Est-ce un nouveau paradoxe ou la banalité d’une histoire méta-historique ? Jérusalem possède un noyau dur que l’on appelle habituellement « la Vieille Ville de Jérusalem/ha’Ir ha’Atiqah-העיר העתיקה ».

Il y a d’autres « Vieilles Villes » en Israël, par exemple à Jaffa-Yafo. Pourtant, les murailles de Jérusalem enserrent un espace réduit, mythique, singulier, où chaque ruelle, chaque demeure se blottit comme sur des cavernes et des grottes, des crevasses qui ont abrité des êtres humains depuis la plus haute antiquité et continue de le faire.

Quelques arpents de terre où la survie n’a jamais été claire, le combat pour la vie s’y est soldé par des milliers de morts, anonymes et même ceux dont les noms sont connus, respectés, vénérés parfois y sont réduits à néant : « Le lieu ne le connaît plus\ולא יכירו עוד מקומו », dit le psaume 103, 16. Jérusalem est chargée d’histoire, de récits nombreux, contradictoires, antagonistes. La mémoire est partout présente et, pourtant, on ne se souvient que de ces contes parce que les êtres ont disparu à jamais.

La passion pour la mémoire plus forte que la mort – et même que la vie penserait-on parfois – dépasse ici toute logique. Dès 1967, nous étions nombreux à entrevoir ce temps qui se précise maintenant par un combat ancré dans des lieux considérés comme saints. Ils sont marqués par une sorte de sacramentalité réelle ou supposée : La Shekhina/שכינה ou Présence Divine, tantôt confirmée tantôt en suspens ou prétendument active, invisiblement, n’a jamais quitté ce site aux sources de la foi abrahamique et du façonnement d’Adam.

La destruction du Temple de Jérusalem en 70 a rouvert un temps de la rédemption. Le Premier Temple a bien été détruit, la mémoire de la catastrophe était présente au temps de l’occupation romaine. Inefficace à rompre la logique de la déraison et de la haine. Une « Présence réelle » dans un lieu que le juif ne quitte jamais ou qui n’abandonne jamais l’âme  et la conscience hébraïques. Elle est constamment rappelée dans la prière comme le prouve la bénédiction pour la pluie ou la rosée, selon les saisons. Quel que soit le lieu où le juif habite, il demande avant tout la pluie ou des gouttes parcimonieuses selon le climat et les besoins de la seule Terre d’Israël.

C’est précisément ce qui s’est passé ce 22 Tishri 5776/כ »ב תשרי תשע »ו- jour de Shemini Atseret/שמיני עצרת ou de la Grande Assemblée au plus grand jour de la fête de Souccot (5 octobre 2015) [cf. Jean 7, 37]. Le peuple est réuni avec ferveur pour demander une bénédiction abondante en pluies dans un pays facilement aride et désertique. Ce jour-là, on lit solennellement dans les synagogues le récit de la construction et de la dédicace du Temple de Jérusalem par le roi Salomon (I Rois 8, 54-66).

La Vieille Ville de Jérusalem ? Elle est compacte, petite, comme marquée par les millénaires, avec des voies qui innervent un terrain aux strates multiples. C’est un espace beau à contempler, par exemple depuis la vue panoramique offerte sur le toit de l’Hospice autrichien, devenu centre spirituel, où la chapelle est pratiquement tyrolienne et habsbourgeoise. Un centre culturel situé à la jonction entre la Porte de Lions, la Via Dolorosa, la Porte de Damas, le chemin vers le Mur Occidental par le quartier musulman. C’est à l’angle que les meurtres ont lieu en ce moment.

Sur le toit, on découvre ce coeur multi-confessionnel, serré, étroit qui semble même se chevaucher en certains lieux. Une vue sur le Mur et le Waqf (centre de l’autorité musulmane des mosquées), puis, au loin, se dessine la descente rapide vers Bethléem par la Vallée du Cédron. Ici, l’être humain s’imagine tout concevoir sans jamais rien saisir de permanent.

