Je regrette de devoir emprunter la formule d’Emile Zola dans l’affaire Dreyfus, mais oui, j’accuse. Je m’accuse, je nous accuse, nous nous accusons tous. D’avoir pris à la légère les signes alarmants d’un terrorisme juif – parfaitement terrorisme – et de se concentrer sur les préoccupations quotidiennes.

J’accuse les services de la sécurité intérieure, excellents face aux menaces islamistes, d’avoir négligé l’activité de ces criminels psychopathes. C’est une grave bavure de la Branche Juive du Shin Beth, ne parvenant pas à infiltrer les milieux ultras de cette jeunesse pourrie, se croyant émissaires de Dieu et du Messie.

La raison principale en est la difficulté de trouver parmi ces groupes des informateurs disposés à « trahir » leurs amis, contrairement aux informateurs arabes en Cisjordanie et à Gaza prêts à le faire non par idéologie mais pour des avantages financiers. Or, les ultra-juifs sont des durs à convaincre, et encore moins à acheter.

J’accuse aussi, et peut être surtout, certains Rabbins ayant empoisonné systématiquement les esprits de ces jeunes.

Prêchant que les non-juifs sont des ennemis, qu’Israël est maudit et non leur patrie, que tous les musulmans sont à abattre et à titre général que ceux qui sont différents sont à éliminer – et les résultats tragiques sont là.

J’ai honte aussi. Honte de voir des compatriotes, appartenant à la même nation, me salir, nous salir, la salir.

Honte de faire partie de la même société, vivant dans le même pays, les avoir peut être croisé sans donner l’alarme : « Assassins, terroristes ». J’ai honte, en dépit de mon athéisme profond, de faire partie d’une religion transformée par ces psychopathes en un nid de vipères.

Qui aurait imaginé qu’en l’espace de quelques jours cette haine gratuite mettrait le feu dans un foyer d’une famille arabe paisible, brûlant vif un enfant de 18 mois et blessant grièvement sa famille.

Que des jeunes ultra-orthodoxes agresseraient les soldats venus par ordre du tribunal pour démolir des constructions illégales.

Qu’une adolescente serait victime, poignardée à mort par un assassin récidiviste, ultra agissant selon lui au nom de la religion, uniquement car elle a participé à une parade Gay à Jérusalem.

Actes suivant de peu la mise à feu de « l’Eglise des poissons et du pain » au bord du lac de Tibériade, crime dont les deux auteurs ont été arrêtés.

Contrairement aux incendiaires assassins, lesquels courent toujours. Et toute cette série de crimes a un dénominateur commun : nationalisme, fanatisme, messianisme, racisme, et volonté de torpiller les fondements d’Israël.

Pourtant, l’avertissement était inscrit en grandes lettres sur le mur. Puisque depuis 1980, 12 actes terroristes juifs ont été commis (sans compter les récents), soit par réseaux clandestins soit par des individus isolés. Les responsables ont été jugés mais la plupart d’entre eux ont retrouvé la liberté.

Et ce n’est pas fini, car la folie de ces ultras ne fait que se déchainer, même contre le President Rivlin et le Premier Ministre Netanyahu, pour avoir osé exprimer leur indignation et condamner ces actes. Suite à quoi s’en suivit un déchainement sur les réseaux sociaux de menaces de mort. Comble d’audace et d’horreur.

Pour l’heure on vient d’arrêter un jeune ultra, soupçonné d’être l’instigateur de cette champagne de la haine. Il s’agit de Méïr Etinger, petit fils de Méïr Kahane, pionnier de ce genre d’activisme, assassiné aux Etats-Unis il y’a plusieurs années, par un musulman (acquitté d’ailleurs).

Quoi d’étonnant ? La violence provoque la violence. Et des mauvais vents soufflent sur Israël. Le ciel si bleu s’assombrirait-il par ces nuages noires ?