Les paroles s’envolent, les écrits restent. Cette évidence est la source du Judaïsme, depuis son origine et jusqu’à aujourd’hui. Mais justement, aujourd’hui mieux que jamais. Car le monde de l’instantanéité et du paraître veut nous faire prendre à tout prix les vessies pour des lanternes.

Par les décrets débiles des majorités automatiques des arènes internationales, et le mot arène convient parfaitement au cirque qui s’y tient. Alors où trouver aujourd’hui la lumière, celle que symbolise Hanoucca ? Dans les écrits de l’Histoire, et dans les mathématiques tout simplement. Car il n’en manque pas pour démystifier un pseudo Al Qods et les légions de contempteurs d’Israël.

On pourrait citer les références bibliques, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Mais les agnostiques les dédaigneraient. On pourrait invoquer les récits de voyages de Chateaubriand, Lamartine ou Marc Twain. Trop romancés pour être vrais, nous rétorqueraient les sceptiques. Alors d’où viendra la lumière ?

Elle vient de documents historiques, statistiques et recensements, et de données officielles de l’ONU, de 1948 à aujourd’hui.

Les premiers documents viennent de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et sont disponibles en ligne (site Galica). Ils datent de la fin du 19ème siècle (1870 / 1884) et sont l’oeuvre de Victor Guérin, historien-géographe, dont les travaux ont été commandés par différents organismes gouvernementaux et récompensés de plusieurs distinctions. Ses écrits, près de 1500 pages, sont le résultat de plus de 30 années à sillonner le Proche-Orient, et à consigner jusqu’au moindre village.

Sa vision est celle d’un scientifique catholique bon teint, qui ne peut être accusé de romantisme ou de parti-pris envers les musulmans ou les juifs.

Ses écrits nous apprennent qu’en 1880, la Terre Sainte, prise dans la dimension grosso-modo de ce que sera la Palestine mandataire (administration britannique) en 1922, est totalement désolée, incultivé, laissée à l’abandon par l’empire Ottoman qui contrôle ces territoires.

Quelques villes émergent comme Jaffa ou Haïfa, mais Jérusalem n’est qu’un lieu de pauvreté et de culte où n’habitent que quelques milliers d’habitants. Son estimation démographique documentée pour Jérusalem est de 10 000 Juifs, 7 500 Musulmans et 6 000 chrétiens, soit un total de 23 000 personnes dont 44% sont juifs et 32 % musulmans.

En faisant le calcul des 4 siècles d’administration byzantine, puis de 6 siècles sous l’Etat islamique de Médine, puis de 2 siècles avec les Croisés, puis de 4 siècles sous l’empire Ottoman, puis de quelques années sous Napoléon, puis d’un demi-siècle sous domination égyptienne et pour finir avec le retour de l’empire ottoman pour un demi-siècle, on obtient pour 19 siècles d’histoire, 12 siècles de domination musulmane et 7 pour la domination chrétienne.

Il aura donc fallu que les juifs, encore et toujours majoritaires 19 siècles après leur perte de souvainereté sur la ville, leur massacre et leur dispersion, souhaite, dès la création de leur état, faire de Jérusalem leur capitale pour que le monde s’embrase.

Pendant 7 siècles, les chrétiens auraient pu y installer la Papauté. Non, ils choisirent Rome (avec un intermède du côté d’Avignon) pour les tombes présumées de Pierre (fondateur de l’Eglise) et de Saint Paul (alias Saül De Tarse ), préférant, pour leur sainteté et comme lieu de pèlerinage, ces tombes là à celle de Jésus. Preuve que Jérusalem n’a jamais constitué un lieu « capital » pour le christianisme.

Pendant 12 siècles, les musulmans auraient pu développer la ville, l’embellir, en faire un écrin pour leur lieu saint, une capitale au sens littéral du terme, comme ils l’ont fait pour La Mecque ou Médine. Mais non. Jérusalem ne les a jamais intéressés.

Et il suffit de lire Victor Guérin dans sa description de la mosquée du Mont du Temple vide toute la semaine et à l’esplanade parcourue d’herbes folles, n’accueillant que quelques dizaines de fidèles pour la prière du Vendredi, pendant qu’en dessous, face au Kotel les juifs prient jour et nuit tout au long de l’année.

Et tous les musulmans de la planète qui manifestent aux cris de martyrs pour sauver Jérusalem, pourquoi ne l’ont-ils jamais pèleriné ? Eux qui par millions se rendent à la Mecque ou à Médine. Victor Guerin, au cours de ses 30 années à sillonner la Terre Sainte en général et Jérusalem en particulier, n’y a pas vu le moindre pèlerin musulman.

Pas plus les autorités britanniques entre 1922 et 1948 et ou plus tard les Jordaniens, qui ont chassé les juifs de Jérusalem-Est en 1949 (n’appelle-t-on pas cela un déplacement interdit de population ou une épuration ethnique ?).

