Par « judaïsme africain » nous n’entendons pas, la chute d’une essence qui s’incarne dans un lieu géographique (l’Afrique).

Mais il s’agit plutôt d’examiner les rapports du « Juif » à travers les manières de dire, l’organisation des places, les procédures d’analyse, les textes, les thématiques et les institutions liées au message Sinaïtique et à la Torah.

L’expression « judaïsme africain » désigne, dans toute la suite de ce texte, et conformément à l’usage, l’Afrique Noire, sans exclusion de l’Afrique du Nord et sans préjudice du sens.

C’est l’ensemble du débat sur le « judaïsme africain », comprenant aussi bien les études empiriques produites par les uns que la réflexion exigeante des autres sur les principes, méthodes et conditions de possibilité du judaïsme en général, c’est ce débat dont il n’est pas exagéré de dire qu’il polarise encore, à ce jour, tout ce que l’Afrique compte.

Car le vrai problème, aujourd’hui, n’est pas de classer, mais de diagnostiquer. Plutôt qu’une catégorisation statique des auteurs et des œuvres, il est besoin d’une lecture symptomatique et critique qui identifie d’emblée, dans la conjoncture théorique et idéologique actuelle, non seulement la réalité de terrain, mais des rapports historiques, d’une part, et, par rapport au judaïsme contemporain et d’autre part, la
gamme ouverte, et éventuellement inépuisable qu’il s’agira justement de promouvoir.