Pour le député sortant et les sites de caniveau d’extrême-droite qui relaient sa propagande, son échec dès le premier tour face à la candidate REM, Florence Drory, serait dû à des « malversations » orchestrées par l’administration.

Parmi celles-ci, l’ouverture des bureaux de vote le dimanche (quel jour de la semaine aurait-il préféré ?), les horaires, insuffisants selon lui pour accueillir les électeurs (moins de 10% des inscrits…), etc.

Ces arguments, à la fois infantiles et pathétiques, témoignent du peu de respect qu’il porte au processus électoral qui est le fondement de la République. Pas vraiment étonnant de la part d’un député sortant qui a fait sienne la méthode de l’interpellation agressive, à la tribune de l’Assemblée comme sur les plateaux TV, lorsqu’il ânonnait maladroitement les éléments de langage de la propagande du Likoud.

Par respect pour mes lecteurs et pour moi-même, je ne nommerai pas les sites malodorants bien connus qui se sont mis au service de sa « communication », des sites qui sont tous proches de la LDJ (Ligue de défense juive), une organisation raciste et violente mise hors la loi en Israël comme aux États-Unis. Des sites spécialisés aussi dans la désinformation, l’intox et les « fake news », par exemple en répandant le bruit que Florence Drory allait être invalidée.

Dans l’étrange déclaration d’après le premier tour où il dépeint sa défaite sous les traits d’un triomphe « colossal », le député sortant annonce également la couleur : sa campagne du second tour sera agressive, violente et sans entraves. Les outils de Meyer Habib et de ses séides, c’est l’invective et la calomnie. Invectiver et calomnier sa concurrente en tant que femme, en tant que démocrate et en tant que militante pour la paix.

Dans la bouche du député sortant, Florence Drory serait « anti-religieuse ». En bon français, cela veut dire qu’elle n’adhère pas aux contraintes que les partis ultra-orthodoxes (qui appuient ouvertement Meyer Habib) tentent d’imposer à la population laïque en Israël.

La candidate REM serait également, selon Meyer Habib et ses partisans, « antisioniste et pro-palestinienne ». Traduction libre : elle est favorable, à l’instar d’une majorité au sein de l’opinion publique israélienne, à une solution au conflit sur la base de deux États.

Paradoxalement, à propos de sionisme, aucun des chantres du député sortant ne s’inquiète de le voir solliciter (et obtenir) l’appui de chefs religieux notoirement anti-sionistes qui dépêchent dans les bureaux de votes des colonnes d’élèves double nationaux de leurs écoles talmudiques qui forment une partie importante de son électorat.

D’autres zones d’ombre figurent encore dans le portrait du double national si fier de l’être que Meyer Habib tente de se construire, des zones d’ombre que les sites de caniveau à sa solde se gardent bien d’évoquer.

Le 18 juin, les électeurs de la 8e circonscription des Français résidant hors de France auront à cœur de reléguer ce lugubre avatar des annales parlementaires au fin fond des poubelles de l’Histoire et de faire le choix d’une représentation digne et respectable qui leur fera honneur et saura promouvoir leur statut et leurs intérêts.