La ville de Jérusalem est mentionnée 622 fois dans la Bible hébraïque. Sa vocation internationale se dessine à ses tout premiers débuts : au XVIIIe siècle, Abraham qui vient de libérer son neveu Loth prisonnier du roi de Sumer entre dans la ville de Salem et est accueilli par le prêtre du dieu suprême (Genèse 14).

Au VIe siècle, alors même que les villes de son pays déserté sont incendiées, le prophète Isaïe sait insuffler aux réfugiés survivants du peuple d’Israël et de Juda l’espoir du retour vers la Sion terrestre et spirituelle et annonce l’avènement futur d’une paix mondiale et un rayonnement universel de la ville de Jérusalem.

L’Ophel est une colline sise au Sud de la vieille ville de Jérusalem. La piscine de Siloam se trouve au bas de cette colline en V coiffée à son sommet par le mont Moriah ou mont du Temple. L’Ophel est délimité à l’Est par le versant escarpé de la vallée de Kidron qui se prolonge au bas du mont des Oliviers et, à l’Ouest, par celui de la vallée de Terophion qui se continue à l’Ouest du mont du Temple. C’est le lieu privilégié par le roi David comme capitale du royaume unifié d’Israël.

Plus au Sud se trouve la vallée de Gehinom célèbre pour les rites païens qui s’y sont tenus et qui ont été tant décriés dans la Bible : prostitution sacrée et passage de nourrissons au feu du dieu Moloch. Et de fait, l’archéologie a exhumé des amulettes gravées au nom du dieu invisible d’Israël, mais aussi des statuettes, témoignant de la tension existant entre le culte abstrait d’Israël et les cultes païens.

Cette tension est omniprésente dans la Bible hébraïque. Les succès et les malheurs des Hébreux ont été interprétés dans la Bible comme étant le reflet de la fidélité ou de l’infidélité au dieu d’Israël, donnant ainsi un sens à son Histoire.

Lorsque les Hébreux sortis d’Égypte ont reçu les 10 commandements, ils se sont adonnés à l’adoration du veau d’or. Le peuple exprime le besoin de rites sacrificiels – c’est ainsi que la dévotion se traduisait alors. Le Tabernacle durant l’errance dans le désert puis le Temple de Jérusalem sont alors désignés sites de culte exclusifs. Ce culte centralisé répondrait à l’injonction divine : « Vous me bâtirez un Temple et je résiderai en vous (Exode 25-8). »

Après la mort du roi Salomon au Xe siècle, le royaume se divise en royaumes antagonistes : au Nord, celui d’Israël formé de dix tribus et au Sud celui de Juda formé de deux tribus. Pour faire compétition à Jérusalem située dans le territoire de Juda, des lieux de cultes sont institués dans le Nord à Beth El et à Dan.

Pendant des siècles, la Terre promise est prise en étau entre les puissances mésopotamiennes et l’Égypte si tant convoitée par ces dernières.

Les deux royaumes d’Israël et de Juda doivent affronter le redoutable empire assyrien. Le royaume d’Israël est détruit et sa population exilée.

Les fresques assyriennes conservées au British Museum illustrent la cruauté barbare des Assyriens envers leurs prisonniers de même que l’exil des populations conquises. Le royaume de Juda est sur le point de subir le même sort. Les populations retranchées à Jérusalem sont assiégées par les Assyriens, mais le siège est levé subitement. Cette survie miraculeuse de la ville en l’an 701 a été attribuée au mérite du pieux roi Ézéchias, qui a institué des réformes religieuses et centralisé le culte dans la ville de Jérusalem.

Seule la ville de Jérusalem a échappé à l’invasion assyrienne dévastatrice. Sa survie semble providentielle. La Jérusalem terrestre sauvée est assimilée au lieu d’émanation de la parole divine que représente le Temple de Salomon.