Les coups d’État et la République arabe unie

C’est le 17 avril 1946 que la Syrie célèbre la sortie des derniers soldats français et britannique de son territoire : c’est le début de l’indépendance du pays. Les hommes politiques ayant participé à cette indépendance, en l’occurrence, Choukri al Kouatli, Hachem Atassi, Saadallah Djabri, Djemil Mardam (Rondot 1998, p.40), font figure de héros national, mais leur capacité de gestion du pouvoir se révèle peu efficace.

C’est le début d’une grande instabilité qui se répercute par de nombreux coups d’État.

1948-1949, le conflit israélo-arabe éclate, résultant en une défaite pour les pays arabes avec des répercussions au niveau politiques catastrophiques.

Durant la même période, Choukri al-Kouatli devient président de la Syrie, chose qui ne dure pas longtemps puisqu’en mars 1949 ce dernier est destitué par le coup d’état du colonel Husni al-Zaim.

Ce coup d’État s’explique par une réparation suite à l’échec de la guerre, mais est également une chose nouvelle tant pour la Syrie que pour le monde arabe.

Suite à cela Husni al-Zaim devient président de la Syrie par l’appui populaire majoritaire. Son arrivée au pouvoir fut marquée par une série de mesure dont le droit de vote aux femmes, la hausse des taxes, attirant à la fois la grogne des hommes d’affaires et des hommes religieux. Toutefois, Husni al-Zaim a été exécuté à cause de sa trahison envers le fondateur du parti social nationaliste syrien, Antoine Saadé, qu’il exécute (Abasa 2010).

Cette trahison reste difficile à avaler pour les militants du parti socialiste national et surtout pour un membre de ce parti, le colonel sami al-Hinnawi qui a par la suite exécuté le président et prend le trône (Rondot, 1998, p.44). C’est le deuxième coup d’État de la Syrie.

La période de Sami al Hinnawi est marquée par le renouement des liens avec l’Iraq, chose qui a été tenue jusqu’en décembre 1949 avec un autre coup d’État initié par le militaire Adib Chichakli.

La période de Chichakli est un réel épanouissement de la vie politique marquée par une constitution proclamée. Toutefois, l’occurrence de quelques petites crises déstabilise le volet politique durant cette période.

L’un des éléments majeurs est la proposition du gouvernement américain d’intégrer les plaines fertiles du DJÉZIREH palestinien à la Syrie (Souiah 2007).

Des partis politiques, tels le parti socialiste arabe ou encore le parti Ba’ath refusent cette proposition en affirmant qu’il s’agit d’une condamnation les Palestiniens assurant leurs non-retours.

Face à cette objection, le colonel Chichakli refuse également.

Finalement le 25 février 1954, Chichakli est renversé par le colonel Hachem al-Atassi : le troisième coup d’État. Des élections sont déclenchées et Choukri al-Kouatli est le nouveau président de la Syrie. Ceci étant dit, cette période marquant les divers coups d’État qu’a connue la Syrie n’a pas abouti en une réelle prospérité sur le plan économique.

Ensuite, quelques facteurs géopolitiques viennent déstabiliser la Syrie.

En 1955, le pays refuse d’adhérer au pacte de Bagdad qui regroupe plusieurs pays de la région comme le Pakistan, l’Iraq, la Turquie, etc., dont le but est de contrer la montée de l’Union soviétique (Picard 1980). Bien qu’affichant une certaine neutralité par rapport à cela, la Syrie signe un traité de coopération économique et technique avec Moscou.

Il est important de souligner que le pacte de Bagdad est un élément majeur de l’union de la Syrie avec l’Égypte sous le nom de la République arabe unie. Ceci est dû, d’une part, à la menace de l’Iraq sur la Syrie faisant partie toutes deux du pacte de Bagdad. D’autre part, la montée du parti communiste syrien, principal rival du parti Ba’ath accentue l’importance de l’union avec l’Égypte (Rondot, 1998, p.50).

Ainsi, certains officiers égyptiens se rendent en Syrie pour négocier l’unité. Le 1 févier 1958 (Souiah 2007), la République arabe unie voit le jour. Cependant, l’emprise qu’a l’Égypte sur la sphère politique syrienne est grandissante. Par exemple, la dissolution des partis politiques syriens décidés par Nasser, le président de l’Égypte à l’époque. Le 28 septembre 1961 marque la fin de la République arabe unie par un coup militaire à Damas (Picard 1980).

La République arabe syrienne est proclamée. En somme, la période qui suit l’indépendance de la Syrie est marquée par l’incapacité de diriger le pays en tant qu’une nation unie marquée par la succession des coups d’État et d’une alliance échouée.

La perte du Golan, lors de la guerre des six jours, en 1967, affaiblit le parti Ba’ath et les instances militaires, ce qui provoque un désir de changement interne. C’est alors que le ministre de la défense, Hafez al-Assad, et les éléments nationalistes du parti, mènent un coup d’état éclair.

Hafez al-Assad lance une série de réformes, établit une constitution et remet la Syrie sur l’échiquier régionale et internationale.

Le prochain billet nous dévoilera la vision économique qui est ouvertement  »pro-travailleurs », syndicaliste, socialiste et anti-impériale. Il redistribuera les richesses, les terres (avec sa réforme agraire) et mettra les fruits de l’économie syrienne à la disposition du peuple.

Merci à l’équipe économique syrienne pour son travail. Notamment Ahmad Avin, Berisha Trim, Mohamed Iman et Mounaji Mehdi