La Porte de la Miséricorde, dite porte de l’entrée messianique a été murée en 1541 pour interdire la venue du messie juif… Alors, la Vieille Ville de Jérusalem s’échappe aussi par le Mont des Oliviers qui lui fait face. Là aussi, c’est le Prophète Elie qui doit venir s’y tenir pour annoncer l’avènement du Messie, le précéder dans un lieu qui, depuis les temps les plus anciens, est un espace de « repos » pas toujours pacifique ni paisible, peu s’en faut. Entre la grotte de Gethsémani, tombeau de la Mère de Jésus de Nazareth et le pic du mont d’où Jésus est monté aux cieux, ce sont des milliers et des milliers de cadavres et d’ossements en attente de jugement et de résurrection qui ont été semés, ont servi de compost comme un défi à la mort omniprésente (Jean 12, 24).

Il n’est pas jusqu’à l’Anastasis ou Eglise de la Résurrection, communément désignée comme le Saint-Sépulcre qui s’oppose au Mont du Temple dans la foi comme dans l’espérance actuelle et eschatologique . Un Tombeau nécessairement vide. Il a abrité celui que l’on appelle Christ (Messie) dont la sépulture a été confirmée par la foi de l’Eglise indivise d’Orient et d’Occident, par Hélène, la mère de l’empereur Constantin. Elle « découvrit » la vraie Croix dont des morceaux se trouvent un peu dans le monde entier, surtout en Europe christianisée. C’est là que, désormais, se tire au sort la destinée humaine brassant les foules de toutes origines dans un bâtiment « hors le temps ».

Et puis, entre le Mont du Temple et le Saint Sépulcre, la colline de Sion où il y a une maison qui fut toujours juive. A l’étage, le Coenaculum ou Chambre Haute atteste, pour les chrétiens héritiers de cette Eglise indivise, que l’Esprit Saint est descendu sur les disciples de Jésus, le Fils de l’Homme. En ce lieu-là fut célébrée la première Eucharistie ou fraction du pain et du vin comme Corps et Sang du celui que l’Eglise a, progressivement, reconnu comme le sauveur, le rédempteur.

Il est question de Présence divine, que ce soit dans une mémoire actualisée chaque jour depuis les temps les plus reculés. Ume mémoire constamment ravivée comme « vivante et source de vie » dans la prière juive depuis le Mont Moriah jusqu’aux pays les plus lointains. Ou encore cette Présence affirmée par la foi issue de Sion et de Jérusalem que les biens prélevés sur les produits de la terre, pain et vin, assurent chaque jour la Présence de la résurrection. La Présence réelle du Ressuscité reste un sujet litigieux entre les chrétiens. Dans les deux cas, ces affirmations sont sorties de ce territoire minuscule, ceinturé par les murailles de la Ville Sainte.

Il est bien question de passe-muraille. Voici quelques années, le monde s’indignait qu’Israël ait construit une muraille de séparation entre les territoires dits « palestiniens » et l’Etat hébreu dans ses frontières reconnues. La protestation ne cesse de se manifester, en particulier, ces derniers temps, du côté de Beit Jala et des vignes de Crémisan. Les israéliens semblaient céder à une tendance dépassée qui avait servi à couper Berlin et son mur de la honte. C’est oublier trop vite que toute la culture proche-orientale procède par inclusion-exclusion, permission-interdiction. Les « quartiers » sont des espaces délimités qui protège les règles de la vie religieuse. Le juif a besoin de vivre séparé pour respecter de manière positive le mode de vie proposé par les Mitsvot. Les religieux chrétiens ont des monastères ou des couvents avec des « clôtures » où seules les personnes consacrées ont le droit de pénétrer.

Oui, les murailles de Jérusalem rassemblent, cloisonnent, concentrent tous les besoins de sens et de verticalité. C’est de cet espace clos que s’est échappé, comme un leit-motiv irrépressible, la force insasissable de l’espérance, de la foi, de la résurrection des morts, de la rédemption.

Une Vieille Ville dont le nom a fini par désigner l’unité irréductible d’une réalité d’En-Haut, céleste inséparable de la cité d’Ici-bas. On comprend que l’office de Kol Nidrei [renonciation de tous les « voeux »], à Yom Kippour, commence par ces mots : « Par la communauté d’en-haut et par la communauté d’ici-bas, avec l’assentiment de l’Omniprésent et au nom de la convocation sainte, nous osons prier avec ceux qui ont transgressé la Loi/בישיבה של מעלה ובישיבה של מטה, על דעת המקום ועל דעת הקהל, אנו מתיאים להתפלל עם העברינים ».

