« Quant à Orphaned Land il est surprenant qu’ils n’aient pas encore gagné de Prix Nobel de la Paix puisque leur message n’est que pure vérité. » The Age of Metal.

Quand on est noir, qu’on se présente à un salon de tatouage à Châtelet – Les Halles pour se faire graver la couverture d’album d’un groupe de Death Metal sur les côtes ça fait tourner les têtes dans le salon.

Quand en plus on explique que le groupe de Death en question est Israélien et promeut un message de paix, d’universalisme, et de rapprochement entre les Juifs et les Musulmans, dans une France en prise au Dieudonisme ça fait gamberger.

Idan Raichel et autres Oi Va Voi inspirent surement plus la paix qu’un style iconifié par un chanteur décapitant une chauve-souris avec les dents. La musique a pourtant véritablement tendance à adoucir les mœurs, même à 240 décibels.

La preuve en est, Orphaned Land groupe profondément éclectique mêle les influences moyen orientales, la poésie juive hébraïque et les guitares cinglantes du métal occidental ou on distingue une cithare, une derbouka, des chants lyriques arabes, et des paroles qui touchent par leur simplicité et leur profondeur.

Voyez vous-même :

Jésus déchiré entre Marie et Marie Madeleine, un barillet iconique en lieu des saints et des chérubins de la renaissance ? Une nation promettant une terre orpheline ? Le groupe n’a pas froid aux yeux, et la force de ses convictions.

Ce qu’Orphaned Land met en avant est tout d’abord la cohésion avec leur culture et le judaïsme, en puisant dans la littérature juive « Mizrahi » du Yémen d’il y a cinq cents ans comme le morceau Sapari chanté en hébreu d’époque, ou Olat Ha’Tamid du Rabin Yéménite du 18éme siècle Shalom Shabazi.

Le groupe se veut également une critique du militarisme étatique, qu’ils perçoivent comme l’endoctrinement d’une jeunesse dont les repères sont flous. Le morceau Fail traite de la détresse psychologique du jeune soldat, confronté à une réalité plus complexe, et plus personnelle, que le tableau peint, et les principes inculqués par le service militaire.

Dans un pays aussi riche de diversité qu’Israël ou les vagues d’immigration successives se confrontent aux idées reçues du conflit, cette ouverture vers la culture Juive du monde arabe est un appel à la paix autant internationalement qu’au sein d’un pays qui cherche encore à se définir.

Quant à moi, j’ai mal aux côtes, mais ça en valait la peine.