Je me lance, elle s’appelle Andréa Ros, elle écrit bien, si bien, qu’il faut me lire, pour ensuite la lire. Chroniques de vivantes, c’est le titre, d’un livre, d’un beau livre, enfin c’est son livre. La lecture commence ici…

Elle a écrit, elle a pris sa plume, et elle a dessiné des lettres rondouillettes, bien apparentes. Elle a pris son clavier, l’a placée sous ses doigts agiles et agités et a parlé. Elle parle, elle parle sans fin mais très bien, plus que bien.

Ce n’est pas une enfant, c’est une femme qui danse avec les doux mots de la langue française. Elle se hâte de déblatérer tout ce qui est dans la nature humaine : les belles plantes, les herbes folles, comme les mauvaises herbes.

Ce sont des lettres, qui s’échangent, qui défilent, qui se pavanent de raconter des histoires à suspense.

C’est une gourmandise, un kinder surprise. Je me lèche les papilles, les premiers mots se posent délicatement sur la page. J’en ai envie. J’ai envie d’en savoir plus sur cette femme, qui parle à qui, de quoi. Sur 2 sœurs qui se murmurent l’état psychologique d’un mobilier inconstant sentimentalement. Sur cette femme, qui parle de ce bonheur, qui de temps en temps se dissipe.

C’est une comédie musicale, tout le monde déchante, c’est un cri murmuré, incandescent. Le dénouement est grandiose, c’est l’apothéose.

C’est visuel, je vois la femme dans toute sa nudité, elle est tout sauf une ingénue nue, tout sauf un portrait rachitique, automatique sur papier glacé, elle se noie dans sa complexité, elle balance son insolence. Son identité se détache de la facticité du livre et se fond dans ma réalité. J’y crois jusqu’au bout des doigts. Je touche du bois.

Elle me parle à moi, je suis l’interlocuteur, je suis privilégiée, j’ai la sensation d’être la demoiselle à l’honneur. Elle me parle de moi, fillette à l’allure un peu narcissique, durablement altruiste, écologiquement progressiste. Elle me donne envie d’être elle, car c’est beau ce qu’elle suggère à longueur de pages. Elle, ou plutôt sa tonalité mélodramatique, procède à la mise en bouche d’un roman à palpitations. Je crépite.

Chaque ligne est une potentielle citation, que j’agripperai sur mon mur, blanc de sens.

Je suis dans le métro, et je m’accroche à chacune des lignes, je ne veux pas rater le sens d’un groupement de mots, si joli, si réfléchi. J’ai raté ma station, tant pis.

C’est un conte de fée, racontée par une poupée, qui joue à la poupée. C’est sans foi ni loi. Elle fait fi du danger, elle est impétueuse. Amoureuse à tout jamais.

« Laissons l’excès de côté pour l’instant, j’en ai trop l’usage d’en d’autres domaines »

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Chroniques de vivantes, Andréa Ros