Cette semaine nous avons célébré la fête de Jérusalem, le fameux « Yom Yeroushalayim. » Parade de drapeaux, promesses de politiciens, bouclage des quartiers Est de la ville.  Le climat sécuritaire reste toujours aussi explosif. Entre la joie et l’angoisse, l’intervalle est totalement aléatoire, ainsi va la vie dans notre pays.

Cela fait maintenant 49 ans que Jérusalem a été réunifiée et proclamée « capitale éternelle et indivisible du peuple juif. »

Aujourd’hui notre capitale ressemble plus que jamais à une ville divisée et impossible à unifier.

Voici une donnée récente qui raconte à elle seule l’histoire de Jérusalem. 77% des élèves inscrits dans les établissements scolaires primaires sont d’origines orthodoxes ou arabes. Deux publics grandissant parmi lesquels la légitimité de l’état d’Israël est souvent remise en question. Au vu de tels chiffres, parler d’unité devient une tâche compliquée et à laquelle seuls d’imprudents politiciens nationalistes osent se prêter.

Je suis pourtant un romantique qui aime se prendre à rêver. Jérusalem reste l’objet de mes fantasmes, elle reste inconsciemment ce point de mire qui nous attire depuis deux millénaires. Une aspiration, une source d’inspiration.

Nos récits bibliques nous la décrivent sous toute sa splendeur, des collines vallonnées de Judée, aux hauteurs du Mont des Oliviers, l’éclat de clarté rayonnant de notre sanctuaire, garant de notre grandeur. Sur les ruines de notre temple nous avons tant pleuré notre gloire passée. Sur cette mémoire collective s’est articulée et mise en place l’entreprise sioniste.

Le mouvement sioniste a su redonner à Jérusalem toute sa primauté mais le retour à Sion était rempli d’embûches. 19 ans après l’Indépendance d’Israël, en pleine guerre des Six jours les combats les plus âpres on eut lieu dans les rues même de notre capitale pour la libérer.

Elle est maintenant redevenue « nôtre » et c’est à nouveau  au sein de nos murailles que se joue l’avenir entier de notre nation.

Jérusalem n’est pas pour rien la plus grande ville du pays, elle est aussi le plus grand challenge auquel notre jeune nation ait à faire face : se séparer des Palestiniens d’une part, intégrer les orthodoxes et les arabes israéliens d’autre part.

C’est aujourd’hui devenu une nécessité vitale, si Israël désire continuer d’exister en tant que pays « juif et démocratique » nous devons nous séparer des Palestiniens avant que le statut-quo nous sépare d’un de ces deux piliers fondateurs de la nation.

Si cette démarche historique devait avoir lieu, il n’en restera pas moins une minorité arabe vivant en notre sein, et avec laquelle nous allons devoir traiter d’égal à égal comme nous l’ordonne notre texte sacré. “Vous aurez la même loi, l’étranger comme l’indigène; car je suis l’Éternel, votre Dieu, » (Lévitique, 24-22)

L’intégration de la population orthodoxe sera aussi une épreuve déterminante pour l’avenir de notre pays. Pour que notre société de demain soit ouverte et éclairée, elle devra reposer sur sa pluralité et non être sectorielle comme elle l’est pour l’instant.

Le challenge c’est avant tout de reconnaître que Jérusalem n’est pas « une » mais « multiple » mais que seulement  ensemble et dans des frontières reconnues, il sera possible de construire l’Israël de demain.