On vote aujourd’hui (dimanche 19 juin) au Consistoire, enfin quelques « grands électeurs » sont appelés à designer le nouveau Président du Consistoire Central.

Deux candidats sont en lice, le sortant Joël Mergui et Evelyne Gougenheim. Nous sommes déjà en mesure de vous annoncer que Joël Mergui sera élu à une large majorité avant même que le premier bulletin de vote n’ait été déposé dans l’urne.

On pourrait imaginer que le Président sortant puisse s’appuyer sur un excellent bilan de son dernier mandat et que ses perspectives d’avenir suscitent l’enthousiasme. Non ce n’est pas même cela, c’est simplement le fait que le Consistoire est une institution excessivement politique dont on connaît par avance les alliances et les intentions de vote.

Ceci étant dit intéressons-nous un instant à cette noble institution qui est le siège de tant de passions. Le Consistoire est l’une de plus anciennes instances de la communauté puisque c’est en 1808 par décret impérial de Napoléon 1er que le Consistoire vit le jour. En bon chef des armées, Napoléon voulait une représentation du judaïsme français hiérarchisée et un interlocuteur unique. C’était aussi l’occasion de permettre l’émancipation des Juifs de France tout en leur donnant leur place dans la Cité.

La vocation même du Consistoire serait donc de fédérer l’ensemble du culte israélite. Ce qui était vrai il y a deux siècles l’est beaucoup moins aujourd’hui tant les expressions du judaïsme religieux sont multiples. Ne parlons même pas des laïcs qui n’ont pas vocation à être représentés par une instance religieuse.

Le Président du Consistoire occupe un rôle certain, souvent conflictuel avec le Grand Rabbin de France alors que les deux dirigeants devraient travailler main dans la main. Un rôle politique pour le premier, un rôle religieux pour le second.

En principe il devrait en être ainsi. Dans la réalité le Président du Consistoire cède à l’hyper présidentialisation espérant représenter les Juifs de France dans leur ensemble. Ainsi trouve-t-on sur le site du Consistoire cette phrase généreuse en apparence : « Plus la communauté se développe et plus le Consistoire est ainsi présent, conformément à ses principes d’ouverture, de tolérance afin d’intégrer le plus grand nombre de juifs qu’ils soient libéraux, traditionalistes ou conservateurs. »

La réalité est tout autre derrière un discours très polissé qui représente davantage un idéal qu’un état de fait. Le Consistoire représente aujourd’hui le judaïsme orthodoxe et certainement pas les autres courants qui demeurent hérétiques aux yeux de l’institution.

L’intégration des juifs libéraux, traditionalistes et conservateurs doit passer par la reconnaissance et non le dénigrement systématique. Mais prenons acte de cette volonté d’ouverture en souhaitant que le Président élu aujourd’hui face d’un slogan une réalité. Les tous derniers sujets d’actualité autour des attaques contre le présumé libéralisme du Grand Rabbin de France ou le silence assourdissant après les déclarations du Grand Rabbin Sitruk sur l’homosexualité ne semblent pas donner cette impression.