Sans entrer dans les périples de la politique politicienne entre les pressions des mouvements judaïques ultra-orthodoxes (haredis) israéliens et leurs opposants du judaïsme réformé, conservateur ou reconstructionniste américain ou autres, où tout se passe comme si le gouvernement israélien était une sorte de médiateur entre les différents mouvements judaïques mondiaux – et comme si Netanyahou était une sorte de pape du judaïsme, ce qui tourne au ridicule – il nous semble bien au contraire que l’Etat d’Israël se doit d’être au-dessus des mouvements religieux, mais aussi, soyons précis, au-dessus des religions, y compris la religion judaïque.

C’est en effet l’Etat qui doit imposer ses valeurs aux religions, et non le contraire, afin de promouvoir les valeurs de tolérance, de respect – et en particulier dans l’affaire du Kotel-, d’égalité entre les hommes et les femmes.

Très concrètement, il convient, contrairement à ce qui se fait depuis 1967 et la libération de Jérusalem par l’Etat d’Israël, de considérer avant tout le Kotel, tout comme le Mont du Temple, comme des lieux historiques, témoins de l’histoire du pays, et du peuple qui en est légataire, et non comme un lieu religieux.

C’est la portée historique et archéologique du site qui doit être mise en avant par l’Etat et non la sainteté que lui confèrent tels ou tels mouvements religieux (si ce n’est pour le tourisme uniquement).

Aussi, c’est à l’Etat d’imposer la mixité sur l’ensemble de l’espace du Kotel au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, et non pas seulement sur une partie de celui-ci comme c’est le cas actuellement ou comme le prévoyait l’accord conclu en 2016, qui ne faisait qu’agrandir quelque peu cet espace en accordant une entrée commune et un comité de surveillance commun, suite à une pression des mouvements réformé, conservateur et reconstructionniste américains.

C’est à l’Etat d’imposer le respect et la sécurité des visiteurs et touristes quelles que soient leurs pratiques religieuses (taliths, tefilins, prières, portées de Sefer Thora, etc, pour les hommes et/ou les femmes, chacun selon ses coutumes) sans laisser aucun groupe en exclure d’autres.

Le Kotel n’est pas une synagogue orthodoxe ou ultra-orthodoxe. Le Kotel n’est pas un lieu privé, c’est un lieu public qui appartient à l’Etat. Et si certaines parties ne le sont pas, elles doivent l’être.

Le Kotel n’appartient ni aux haredim, ni aux religieux orthodoxes, ni aux judaïques réformés, conservateurs, reconstructionnistes, ni aux « Juifs du monde entier », ni aux chrétiens évangélistes, ni aux musulmans, ni à ceux-ci ou ceux-là, qui n’ont rien à revendiquer et n’ont pas à faire pression dans un sens ou dans l’autre.

Il appartient à l’Etat d’Israël et à lui seul, qui doit y imposer sa souveraineté et ses valeurs d’égalité, de liberté et de tolérance. Une règle à la fois plus ferme et plus tolérante, et tellement plus simple.