L’homogénéité d’une culture et son pendant, la monopolité, sont avant tout le fruit d’un positionnement qui fait fi des processus de métissage inhérents à tout rapport social.

La question judéo-noire continue de faire couler beaucoup d’encre depuis les années 2000 avec la naissance de la FJN, tant de la part des rabbins, des écrivains que des historiens. L’intérêt historien pour la question juive noire a été repris ces dix dernières années par une génération de chercheurs, notamment dans la perspective de mise en lumière d’une « identité juive noire ».

La FJN est issu de certains groupes « minoritaires » comme une des lames de fond qui bouscule le « monolithisme monotone » officiel du judaïsme post-talmudique. La focalisation sur certains citoyens juifs qui s’affirment sur la scène religieuse en tant que membres d’un groupe minoré permet de comprendre comment elle tente de mettre au centre du débat communautaire la question de la pluralité ethnique et confessionnelle du judaïsme.

L’inscription du répertoire de la « diversité culturelle » prend ainsi toute sa place dans les enjeux communautaires.

Dans cette phase de refonte des représentations binaires de la « judéité » se développe des discours inédits sur la discrimination, la reconnaissance ou encore la mémoire plurielle : qu’en est-il de la place de l’héritage juif ? Pourquoi inscrire la lutte contre la discrimination raciale dans ce contexte ?

En fait, si ce n’est un racisme fortement marqué, ça peut-être une négrité juive folklorisée, bien que le judaïsme fasse largement office de « religion de mélange » offrant autant d’altérités fissurant le huis clos de l’entre soi.

La fin de la bipolarité juive doit laisser place à des expressions nouvelles, où pluralité veut rimer avec judaïsme, une pluralité agissante puisque incarnée dans la mobilisation d’identité « juive ».

Des citoyens juifs entendent inscrire leur « existence » identitaire dans les doléances du nouveau débat communautaire.

Les renaissances identitaires qui font jour, sont tout autant le fruit de l’anéantissement du judaïsme sectaire. Bien que ce dernier ait été instrumentalisé dans un contexte monopolisant.