Au moment où cette chronique paraîtra, une déclaration du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco aura sans doute été adoptée dans une version plus ou moins identique de celle qui l’a précédée.

Dans un cas comme dans l’autre, cette déclaration est une injure à l’histoire et à la raison par ce qu’elle dit et plus encore, par l’implicite qu’elle recèle. C’est du pain béni pour les extrémistes israéliens qui excipent ce genre de propos, auxquels on peut ajouter, à titre d’exemple, l’équipe de football palestinienne se laissant photographier avec un portrait d’un terroriste ou bien la campagne annoncée par l’Autorité palestinienne pour commémorer les 100 ans du « crime » de la déclaration Balfour.

Autant d’éléments qui alimentent la thèse de l’absence de partenaire et du refus palestinien d’accepter le droit d’Israël à exister en tant qu’État, qu’il soit juif ou pas.

Mais les fautes et les erreurs du leadership palestinien ne sauraient en rien absoudre les dirigeants israéliens des leurs.

Qu’il se servent des errements de l’adversaire pour ériger un rideau de fumée visant à masquer leurs propres agissements est de bonne guerre et ne doit en rien nous surprendre. Il importe cependant de ne pas tomber dans le panneau et d’affirmer, sans relâche et sans ambiguïté aucune, ce que nous dénonçons chez les uns et récusons chez les autres.

Si l’on parle beaucoup, à juste titre, des déclarations émanant de l’Unesco, on a peu prêté attention à celles d’Avigdor Liberman, ministre de la Défense rappelons-le.

Dans un entretien publié lundi 24 octobre au matin dans les colonnes du quotidien palestinien Al-Quds, il a certes exprimé son soutien en faveur d’une solution à deux états (au moment où les constructions, tant à Jérusalem-Est que dans le reste de la Cisjordanie, visent à la rendre impossible) mais il s’en est surtout pris à Mahmoud Abbas alors qu’il promettait au même moment que, si le Hamas cessait ses activités hostiles à Israël, « … nous serons les premiers à investir dans leur port, leur aéroport et leur zone industrielle … Gaza pourrait devenir un jour une nouvelle Singapour ou une nouvelle Hong Kong ».

Outre la tentative, un peu dérisoire et vouée à l’échec, de s’immiscer dans le choix des leaders palestiniens, il se propose d’accorder une prime à ceux qu’il qualifiait hier de terroristes. Vous avez été violents ? Qu’à cela ne plaise. Tournons la page et voyez tout ce dont vous pourrez bénéficier.

S’agissant de M. Abbas, qui sans être parfait – mais qui peut se prévaloir de la perfection ? – a renoncé, lui, à la violence, et a enjoint à ses services de sécurité de poursuivre et d’approfondir la coopération avec Israël (dont les services compétents reconnaissent qu’elle fonctionne et qu’elle est utile), eh bien lui, Abbas, n’est pas reconnu en tant que partenaire.

D’aucuns rappelleront que ce n’est pas nouveau et qu’à plusieurs reprises, les autorités israéliennes, au-delà d’un discours menaçant, ont déjà préféré privilégier le Hamas au détriment de l’Autorité palestinienne. Ce n’est pas une raison pour se satisfaire de cette orientation et ne pas s’étonner, voire déplorer, le silence assourdissant de Benyamin Netanyahu à ce sujet.

Ne parlons même pas de la « sortie » de Liberman, une fois de plus, concernant Umm al-Fahm dont il prône le transfert de la population.

Évacuer quelques dizaines de colons d’une implantation illégale, sur décision de la Cour suprême israélienne serait, aux dires de Netanyahu, du « nettoyage ethnique ». Expulser des citoyens israéliens, certes arabes mais citoyens quand même, ne lui en déplaise, vers un état étranger… ce serait quoi ?

Décidément, la campagne SISO s’avère plus justifiée que jamais. Save Israel. Stop the occupation … Pas besoin de traduire n’est-ce pas ?