Jérusalem occupe une place privilégiée dans le cœur et l’esprit de nombreux croyants. Un grand nombre de civilisations s’y sont ancrées. Au cours de ses trente-cinq siècles d’histoire, la ville a été assiégée 17 fois et reconstruite autant de fois, mais son charme fascine toujours.

Comment cette universalité de Jérusalem s’est-elle manifestée en amont de son Histoire ? Les civilisations qui y ont laissé leur marque différentes dénominations ont-elles été à la hauteur de Jérusalem qui signifie vision de paix ?

Dans cette série d’articles, nous entreprendrons de décrire les moments marquants de la ville au fil de l’histoire. Pour cela, il est utile de brosser un tableau qui retrace les principales périodes historiques, en conservant à l’esprit que la Terre sainte occupe une position stratégique qui va en faire le théâtre de nombreux conflits, car elle se trouve entre la puissante Égypte et les grandes civilisations du Croissant fertile.

Jérusalem a vécu à l’heure hittite, égyptienne, israélite, assyrienne, babylonienne, perse, grecque, romaine, byzantine, arabe, croisée, mameluke, ottomane puis britannique. La ville a été partagée entre la Jordanie et Israël en 1949 avant de passer sous la souveraineté israélienne en 1967.

Au second millénaire avant l’ère courante, Jérusalem est une bourgade de peu d’importance, un lieu de culte. Ce serait au mont Moriah, c’est-à-dire l’Esplanade du Temple, qu’Abraham aurait été testé relativement au sacrifice de son fils. Ce non-sacrifice vient marquer la fin des sacrifices d’aînés fréquents dans les anciennes civilisations cananéo-phéniciennes. C’est sur cette base que se fonde le respect de la vie humaine de la foi monothéiste.

Les douze tribus d’Israël se fédèrent en royaume à la fin du XIe siècle et le roi David choisit Jérusalem comme capitale. Son fils le roi Salomon y érige le Temple de Jérusalem, lieu de culte centralisé du royaume. À sa mort, le pays se divise en deux; le royaume d’Israël au Nord, puis celui de Juda au Sud.

L’Assyrie s’affirme comme superpuissance aux VIIIe et VIIe siècles. Ceux qui s’opposent à en devenir le vassal sont impitoyablement traités : leurs villes sont rasées et leur population exilée. C’est le cas du royaume d’Israël en l’an 721. Jérusalem capitale du royaume de Juda échappe de Justesse au même sort en 701.

La Babylonie supplante l’Assyrie et le royaume de Juda est envahi. Jérusalem et son temple sont détruits et la population exilée à Babylone en 586.

La Perse se substitue à la Babylonie et son roi Cyrus permet le retour des Juifs en Judée en 538. Jérusalem et son Temple sont rebâtis.
Les héritiers grecs d’Alexandre le Grand se disputent la Judée. La révolte des Macchabées en 165 rétablit la souveraineté judéenne.
Rome assoit fermement son empire autour de la Méditerranée et la Judée n’y échappe pas en l’an 63. La Judée devient province romaine en l’an 6 de l’ère courante.

Au premier siècle de l’ère courante, la révolte de la Judée contre la puissante Rome s’achève dans le sang. Le pays est en ruines. Jérusalem et son Temple sont en feu et les Judéens exilés sont vendus comme esclaves.

Au IVe siècle, le christianisme devient religion officielle de l’Empire romain. Byzance s’implante en Judée et y bâtit des lieux de cultes retraçant les grands moments du Christ.

Au VIIe siècle, les Arabes envahissent le Moyen-Orient, profitant de l’épuisement de Byzance et de la Perse qui se sont livrés à des guerres exténuantes. La mosquée d’Omar ou dôme du Rocher est bâtie en l’emplacement même du Temple de Salomon.

Les Croisés fondent le royaume latin de Jérusalem au XIIe siècle et reconstruisent les Églises byzantines détruites, dont le Saint-Sépulcre.
Les Arabes reprennent Jérusalem qui passe sous domination des Mameluks d’Égypte.

L’Empire ottoman s’étend à la Terre sainte en 1516. Le sultan Soliman le Magnifique bâtit les murailles de Jérusalem qui existent encore à ce jour.
Au XIXe siècle, les nations redécouvrent Jérusalem et y bâtissent des édifices et des institutions. Parallèlement, les juifs qui ont toujours émigré en Terre sainte au fil de l’histoire, veulent y bâtir un état.

Les Britanniques reçoivent un mandat de la Société des Nations sur la Palestine en 1916. Le territoire est partagé entre la Jordanie à l’Est du Jourdain et la Cisjordanie à l’Ouest. Le partage de la Cisjordanie en partie juive et arabe est voté en 1948, mais est rejeté par les pays limitrophes qui envahissent le pays. À la fin des combats, Jérusalem devient capitale d’Israël. Sa partie orientale et ses lieux saints passent aux mains de la Jordanie.

En 1967, la ville de Jérusalem est réunifiée sous la souveraineté israélienne.

Jérusalem et ses lieux saints continuent d’être au centre des préoccupations des nations et des confessions qui doivent encore se montrer dignes de son nom : vision de paix.

(Prochain article : La centralité de Jérusalem – Origines)