Ma passion pour Sion est connue et reconnue de longue date. Cet amour pour ma terre est une romance, une belle histoire. Après le coup de foudre, le mariage et la nuit de noce, place maintenant à la fécondité. Généreuse et génitrice, cette terre abondante m’a tant donné. J’ai décidé de lui faire don de ce que j’avais de plus cher.

Cela va faire 14 ans que j’habite sur notre sol ancestral. Ma dévotion s’est déclinée sous plusieurs formes. D’abord l’alyah, la découverte du pays et de sa langue. Ensuite l’armée, le sacrifice de mes plus belles années. La guerre, cet été où tout a failli basculer. Les études et le volontariat, le meilleur que je pouvais donner de moi.

Pendant toutes ces années l’impression de toujours tout donner dominait. Sont à leur tour venues toutes ces taxes, qu’en bon citoyen, je n’avais d’autre choix que de m’acquitter (fini les privilèges d’olé hadash).

Force est de constater, après quelques années que le pays est parfois enclin à me prendre davantage que je ne suis prêt à lui donner. Ceci est probablement le coût de la fleur de l’âge. Evolution inévitable. Après les années d’adolescence, viennent les années de maturité avec la prudence et parfois aussi la sagesse. L’envie de jouer ma peau a mué. Sans que ma flamme ne s’amoindrisse. C’est ainsi que la plume est devenue mon nouvel outil. Pour que jamais le feu ne s’éteigne, que les braises demeurent ardentes.

L’eau à continué de couler le long du Jourdain et comme dans de nombreuses relations amoureuses, il a fallu y apporter un nouveau souffle. J’ai alors décidé de jeter de l’huile sur le feu. En d’autres termes, je suis passé à l’acte, à l’acte sioniste ultime. Je suis devenu Papa en Israël !

C’est alors que ma relation a changé de dimension. Auparavant je n’étais parvenu à tant contribué au pays. Ironique. Je suis depuis six mois en période d’hibernation prolongée, ne faisant rien d’autre que de m’occuper de mes femmes et les allers-retours vers mon lieu de travail. Pourtant c’est durant cette période de nidification que je réalise l’ampleur et la portée de la démarche sioniste.

Ce chemin qui incite à quitter une terre pour en épouser une autre. De venir faire fleurir un sol autrefois aride, de planter notre germe envers et contre tout. Pour enfin voir naître le fruit de cet amour, ma fille. Elle seule sera le gage de ma pérennité, elle est le symbole de mon alliance indéfectible.

L’amour infini que je ressens pour ma terre, pour ma fille, relève de la même nature. Il est intense. Tout en puissance. Il jaillit, éclate, déborde, inonde et rafle tout sur son passage. En rien dévastateur, à tout égard salvateur. Il est immortel et il me perpétuera. À elle je transmettrai mon flambeau.

Sans elle, toute mon entreprise aurait été limitée à ma petite personne. Aucune trace durable n’aurait été laissée.

Peupler la terre d’Israël est plus qu’une mistvah, c’est une vocation, c’est une victoire. Un triomphe !

C’est la première fois qu’un acte désintéressé, aussi pur me donne tant de joie. Je suis papa en Israël.

Je fais aujourd’hui partie de la chaîne de la vie, mon existence reprend tout un sens. Rien de tel pour fêter dignement et fièrement les 70 ans de notre unique terre !

Hag Hatsmaout Sameah.