A qui appartient la Vieille Ville de Jérusalem ? La question reste inchangée sinon sans réponse. La résolution 478 (Jerusalem Law 1980) de l’O.N.U. a précisé que Jérusalem-Est « est un territoire palestinien occupé ». Il est difficile d’épiloguer sur une question aussi passionnelle, irrationnelle : on oublie trop qu’en 1967, les maires de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour ont rendu visite à Teddy Kollek, maire d’une ville en réunification, pour lui demander d’intégrer leurs villes à l’agglomération nouvelle de Jérusalem.

En 1967, le judaïsme réfléchissait naturellement sur le sens que prendrait le Mont du Temple et, dès les années 1980, la reprise du culte, voire la reconstruction du Temple était une vision qui se matérialisait par des collectes pour rebâtir le Lieu, réaliser les instruments du culte, les vêtements, toutes choses qui aujourd’hui sont visibles dans des instituts du Rov’a/רובע, le quartier juif actuel de la Vieille Ville de Jérusalem.

Pour la première fois dans l’histoire, une nation composée de personnes dont les ancêtres avaient été dispersés dans les multiples paysages de toutes les diasporas, se réclament d’une identité réelle ou supposée, ininterrompue sur la durée des siècles. Ils viennent régénérer et revigorer une certaine forme de Présence permanente au sein d’un lieu antique, comme s’ils étaient happés par la force tellurique du Dieu Unique et Omniprésent.

On parle volontiers du « nombril du monde » que des foules ferventes ou curieuses visitent en files indiennes au coeur du Saint-Sépulcre, entre le Tombeau du Christ (Taphos/Ταφος) et l’autel centrale de la grande nef orthodoxe tenue par le patriarcat grec (ou Roum/romain) orthodoxe de Jérusalem. Une petite pierre que des pèlerins fervents viennent embrasser : il signale le centre du monde de la foi. Trop souvent, ces visiteurs croient, avec une certaine dose de superstition, que celui-ci ne peut être que chrétien. Il est étonnant de constater in vivo combien les néophytes de toutes religions se croisent en s’ignorant.

Ils oublieraient presque, poussés parfois par des guides expéditifs, que la colline du Golgotha était nue – un jardin planté de croix pour les suppliciés… situé, à l’époque, en dehors des murs de la Jérusalem.

Est-ce un hasard si le Saint Sépulcre est désigné comme le Naos/Ναος (le Temple) dans la tradition chrétienne héllenistique ? Tout est affaire de substitution, consciente ou élaborée dans le but dérisoire de s’approprier une primauté. Comme s’il était naturel de prendre la place de l’autre tout en l’invitant à rejoindre les principes de sa propre institution nouvelle. A force de multiplier ces processus de substitution, la situation est confuse, éclatée où la concorde régnerait à coups d’idéologies figées, aujourd’hui dépassées.

Tout comme le Mont du Temple, La Maison/הבית, le Mont de la Maison/הר הבית est situé à la limite de la Vieille Ville, Lieu de la sacralité parfaite ou « Miqdash/מקדש », « ce Lieu-même » ou « Maqom/מקום », où est avérée l’existence comme Nom Divin et l’action de se lever, se relever (cf. « qom/קום »), endroit matriciel qui désigne aussi les parties intimes de la femme. Il est question de naissances et de relevailles à la fois.

La Vieille Ville de Jérusalem réunit des pulsions fortes d’enfantements spirituels avec même un cordon ombilical qui récapitule, à partir d’un nombril « foncier » la pertinence informe de la destinée humaine.

Serait-ce la Vieille Ville par opposition à la Nouvelle Ville qui est sous le contrôle israélien depuis 1948 ? Il y a une singularité propre à la Vieille Ville de Jérusalem. Même lorsque la décolonisation a été accélérée à la fin de la Deuxième guerre mondiale, les Nations du monde et leurs Etats légitimes – en particulier ceux d’Europe – ont eu du mal à lâcher le territoire.

C’est endémique, pratiquement congénital pour les puissances occidentales, majoritairement chrétiennes. Elles perdent peu à peu les possessions en Terre Sainte, même si celles-ci sont garanties par la loi israélienne. A Jérusalem, certaines propriétés catholiques sont passées – outre l’attention diplomatique de pays occidentaux – sous la protection du Vatican, par-delà le contrôle de la Custodie franciscaine de Terre Sainte.