Le constat est simple : Jérusalem n’est ni historiquement ni religieusement une ville  » capitale » pour l’Islam et les Palestiniens, tout au plus l’emplacement d’une belle mosquée (Al Aqsa au dôme gris argent), le bâtiment à la coupole Doré étant un sanctuaire abritant le rocher d’Abraham et d’Allah mais pas une mosquée. Et donc aucun pèlerinage officiel n’y est organisé par les autorités musulmanes, contrairement au judaïsme et au christianisme.

La fondation juive de Jérusalem et la présence du Temple sont attestés par le Coran, les écrits romains, grecs ou byzantins, et la Ménorah du Temple est même gravée sur l’arc de triomphe de Titus face au Colisée de Rome, ce que semble avoir oublié l’UNESCO.

Les Palestiniens, les ONG pro-palestiniennes, la majorité des états et jusqu’à l’UNESCO, cherchent à réécrire à l’Histoire, ne se rendant pas même compte des inepties qu’ils défendent, car l’absence d’une population musulmane autochtone revendiquant une identité nationale, avec une culture, une langue ou une monnaie, jusqu’à terme du mandat britannique est aussi avérée par l’absence totale de documents de toutes sortes.

Ne reste plus alors qu’à affabuler. Prenons pour exemple les revendications démographiques des autorités palestiniennes.

D’après les propres chiffres des ONG pro-palestiniennes et de l’ONU, le recensement réalisé par les Britanniques en 1922, relève une population de 589 177 musulmans. Rappelons que cela concerne l’ensemble du territoire mandataire, soit 116 000 Km2, dont 90 000 Km2 seront attribués au Royaume de TransJordanie en 1946.

Par une simple règle de trois, partant du principe de l’absence de très grandes zones urbaines et donc d’une répartition uniforme de la population musulmane sur l’ensemble du territoire mandataire, on peut déduire que la population musulmane de la Palestine à l’ouest du Jourdain, soit aujourd’hui Israël, la Bande de Gaza et la Judée Samarie (Cisjordanie) était de 128 000 habitants sur 26 000 Km2 soit moins de 5 habitants par Km2.

Juste pour sourire, Paris, en 1922, compte 2,9 millions d’habitants sur 105 Km2, soit près de 28 000 habitants au Km2, et à ce compte là toute la population musulmane de Palestine tiendrait sur 4,5 Km2. En 1922, la Palestine est donc bien un territoire quasi vide.

En retenant les chiffres précédents, on peut définir que la population de la future Jordanie en 1922 est de 461 000 habitants (589 000 – 128 000) pour en arriver à 2015 où la Jordanie recense 9,5 millions d’habitants. Comment dans le même laps de temps les Palestiniens (dans la définition des palestiniens vivants  ou ayant vécu dans les territoires à l’est du Jourdain, c’est-à-dire Israël + Gaza + Cisjordanie) peuvent-ils soutenir qu’ils soient passés de 128 000 à 12 millions ? 

Les Jordaniens, avec la même structure ethnique et socio-économique, partant avec une population du quadruple ne sont arrivés qu’aux trois-quarts du total palestinien. Mystère et boule de gomme !

En fait, le tour de passe-passe consiste à gonfler les chiffres pour exploser le montant des aides, en considérant comme Palestinien tout individu qui prétend à une parenté, même lointaine avec un membre d’une famille originaire de là-bas car l’UNRWA, agence de l’ONU qui s’occupe exclusivement des réfugiés palestiniens, a retenu que le statut de réfugié se transmet aux descendants, soit l’exact contraire de la définition appliquée par l’ONU pour tous les autres réfugiés du monde.

Ainsi, selon son site internet, l’UNRWA a traité 700 000 réfugiés en 1950 pour en arriver à 4 500 000 en 2005. Le taux de croissance naturel palestinien (différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité ) moyen étant de 2,44 % (source Autorité Palestinienne) une population de 700 000 personnes en 1950 atteint le nombre de… 2 600 000 personnes en 2005 . En un mot entre 1950 et 2005, sont apparus presque 2 millions de Palestiniens de nulle part

Autre astuce, on les compte deux fois. Par exemple, sont comptés comme Jordaniens, les Palestiniens ayant obtenu la nationalité jordanienne en 1950, puis on les compte à nouveau comme Palestiniens car vivant en Cisjordanie. Idem pour les palestiniens de nationalité israélienne.

Et cerise sur le gâteau, les bureaux des statistiques palestiniennes n’hésite pas à compter comme palestiniens les israéliens juifs vivant à Jérusalem-Est et dans les implantations de Judée-Samarie, soit un total d’un demi-million d’individus.

Allez, soyons sérieux et plus sûrs de notre bon droit car les faits ne mentent pas.