Jeanne d’Arc était anglaise. La capitale de la Chine est Madrid. La Tour Eiffel est un patrimoine turc. C’est Michael Jackson qui a découvert l’Amérique. Il n’y a aucun lien entre les Juifs, Jérusalem et leurs lieux saints le Mont du Temple et le Mur des Lamentations.

Absurde, mensonger, risible, n’est ce pas?

Pourtant la dernière de ces propositions a très sérieusement été adoptée cette semaine à l’UNESCO par 24 voix. Le texte avait été déposé par les Palestiniens, l’Egypte, le Maroc, le Liban, l’Algérie, le Sultanat d’Oman, le Qatar et le Soudan dont chacun connaît la grande tradition démocratique et le respect des Droits de l’Homme.

Comme le disait Beaumarchais il vaut parfois mieux se presser de rire des choses plutôt que d’en pleurer.

Mais c’est une plaisanterie bien répétitive que nous offrent ces Etats majoritairement dictatoriaux qui de nouveau ont fait voter une résolution texte faisant des lieux saints de Jérusalem – pourtant mentionnée 669 fois dans la Bible – un territoire exclusivement musulman (seuls les noms musulmans du site « Al Aqsa » et Haram Al Sharif y sont mentionnés) et donc interdit à tout non-musulman.

C’est vrai, les chrétiens et les juifs ne prient vers Jérusalem que depuis des millénaires.

C’est vrai, les juifs n’ont fait de Jérusalem le centre de leur foi que depuis 3 000 ans.

C’est vrai, il n’y a jamais que des milliers de chrétiens qui chaque année se pressent au Saint-Sépulcre de Jérusalem pour y exprimer leur croyance.

Décidément, nous pourrions rire mais il y a un goût amer. Celui de voir la France s’abstenir face à cette mascarade. Car comment rester neutre devant cette absurdité, cette faute morale et cette aberration historique?

Certes, contrairement au dernier vote, cette fois notre pays n’a pas voté oui et l’on peut se réjouir que les démocraties européennes dans leur ensemble n’aient pas validé ce texte insultant pour des millions de personnes dans le monde attachées à la vérité historique.

Mais on aurait espéré une position plus forte et plus intransigeante de la part des Etats européens à un texte aussi absurde, déséquilibré et mensonger.

Comment interpréter cette abstention ? La France n’a t-elle vraiment pas d’avis lorsqu’on lui propose un texte reprenant et alimentant les pires propagandes haineuses appelant à voir rayée de la carte la seule démocratie du Proche-Orient qu’est Israël, réduite dans le texte voté à «une puissance occupante» ?

Quant à l’UNESCO, organisation dont la charte proclame que son rôle est de favoriser l’éducation, la fraternité et le respect entre les peuples, pense-t-elle que c’est en participant à telles tentatives de falsifications de l’histoire qu’elle parviendra à ses nobles objectifs ? Pense-t-elle contribuer à la paix en niant le lien pluri-millénaire et indissoluble du peuple juif et en le dépouillant de son patrimoine historique et spirituel ? Ne pense-t-elle pas que les Etats qui ont voté ce texte infâme et qui sont pour l’écrasante majorité des Etats totalitaires où les minorités religieuses sont opprimées devraient prendre exemple sur la démocratie israélienne qui, elle, n’est certes pas parfaite, mais ne nie à aucun de ses concitoyens la liberté de pratiquer son culte ?

Bien sûr, nous saluons les mots de la directrice de l’UNESCO qui a assuré que «le patrimoine de Jérusalem est indivisible», que «chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville» et que «nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site» mais nous attendons à présent que l’enceinte de cette organisation cesse d’être le théâtre d’un négationnisme assumé et d’une réécriture scandaleuse de l’Histoire dont le but avoué est encore et toujours de s’en prendre à la légitimité de l’Etat d’Israël et de politiser cette institution.

La paix entre Israël et le monde arabe, passera par des efforts et des compromis de chacun et non par le mensonge et par l’effacement de l’Histoire de l’autre.

Voilà pourquoi nous continuerons à être vigilants chaque fois – nous ne sommes pas dupes, nous savons qu’il y aura encore bien des tentatives- que les faussaires de l’histoire voudront s’opposer à la vérité et au bon sens. C’est la responsabilité des démocraties libérales de mener ce combat. Sans abstention, sans circonvolution, sans hésitation. Et sans rire.

Cet article a été publié dans le Figaro Vox.