres ? Evidemment non !

Un seul et unique objet : un procès à charge contre Israël, unique et minuscule Etat juif, seule démocratie de la région et pôle de stabilité au Moyen-Orient qui partage nos valeurs démocratiques et humanistes, garantit les libertés fondamentales et protèges ses Chrétiens et ses minorités.

Le projet de conclusions rédigé par le Quai d’Orsay et divulgué dans la presse ne laisse planer aucun doute sur la philosophie générale de la conférence : Israël est seul responsable du blocage du processus de paix.

Rien sur le refus constant de l’OLP de reconnaître le droit d’existence d’Israël comme Etat juif dans quelques frontières que ce soit, rien sur l’objectif fondamental du Hamas de détruire Israël, rien sur l’incitation systématique à la haine, rien sur la glorification des terroristes.

Fidèle à sa triste tradition, le Quai d’Orsay dénonce le projet sioniste comme une entreprise de colonisation. Comment imaginer qu’un Juif soit colon à Jérusalem, en Judée ou en Samarie ? Cela n’a aucun sens.

L’objectif de la conférence est clair : confiner Israël aux frontières 1967, qu’Abba Eban, légendaire ministre des affaires étrangères d’Israël dans les années 1960-70, colombe parmi les colombes, appelait les « frontières d’Auschwitz ».

Concrètement, cela reviendrait en plus à rediviser Jérusalem et islamiser la Vieille Ville. Cela n’arrivera jamais ! Au mois de juin, le peuple juif célébrera le jubilé de la libération et de la réunification de Jérusalem, cœur spirituel du judaïsme depuis plus de trois mille ans.

Le monde doit savoir qu’elle est et restera la capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple juif.

L’Histoire le prouve : comme les résolutions honteuses de l’UNESCO ou du conseil de sécurité de l’ONU, de telles conclusions sont une prime au djihad, encourageant les Palestiniens à persévérer dans cette voie sans issue et à continuer de refuser de s’asseoir à la table des négociations.

Preuve une nouvelle fois que le gouvernement socialiste refuse d’admettre que c’est le même djihadisme qui tue à Paris, Jérusalem, Tel Aviv ou Berlin et préfère stigmatiser Israël, juif parmi les nations.

En visite en Israël, j’ai été reçu la semaine dernière par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui m’a confirmé qu’Israël rejetait cette initiative inamicale, maladroite et contre-productive, qui plus est à 5 jours de la prise de fonctions de Donald Trump aux Etats-Unis et 4 mois de l’élection présidentielle en France…

Comme l’immense majorité d’entre nous, je rêve d’une paix juste et durable au Proche-Orient. Mais une chose est claire : celle-ci ne peut passer par la fragilisation de l’Etat d’Israël, dont les effets se feraient ressentir bien au-delà de ses frontières jusqu’à chez nous en Europe et en France.

Un accord de paix ne peut résulter que de négociations bilatérales, de concessions réciproques et, avant tout, de l’arrêt total du terrorisme djihadiste.

En somme, il faut admettre que l’essence de ce conflit n’est pas territoriale mais civilisationnelle !