La Russie orthodoxe se décline en deux obédiences, le Patriarcat de Moscou et l’Eglise Hors Frontières (i.e. hors de la Russie), dont la réunification fut conclue voici seulement cinq ans à Jérusalem. Cela permet à l’Eglise orthodoxe de tradition russe de gérer des couvents et des églises dont les actes de propriété ont pu être contestés par certaines juridictions.

L’archevêque Mark de Yegoryevsk, ancien recteur de la Mission ecclésiastique du Patriarcat de Moscou à Jérusalem, est aujourd’hui l’économe-comptable de tous les biens de l’Eglise orthodoxe de Moscou. Il maintient difficilement l’héritage acquis depuis 1844, dix ans avant la guerre de Crimée, qui opposa les Puissance occidentales, la Russie tzariste et la Sublime Porte à propos des Lieux Saints.

Les limites des quartiers changent et ont constamment évolué, bien plus que le suggérerait l’apparent immobilisme des constructions bâties et rebâties sur les mêmes emplacements. Le quartier musulman de Jérusalem est ancien, il a une superficie importante (1 ha.) comparée à la surface reconnue de la Vieille Ville qui couvre 90 ha… Le Mont du Temple ne fait partie ni du quartier musulman ou du rov’a juif et se trouve dans une sorte de « No man’s situation » pour des raisons d’hésitations politiques à la suite des accords d’Oslo (1990).

Les Grecs orthodoxes ont gérés ou saisi des biens éthiopiens, coptes. Au cours des siècles, ils se sont déplacés entre l’actuel quartier arménien vers des possessions catholiques – celles-ci ont aussi chevauché des immeubles « grecs » tandis que les Serbes ont perdu leurs maisons et que les Géorgiens n’ont plus rien. Les catholiques ont l’Ecce Homo sur la Via Dolorosa alors que le le Praetorion (lieu du jugement de Jésus) est resté orthodoxe… plus loin, la piscine de Bethesda est située dans le site de l’Eglise Sainte Anne des Pères Blancs catholiques et fut pendant longtemps le siège du séminaire grec-melkite tout en restant une possession française. Est-ce bien raisonnable ?

Il est temps de changer de logiciel comme le déclare avec brio Myriam Benraad, l’une des meilleures spécialistes du Proche-Orient. Tous les repères sont obsolètes sans que l’on ait vraiment pris garde. L’Etat Islamique fait éclater des structures nationales qui semblaient immuables. Ces contrées partent en quête de leurs propres identités multiséculaires. La Coalition européenne et arabique, les Etats-Unis n’y peuvent  rien, de même que la Fédération de Russie qui surveille ses pipe-lines de gaz proche-oriental tout en lorgnant sur ses ex-citoyens soviétiques devenus israéliens qu’elle dispute… aux Républiques d’Ukraine et de Belarus.

Les frontières tombent dans le Croissant Fertile, de manière inexorable. Il est temps de procéder à une vraie mise à jour et permuter nos références conceptuelles sur l’évolution d’une région où se joue le destin du monde. Mais les frontières disparaissent un peu partout, surtout dans l’Europe de Schengen où apparaissent curieusement des barbelés et des murailles. Les frontières sûres subsistent dans le très vaste espace de l’ex-Union Soviétique et de ses républiques devenues indépendantes.

Les frontières mentales, quant à elles, volent en éclats par une mondialisation technologique, industrielle, internaute et une toile virtuelle qui harponne toutes les idées innovantes, hésitant entre mutations et traditions millénaires.

Ces jours-ci, la Vieille Ville de Jérusalem est livrée à des diables suicidaires qui agissent comme des robots sans pilote. La violence y est toujours insidieusement présente, sensible, bravant l’interdit légal de toucher physiquement une personne. Il est intéressant que ce morceau de terre s’embrase au moment où, ailleurs, les frontières semblent s’estomper. La Vieille Ville de Jérusalem devient cette cité nouvelle en phase de recomposition. Comme si les édifices servaient de marquages millénaires et furtifs pour trouver de nouvelles formes de formatage. Ici, l’utilisation d’un nouveau logiciel de compréhension du monde oblige à dépasser l’héritage diachronique et la réalité présente.

