L’antisémitisme est de retour? Belle découverte : tout le monde le savait depuis belle lurette, mais depuis son apparition visible, plus de dix ans se sont passés et nous n’avons cessé de le dire et de le dénoncer, tout en laissant cette idéologie se propager et se transmettre.

Mais, pour bien cerner ce phénomène, il est important de revenir sur le sens même du mot «antisémite».

Dans la société actuelle, et quel que soit le sentiment réel de la personne concernée, ce mot fait peur ou fait honte, et surtout, il donne mauvaise conscience, car pour beaucoup, ce mot est indiscutablement lié à la Shoah et au nazisme; en oubliant tout simplement que l’antisémitisme de Vichy ne devait rien au nazisme.

A la veille de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv, où 13.000 Juifs, dont 4000 enfants, furent arrêtés par la police parisienne les 16 et 17 juillet 1942, il est bon de le rappeler. 

Alors, certes, dans l’inconscient collectif, ce mal et ce « mot » est désormais associé aux pires monstruosités de l’histoire et  à la bête immonde.

« L’antisémitisme, disait le philosophe allemand Theodor Adorno, c’est la rumeur qui court à propos des juifs». Rumeurs de toutes natures : leur physique, leur richesse ou leur pauvreté (au choix), leur pouvoir ou leur lâcheté (au choix, également), leur gauchisme ou leur libéralisme (encore au choix)… Inutile de véhiculer et répéter  ici tous ces préjugés ignobles, tant ils ont la vie dure et qui sont, malheureusement, si bien connus de nos concitoyens.

Et comme l’antisémitisme est un pousse-au-crime qui rend sourd, aveugle et idiot, un jour, un non-juif peut être victime des criminels parce qu’un imbécile l’aura «pris pour un juif» ( comme Pierre-André Taguieff , par exemple).

Alors, oui, le mot «antisémite» fâche, il blesse. Personne ne veut l’entendre, et personne ne veut s’en réclamer, y compris ceux qui sont totalement imbibés par ce mal !

Ainsi, le jeune Akim, 19 ans, arrêté pour agression violente contre un jeune juif, déclare à la police: « Je vous assure, je n’ai pas eu de propos antisémites ». Au-delà du fait qu’il doit être suffisamment informé pour savoir qu’une telle connotation aggraverait sa peine, sait-il vraiment ce que le mot « antisémite » signifie et le sens d’un « acte antisémite » ?

Je ne le crois pas, je crois même que personne ne le sait plus, tant le signifiant du mot a été déconnecté de son prononcé.

On sait seulement qu’il est mal porté depuis la dernière guerre et qu’il ne passe pas, qu’il ne passe plus. Le mot, le prononcé , pas la chose ! 

Alfred de Musset disait :« Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »; autrement dit : à bas le contenant mais pas le contenu ! On ne veut plus être « traité d’antisémite », point barre, mais on veut pouvoir le rester !

Mais qu’en est-il de l’ivresse, du contenu du mot «antisémite», des idées, des préjugés qu’il colporte? 

Nombreux sont ceux, philosophes, historiens, sociologues, qui ont cherché à cerner les contours de l’antisémitisme contemporain, de définir ce « nouvel antisémitisme » qui a pour principales caractéristiques les contorsions et le déni, et lui donner un nom.

Et, effectivement, aujourd’hui, on dispose de nombreuses expressions pour exprimer cette « chose » que l’on ne saurait prononcer sans se salir; ainsi, Pierre-André Taguieff a inventé le terme de «judéophobie», Odon Vallet celui de «l’anti-judaïsme», d’autres « la haine du juif ».

Mais pour beaucoup d’autres, moins bien intentionnés, ils ont trouvé le mot magique : «l’anti-sionisme» ! Plus besoin de contorsion ou de déni, plus besoin de se cacher, ce mot magique permet tout !

Or,  l’antisionisme, n’en déplaise aux anti-sionistes, n’est que la forme aseptisée et masquée (plus tant que ça, d’ailleurs)  de l’antisémitisme. 

Linguistiquement parlant, dans un mot, il y a le contenant et le contenu ou plus précisément, le signifiant et le signifié.

Le signifiant, c’est le support matériel du sens (lettres, phonèmes ). Le signifié, c’est le sens lui-même. Ainsi, un même signifiant (par exemple le mot vers) peut avoir plusieurs signifiés selon le contexte : J’écris en vers, Je vaisvers Paris, La poule mange des vers.

Ainsi, la même réalité (signifié ou contenu) est désignée de façon différente (signifiant ou contenant) dans des langues différentes bien que pour chaque locuteur, le signe recouvre parfaitement la même réalité, il est cette réalité.

Mais, pour revenir au concept d’antisémitisme, quel que soit le contenant, le contenu est-il vraiment différent ?Certainement pas !

Soyons crû : l’antisémitisme, c’est la haine du juif, tout simplement, et cela quel que soit le mot utilisé pour exprimer ce sentiment !

Ainsi, on a trouvé un mot « magique » pour pouvoir exprimer librement son antisémitisme chevronné, pour exprimer le même contenu dans un autre contenant : « antisioniste».

Certains lapsus significatifs font d’ailleurs que nombreux sont ceux qui confondent allègrement «juif», «israélite» et «israélien», et donc, sans le dire, «sioniste» .

On se proclame donc joyeusement et librement « antisioniste»; on peut, dès lors,  casser du juif (pardonnez-moi: du sioniste) en toute impunité morale et judiciaire.

