« Dormir dans le lit des autres, c’est comme si l’on dormait par terre ». Proverbe africain.

Le judaïsme africain distingue le temps historique (temps chronologique qui s’attache aux événements) du temps anthropologique (temps culturel qui s’attache aux structures et dont le principe est la contemporanéité.

Les juifs africains, depuis des millénaires, se sont générés et élevés jour après jour sur ce continent en puisant presque uniquement dans leurs propres réserves.

Il n’y a peut être rien de plus décisif au judaïsme africain que le commencement.

C’est pourquoi l’ordre dans lequel les questions sont présentées, en dehors de l’ordre établi qui se veut exempt de toute signification préconçue, mérite quelques explications.

Etant admis qu’il y a bien un commencement possible, par quoi ou comment commencer ?

Il ne s’agit donc pas ici de poser solennellement « l’autre » comme un « déjà-là », mais plutôt de montrer comment ce judaïsme s’édifie à partir de son identité et son appartenance aux autres.

La situation effective des concepts de l’identité et de l’appartenance va au-delà du simple constat des désaccords et des dissentiments.

Le dessein de ne jamais traiter une question sans commencer par en faire l’historique se heurte ainsi, nécessairement, au problème de l’origine du commencement.

Ainsi, de toute éternité ou à un moment donné, il y avait le juif africain plutôt que rien.

Ce juif africain est au cœur de la question.

Bref, le judaïsme africain est une identité ouverte par le principe d’individuation et d’appartenance réelle par le principe de l’unité.