La « crise des portiques » est, une nouvelle fois, venue ranimer les tensions entre Israéliens et Palestiniens, provoquant une inquiétude justifiée bien au-delà du Proche-Orient.

Mais, sans reprendre les formules anciennes, il ne faut pas simplifier l’évaluation du problème. Dans ses éditions des 23/24 et 25 juillet, Le Monde a employé l’expression d’« esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les Juifs) ».

Le 24, La Croix est allée plus loin encore. Ne reprenant que la seule qualification d’« esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam », ce journal ignore le judaïsme, religion de « nos frères aînés » comme disait Jean-Paul II.

C’est occulter le « premier lieu saint », le Temple des Hébreux, sans oublier le Saint-Sépulcre des chrétiens situé à peu de distance. Une autre erreur est d’écrire mosquée au pluriel, alors qu’il n’y en a qu’une, El Aqsa.

Le dôme du Rocher ou « mosquée d’Omar » est en effet présenté à tort comme lieu de prière consacré au culte musulman communautaire. Sa célébrité vient de l’envol au ciel de Mahomet sur sa jument Bourak.

Ces présentations tendent à entretenir l’illusion dangereuse que seul l’islam peut se prévaloir de droits en ce lieu, avec des conséquences politiques dont on voit aujourd’hui les effets.

Le 16 juillet au cours de la commémoration de la tragédie du Vel’ d’Hiv’, le Président Macron assurait que «nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme».

Alors, souvenons-nous de la réception de Yasser Arafat à l’Élysée le 2 mai 1989, journée de la Shoah, ou l’an dernier de notre acceptation par l’Unesco d’une résolution sur Jérusalem orientée en faveur des seuls musulmans et, par voie de conséquence, des Arabes. Les années récentes nous ont tragiquement montré à quels excès ce soutien politico-religieux peut pousser dans nos milieux radicalisés.

Au lendemain de la première défaite des Arabes contre les Israéliens, on pouvait entendre ce propos : « Je serais fort étonné qu’en définitive Jérusalem ne fît pas partie de leur État, à la condition qu’il y ait pour Jérusalem un régime international qui assure les droits de la chrétienté ». C’était Charles de Gaulle en conférence de presse le 17 novembre 1948…