« Il est encore fécond le ventre d’où est sortie la bête immonde », écrivait Bertold Brecht à propos de la postérité du nazisme. Et la Bête vient de se manifester en Flandre d’une façon extrêmement virulente. Le tout récent déchaînement des racistes de tout poil a été déclenché par un malheureux fait divers, à savoir la mort d’un adolescent flamand dans un accident de quad, durant ses vacances au Maroc, le pays de ses origines.

La diffusion de sa photo sur le Net a sans doute mis le feu aux poudres en agissant comme la muleta sur le taureau. Une organisation d’extrême-droite, tout comme des individus isolés ont mis sur la toile des propos d’un genre que l’on aurait pu espérer  révolus : « Si celui-là est flamand, je suis un nègre », « Un de moins… » ou encore « Dommage qu’ils n’étaient pas deux sur ce quad, ça en ferait un autre de moins ». On lui reprochait également de passer ses vacances au Maroc.

Ce déchaînement de haine a été à ce point vaste et violent que nombre d’hommes politiques flamands, dont le président de la Région, ont exprimé leur vive indignation.

En quoi cela concerne-t-il les Juifs ?, se demanderont d’aucuns. C’est que la haine d’autrui est aveugle. Quelle meilleure réponse à cette question que ce fameux texte du pasteur allemand Martin Niemöller ?

« Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit. Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai pas protesté. Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté. Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester. »