Jérusalem ressemble, pour le coup, à cette notion de  « Altneu/ancien-nouveau » qui renverrait à la grande synagogue de Prague et au Maharal (Rabbi Judah Loew Ben Bezalel). Cette synagogue reste, à l’évidence, l’un des lieux les plus particuliers du judaïsme européen. La Staronová Synagoga date du 13ème siècle mais son importance est double.

Théodore Herzl a rappelé son symbolisme, le réorientant sur la Terre d’Israël. La synagogue de Prague abriteraient des pierres du Temple de Jérusalem dans le but de les rapporter au « temps opportun ». Son nom est en fait pluriel : ne serait-elle pas la synagogue « de l’hésitation » venant de l’expression « al t’nay\על תנאי = sous condition, en sursis (de retourner à Jérusalem), naturellement prononcée altnay\אלטניי = altneu = ancien-nouveau » en yiddish.

Le sursis ou temps suspendu a perduré jusqu’à notre génération. La ville de « Tel Aviv/תל אביב » est une traduction astucieuse pour expliquer le sens de la construction d’une ville très ancienne (comme un tell archéologique) et neuve comme le printemps qui marque l’essor de la nature. Tel Aviv incarne cette intuition. Enfin, un « golem/גולם » embryonnaire, robotisé ou immature dont la légende prétend que le Shem/Nom assure le mouvement ou l’arrêt : cela ressemble à ce Nom que les hommes s’imaginent placer ici où là, oublient par-ci ou par-là et qui, en fin de comptes est Celui qui nous anime en dépit de nous-mêmes.

Il a fallu plus de vingt années pour qu’Israël retourne dans les murailles de la Vieille Ville de Jérusalem. Un temps long qui s’accélère au cours des ans. Peu à peu, les groupes juifs se rendent de plus en plus visiblement dans la Cité.

Ils ont acquis des maisons, construit des « implantations » jusqu’aux toits à l’intérieur des murailles, comme sur la voie marchande du Christian Quarter Rd/רח’ הנוצרים. Ils ont également acheté des parties entières brutalement abandonnées par les membres de la communauté syro-orthodoxe. Les anciennes synagogues du Quartier juif sont rebâties (Hurva et autres), montrant un réel dynamisme.

Au-delà de l’antagonisme comportemental qui existe entre Tel Aviv et Jérusalem -, il est possible de parler, à Jérusalem, de l’émergence d’une Vieille-Neuve Ville cerclée de murailles historiques.

Elle se distingue de la Jérusalem de l’Ouest ou encore des projets du Grand Jérusalem. Cette « Ir atiqah-‘hadashah/עיר עתיקה-חדשה = Vieille-nouvelle Ville de Jérusalem » reprend souche dans l’humus familier des Ecritures, revitalisée par la prière vivante du judaïsme.

Les violences actuelles accentuent encore la pénétration humaine et culturelle de l’Etat juif d’Israël, et l’on s’interroge : comment assurer cette nouveauté tout en préservant des héritages aujourd’hui particulièrement morcelés ?

La Vieille-Nouvelle Ville de Jérusalem montre aussi ses projets spirituels que la frilosité et l’indécision empêchent d’aborder au plan théologique.

Cela provoque des violences graves, inédites dans ce lieu qui semblait à l’abri des crimes solitaires et systématiques. Les roquettes sont tombées du côté de la Vieille Ville l’été dernier. La bataille anonyme ou incognito est aujourd’hui une menace réelle qu’il faudra vite juguler… avec mesure et bon sens.

Il n’y aucune raison de changer quoi que ce soit au « Statu Quo » (« Status Quo » en anglais) qui régit les accords issus de la Guerre de Crimée en 1856 et qui conduit les Ottomans à définir les droits des communautés religieuses chrétiennes. Les Firmans ou accords n’ont guère variés depuis lors et l’Etat d’Israël a eu la sagesse de ne rien changer.

C’est cette patience alliée à une sorte de tolérance passive à l’égard des Eglises et de l’Islam qui permet à l’Etat d’Israël – comme au judaïsme – d’avancer en affirmant l’unité de Jérusalem en tant que Ville ancienne et nouvelle.