Je ne suis pas un grand fan de Binyamin Netanyahou
Je le préférais jeune; je le trouvais plus fougueux, plus brillant, moins calculateur.
Mais ces derniers jours, je commence à développer une réelle admiration pour le chef d’état le plus critiqué du monde. Parce que j’ai interrogé honnêtement ma mémoire et franchement, à sa place et malgré tout l’amour que je porte au peuple d’Israël, je me serai tiré depuis longtemps.
Je me suis souvenu de ce jour où Ehud Barak a osé affirmer que Yoni, le frère de Netanyahou tombé à Entebbé, aurait eu honte de lui s’il était encore de ce monde.
Je revois son visage épuisé, lors de cette émission de télé durant laquelle, après des semaines de tortures mentales policières à son encontre, on essayait encore de prouver qu’il avait détourné des cadeaux destinés au Trésor public. Quel voleur!
J’entends encore cet enregistrement qui apportait les preuves de son infidélité, alors qu’il commençait son ascension politique fulgurante. Quel trompeur!
Ces critiques incessantes envers Sarah son épouse et ce, durant des années. Sarah, la méchante sorcière qui écrase ses femmes de ménage.
Ces attaques contre son fils qui sort avec une goya. Quel goy ce mec!
Ce « Bibi » lancé par tout un chacun, comme si on avait gardé les moutons avec lui dans notre jeunesse.
Je me souviens de ce micro resté ouvert et de l’humiliation publique, quand Sarkhozy et Obama se foutaient de lui et le traitaient de menteur devant le monde entier.
Oh oui, quel Pinocchio ce Bibi!
Et Hilary Clinton, qui le grondait au téléphone comme on passe un savon à un vilain garnement. Vilain Bibi va, le dernier de la classe, celui qui ne comprend rien.
Le monde entier fustige ses idées, sa politique, son double langage.
Ses dessins à l’ONU. Quel mauvais élève ce Bibi!
On lui a reproché dernièrement de mettre même un lit dans son avion pour se reposer durant ses déplacements. Quel dépensier ce Bibi!
Ceux qui ont applaudi la libération de Shalit l’accusent aujourd’hui d’avoir libéré des terroristes. La droite le trouve mou. Et pour la gauche, il est l’ennemi de la paix. Quel zigzagueur ce Bibi!
Et pourtant, il reste là. Calme. Pondéré. Responsable. Et extrêmement influent, dans le monde entier.
Il fera ce qu’il pensera juste et intelligent de faire. Malgré tout. Malgré vous. Malgré nous.
Pas parce qu’il tient à ce fauteuil piégé.
Mais parce que, derrière le masque d’insensibilité qu’il a dû se fabriquer, il aime ce qu’il fait, ce que nous sommes et surtout ce que nous serons. D’un amour quasi surnaturel.