On défile dans les rues en criant «mort aux Juifs» , «égorgez les juifs» mais, en fait, on n’est pas antisémite, on est antisioniste !

De même, la terre d’Islam ne devient plus antisémite mais antisioniste alors que, comme l’histoire le démontre, elle n’a jamais été immunisée contre l’antisémitisme,  comme peuvent en témoigner tous les réfugiés des pays arabes, ces juifs chassés de tous les pays arabes où ils ont résidés pendant des millénaires, de tous ces pays sans exception !

De même, alors que les arabes palestiniens représentent près de 15% de la population israélienne, le futur Etat Palestinien exige d’être «judenrein» ( comme la plupart des pays musulmans, d’ailleurs). Ne nous leurrons pas, au vue du «signifié» du mot antisémite, rien n’empêche d’être à la fois antisémite et arabe, raciste et musulman – ou juif, ou chrétien, bien entendu.

Ainsi, pendant la dernière guerre, les SS Mohammed ( du nom de son chef, Mohammed El-Maadi) dans le Périgord, le Mufti de Jérusalem, ses partisans en Irak et dans les Balkans, étaient-ils antisémites au même titre que les collabos européens !

Mais, dérive plus grave encore, on déplore l’importation du conflit israélo-palestinien en France ! Or, en ce faisant, on dédouane, et à peu de frais, l’origine antisémite du mal.

Non, messieurs les gouvernants, non, messieurs les responsables associatifs, non, messieurs les dirigeants du C.R.I.F, ce n’est pas l’importation du conflit israélo-palestinien qui est à l’origine de l’antisémitisme en France, mais il est probable que ce soit l’antisémitisme qui est à l’origine de l’impossibilité de mettre fin au conflit israélo-palestinien.

On n’importe pas le conflit israélo-palestinien mais il y a longtemps que l‘on a importé l’antisémitisme arabo-musulman, héritage d’une culture de la dhimitude, chère aux pays d’origine de nos nouveaux immigrés. On a laissé faire !  Et aujourd’hui, on en paye le prix !

Qui peut croire que la haine et l’enseignement antisémite de ces nombreux imams dans les mosquées de France soient liés au conflit «israélo-palestinien» ? Quiconque s’est déjà rendu dans ces mosquées (que toute le monde connait et qui a valu aux précheurs d’être expulsés dans leur pays d’origine), sait pertinemment que cette haine n’a rien à voir avec le malheur supposé des palestiniens !!!

Qui peut croire que ceux qui défilent par dizaines de milliers dans les rues de Paris lorsque quelques dizaines de palestiniens meurent dans une guerre, déplorable pour tous, soient mus par de la compassion alors qu’ils ont été, toujours, muets et silencieux pendant le massacre de Septembre Noir, ou les massacres de palestiniens au Liban et en Syrie, et je ne parle même pas des centaines de milliers de musulmans massacrés en Algérie, en Syrie, en Irak,…? Qui peut le croire ?

Qui peut croire que ces hordes irsutes bavant de haine antisémite et crachant leur venin, n’ont pour seul but que de secourir leurs «Frères Palestiniens» dont ils se soucient comme de leur dernière chemise alors que les israéliens soignent les enfants palestiniens dans leurs hôpitaux, y compris en tant de guerre ?

Si tel était le cas, alors,  où étaient tous ces pacifistes, mobilisés par la haine du Juif, quand tous ces massacres se produisaient, pour ne parler que des massacres de palestiniens ?

Mais, ne nous y trompons pas,  face à l’antisémitisme, à terme, tout le monde est concerné, et c’est la société dans son ensemble qui est menacée; après les juifs eux-mêmes, bien-sûr, ce sera la grande majorité (malheureusement silencieuse) des musulmans, qui en seront les victimes collatérales, puis les chrétiens bien sûr, héritiers des croisés, et massacrés en terre d’Islam !

Dans le passé, les flambées d’antisémitisme étaient étroitement corréllées aux crises économiques , et aujourd’hui, malheureusement, nous sommes au coeur d’une crise économique majeure.

A l’aune des récentes déclarations de monsieur Pierre Minnaert,  délégué EELV auprès du Parti Vert Européen, ou des appels d’Olivier Besancenot qui nous jouera de sa larmichette pour jurer qu’il n’est pas antisémite, l’attitude irresponsable du parti EELV et du NPA, qui appellent tous deux à manifester avec les pro-palestiniens, est indécente; indécente car ils connaissent pertinemment les dérapages attendus; encore plus indécente est leur volonté de bafouer l’état de droit en ne respectant ni les décisions de l’Etat, ni celle des Préfets, ni même encore les décisions de Justice qui interdisent ces manifestations dont on connait le véritable objet.

Et ne nous y trompons pas, la noble cause qu’ils prétendent défendre ne fait que cacher leur ignomineuse idéologie antisémite (désormais dénommée antisioniste), idéologie héritière d’un antisémitisme d’extrême gauche, vieux comme l’extrème-gauche, assimilant avec une facilité dangereuse la haine du capitalisme, la haine d’Israël et du juif, antisémitisme historique qui s’est tristement illustré en collaborant activement avec le nazisme. Peut-être revendiqueront-ils, aujourd’hui, un international-socialisme pas plus brillant et aussi dangereux que son triste (presque)éponyme !

Concluons en citant Natacha Polony dans Le Figaro daté du 19 juillet : «L’antisémitisme d’extrême droite, lors de la manifestation « Jour de colère », a rejoint l’antisémitisme d’extrême gauche. De cette jonction terrible, nul ne sait ce qui sortira.»