A l’heure où des signes inquiétants apparaissent partout en Europe, le B’nai B’rith France a interpellé les têtes de listes européennes pour les élections du 25 mai. Les réponses des candidats sont publiées en exclusivité sur le Times of Israel.

Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen (droite) à la présidence de la Commission européenne

Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen (droite) à la présidence de la Commission européenne

Bruxelles, le 15 mai 2014

A l’attention de Monsieur Serge Dahan, Président du B’nai B’rith France

Cher Monsieur le Président,

M. Juncker a bien reçu votre lettre du 5 mai 2014, qui a retenu toute son attention. Il m’a demandé de vous répondre en son nom.

L’antisémitisme ne doit pas avoir de place en Europe.

M. Juncker condamne toutes les formes et manifestations de racisme et de xénophobie, y compris l’antisémitisme, car elles sont incompatibles avec les valeurs sur lesquelles se fonde l’Union européenne.

Tout au long de sa carrière, M. Juncker s’est battu, et continuera de se battre, pour une Union européenne qui chérit et promeut la liberté de culte et la diversité mais aussi qui, à travers notamment l’état de droit, protège les droits de citoyens à vivre leur vie comme ils le souhaitent.

Si M. Juncker devient président de la Commission européenne à la suite des élections au Parlement européen du 22 au 25 mai, il utilisera les instruments à la disposition de la Commission, dans le respect des pouvoirs conférés à l’Union par les traités et de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, pour lutter contre l’antisémitisme et pour protéger les droits des citoyens.

Sur vos questions plus spécifiques, M. Juncker tient à vous rassurer que les Etats membres doivent assurer la bonne transposition de la législation européenne en matière de racisme et de xénophobie.

Dans ce contexte, M. Juncker attire votre attention sur le rapport de la Commission européenne publié le 27 janvier 2014 relatif à la mise en œuvre de la décision-cadre 2008/913/JAI .

La réglementation européenne sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort rend obligatoire l’étourdissement des animaux destinés à la consommation humaine avant leur abattage.

Elle prévoit néanmoins une dérogation à cette obligation lorsque l’étourdissement n’est pas compatible avec les méthodes particulières d’abattage prescrites par des rites religieux relevant du libre exercice du culte.

Cette dérogation constitue un engagement positif visant à assurer le respect effectif de la liberté de religion et du droit à manifester sa religion ou ses convictions par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites, tel que le prévoit l’article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

En ce qui concerne la circoncision, cette question ne relève pas du droit de l’Union et la Commission n’a donc pas la compétence pour évaluer les cas référencés dans votre lettre.

La Commission sous la présidence de Jean-Claude Juncker s’engagerait à développer des relations politiques étroites avec Israël ainsi que des relations de commerce et d’investissement […].

La Commission sous la présidence de Jean-Claude Juncker s’engagerait à développer des relations politiques étroites avec Israël ainsi que des relations de commerce et d’investissement mutuellement bénéfiques dans le cadre de l’accord d’association entre l’UE et Israël.

Dans le cadre de la politique étrangère de l’Union, M. Juncker travaillera, en tant que Président de la Commission, pour soutenir le processus de paix au Proche-Orient, appelant toutes les parties à faire preuve de la plus grande ambition en faveur de l’instauration d’une paix durable et de la viabilité d’une solution fondée sur la coexistence de deux Etats.

Monsieur le Président,

Si Jean-Claude Juncker devient Président de la Commission, il n’hésitera pas, dans le cadre de ses fonctions et responsabilités, à appeler au bon sens et aux valeurs morales de tous les citoyens pour vivre dans une société où les différences de religions, de couleur et d’origine sont admises, respectées et considérées comme des atouts de notre Union.

M. Jean-Claude Juncker espère pouvoir compter sur votre appui dans ces actions tout au long de son mandat.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma sincère considération.

Martin Selmayr
Directeur de campagne « Juncker Président »