Pendant longtemps, l’Etat postcolonial essayait d’assurer le nécessaire à tout le monde. Mais nos Etats se sont déstructurés, d’une part, en raison de l’environnement socio-économique international et, d’autre part, à cause de la mauvaise gouvernance (résultante de la FrançAfrique).

Face à cette situation, deux thérapies ont été proposées. La première, très dure, est celle des institutions internationales traditionnelles, comme le FMI. La seconde, plus douce et plus homéopathique, est celle des ONG (auxiliaires des pouvoirs en occident). Mais les deux thérapies se sont révélées inefficaces.

L’Afrique reste toujours sous perfusion !

Alors, face à la faillite de l’Etat providence, c’est la société civile qui prend le relais, sous diverses formes. Et dans cette société civile, le religieux longtemps marginalisé, va occuper une place de choix.

Devant la généralisation de la précarité, la religion devient l’ultime recours, là où le politique disparaît, c’est le religieux qui surgit. Dans ces villes africaines subsahariennes en pleine expansion, l’Islam radical tend à s’affirmer et à gagner du terrain.

Ainsi, défiant l’Islam dit tolérant, ce nouvel islam décide d’investir l’espace public, social, culturel, éducatif et sanitaire, au risque parfois de se faire récupérer par les politiques. Cet Islam entend sort de l’ombre et assure une visibilité réelle. Il rayonne aussi bien au niveau national qu’international. Des organisations de jeunes, de femmes et de cadres voient le jour. Décomplexées, elles sont pleines d’ambitions.

Mouvement terroriste, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) étendre ses activités au Nigeria, au Sénégal, Mali, Niger.

Comment inclure les pays d’Afrique Noire dans le Maghreb Islamique ?

Ce dernier temps, l’islam radical, qui veut des Etats islamistes en Afrique Noire, multiplie les attaques avec des modes opératoires de plus en plus sophistiqués.

Cas du Nigeria

En 2011, La secte islamiste Boko Haram a revendiqué un attentat laissant de nombreux Nigérians sous le choc. Un membre se réclamant la secte Boko Haram, avait alors confirmé que ce sont ses hommes qui étaient derrière l’explosion d’Abuja.

Le recrutement se fait chez les musulmans commerçants, souvent illettrés, égrenant leur chapelet pendant qu’ils attendaient les clients ; des gens en apparence paisibles, sympathiques et sans histoire, bien à l’écart des remous politiques.

Ces dernières années, cet Islam violent, intolérant a gagné du terrain en Afrique Noire dont il est question au Nigeria mais il y a aussi le Tchad.

L’influence d’Aqmi

En faisant exploser une voiture et son conducteur au siège des Nations unies, Boko Haram avait visé pour la première fois la communauté internationale au Nigeria. Et son mode opératoire montre que la secte a formé des kamikazes.

De quoi corroborer les craintes des observateurs nigérians et internationaux qui estiment que Boko Haram aurait tissé des liens étroits avec al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

En face de l’Etat de plus en plus absent sur le plan sur la scène publique et devant l’essoufflement de l’Islam traditionnel et le relâchement de leurs structures, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) apparait comme une force de revitalisation de l’Islam en Afrique Noire.