Il y a plusieurs manières de voir la société israélienne selon que l’on soit optimiste et impressionné par ses réussites indéniables ou bien pessimiste et découragé par les aspects négatifs de la société.

L’optimiste regarde autour de lui et voit le dynamisme de la population, sa créativité, son caractère chaleureux et communicatif, sa souplesse d’esprit et sa capacité à la solidarité.

La population du pays a augmentée de 600 000 habitants en 1948 a 8100 000 en 2013. Le rythme le plus rapide au monde, proportionnellement à son territoire.

Israël a intégré quatre vagues importantes d’immigration: les rescapés de l’holocauste en 1947-1948, les juifs des pays arabes dans les années 1950, de l’URSS dans les années 1970-1980, de Russie et d’Ethiopie dans les années 1990, d’Argentine et de France dans les années 2000.

Ceci ne l’empêche pas de se trouver parmi les 25 pays économiquement les plus développés au monde. Il est classé à la 18e place de l’indice de développement humain (selon l’ONU – 2015)  et parmi les premiers pays du monde pour la longévité de ses habitants. En Israël on ne meurt pas de faim et les services sociaux assurent un niveau de santé et de sécurité sociale très convenable à tous ses habitants (bien que toujours insuffisant).

Israël, économiquement stable suit une croissance constante de 3 à 5% par an, et n’a pratiquement pas souffert de la crise économique mondiale.

Israël est un pays démocratique ou l’instance judiciaire toute puissante veille à l’application des lois et des droits de l’homme, ou la censure est pratiquement inexistante malgré un état de guerre permanent.

Israël a crée une des armées les plus motivées, les plus populaires et les plus sophistiquées au monde afin d’assurer son existence régulièrement menacée.

Les israéliens savent se mobiliser et exprimer une solidarité sans bornes en période de guerre ou pour sauver un citoyen en danger.

En Israël 24% de la population dispose d’un diplôme d’étude supérieure (3e rang mondial).

Israël se trouve à la pointe de la technologie agricole, par le développement de technologie d’irrigation utilisées dans le monde entier (le goutte à goutte par exemple), par des records mondiaux de productions dans de nombreuses cultures et élevages. Israël exporte son savoir agricole dans de nombreux pays en voie de développement.

Les scientifiques israéliens ont reçu ces dernières années 5 prix Nobels. L’investissement dans la recherche, relative au PNB, est le plus élevé au monde.

Israël est l’un des 8 pays au monde ayant les capacités d’envoyer un satellite dans l’atmosphère.

Le nombre de publications scientifiques par habitants est le plus élevé au monde.

Dans le domaine de la haute technologie Israël est a la pointe de la recherche, le seul pays ou les grandes firmes américaines ont installé des succursales de recherches et ou chaque années des start-up locales sont achetés à prix forts par des multinationales américaines.

Israël a produit la clé USB (disk on kee), le logiciel ICQ, et d’innombrables applications technologiques dans le domaine de la médecine, de la téléphonie et des ordinateurs.

Israël est le second pays au monde pour la publication de livre par habitants et de nombreuses œuvres sont traduites de par le monde. Un prix Nobel de littérature lui fut attribué. Les ballets modernes Israéliens sont parmi les 10 meilleurs au monde. Le cinéma israélien est présent dans tous les festivals important.

Et la liste des réussites est loin d’être épuisée…

Mais pour le pessimiste tout cela n’a pas beaucoup d’importance.

Israël est un pays en guerre constante et toujours menacé. Les pays et les populations arabes rêvent à se débarrasser de nous à la première occasion. Les attentats sont incessants et accompagnent notre vie quotidienne. Les arabes ne nous accepteront jamais dans cette région.

Les victimes israéliennes du conflit touchent toujours une personne connue ou proche – « soit ton fils soit le mien ». On ne peut promettre à nos enfants des lendemains paisibles. On les élève pour les envoyer sur le champ de bataille – le sacrifice d’Itskhak constamment renouvelé.

Les Israéliens sont partout présentés comme agresseurs et assassins par les médias de mauvaise foi du monde entier et considéré comme tel par les foules, même lorsqu’il s’agit de légitime défense. Cette image propagée par les médias éveille une haine face aux citoyens israéliens et aux habitants juifs des différents états. Peu d’espoir en vue mais surtout une guerre constamment réanimée et une menace nucléaire à l’horizon proclamée à chaque occasion par les dirigeants d’Iran.

La politique politicienne en Israël est d’un niveau minable, une vision à court terme, des conflits d’honneur, une préoccupation constante de réputation et de postes d’influence, des luttes intestines entre courants politiques menées au dépend de l’avenir du pays.

La séduction des hommes politiques et des administrateurs du ministère de l’économie pour une politique économique ultralibérale a des répercussions lamentables: les 20 familles les plus riches du pays n’en finissent pas de s’enrichir avec la complicité de l’état et au dépend des couches faibles et moyennes; une partie importante de la population, près de 20%, vie au dessous du seuil de pauvreté dont 34% des enfants d’Israël.

Des affaires de détournements de fonds et de corruptions d’hommes d’état ou de personnel d’administration publique déferlent régulièrement la chronique.

Plus de 250 000 travailleurs immigrés ou réfugiés se sont installés en Israël avec leurs familles, qu’il est tout aussi difficile d’intégrer que d’expulser. Population qui s’accroit de jour en jour.

La croissance démographique des populations orthodoxes, de leur influence et de leur prétention à imposer un mode vie religieux à l’état israélien, ainsi qu’une mainmise des partis religieux sur le budget de l’état représentent une menace constante sur l’avenir de la société civile.

L’état manifeste une incapacité déplorable à appliquer la loi dans les territoires occupés ce qui encourage l’audace des « colons » à s’opposer violemment à tout compromis.

La préoccupation maladive des médias à augmenter leur audience les réduit à émettre à un très bas niveau, quitte à mettre les faits divers en premières lignes, à transformer toute affaire banale en sensation, à « arranger » la réalité afin de la rendre plus attractive, à exagérer la description des faits afin de continuer à exciter un public de plus en plus difficile à satisfaire.

Voila, tout ceci – les points de vue optimiste et pessimiste – caractérise la société israélienne, mais son dynamisme, sa souplesse, les valeurs sociales profondes de sa population, peuvent permettre d’espérer que même si les problèmes de base ne seront pas résolus d’ici peu le pays continuera à évoluer et se rapprocher de son idéal: « être par ses valeurs et ses capacités une société exemplaire pour le reste du monde ».