Certains pensent que le conflit israélo-palestiniens ne pourra être réglé qu’à chaud, je me demande si Abbas n’a pas reçu ce message lors de son dernier voyage à Paris… Vu le regain de violence en Israël de ces dernières semaines.

Le Secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger qui réunissait à Washington quelques mois avant la Guerre de Kippour les Ambassadeurs des pays arabes, leur déclara que les Etats-Unis, ne voyaient pas comment ils pouvaient s’investir pour régler le conflit au Proche-Orient, vu le calme relatif qui régnait dans la région, sous-entendu… Seule une situation conflictuelle pourrait inciter les USA à tenter une initiative pour faire bouger les choses…

M. Kissinger tint sa promesse, après le déclenchement de l’attaque égyptienne « Guerre de Kippour » il ne cessera d’agir pour mettre fin à l’état de guerre entre l’Egypte et Israël, soit le plus grand et le plus puissant pays arabe en conflit jusque-là avec Israël.

Tout le monde connait la suite, le voyage historique du Président égyptien Anouar El Sadate à Jérusalem, fin 1977, se déplaçant dans la capitale juive annexée par Israël suite à la Guerre des 6 Jours, c’est dire quel fut le geste politique grandiose et courageux que fit ce Grand Homme d’Etat que fut M. Sadate, salué par la majorité des pays désirant en finir avec ce conflit…

Mais telle n’était pas à priori la position de la France de Valéry Giscard d’Estaing, comme beaucoup d’entre vous qui me lisez peut-être, n’étaient pas nés en 1977, jour historique de ce fameux voyage de M Sadate, je me dois de vous conter l’épisode symptomatique, qui a forgé mes analyses concernant le rôle néfaste que joue la diplomatie française dans ce conflit, si j’avais déjà des craintes après la Conférence de Presse de De Gaulle en Novembre 1967 (à voir absolument sur Youtube) après cette interview de Giscard en ce fameux jour, désormais ce fut clair.

Pour se remettre dans l’atmosphère de ce voyage historique, en 1977, alors que le monde entier saluait le geste magnifique de M. Sadate venu serrer la main de ses ennemis d’hier, pour leur offrir de faire la Paix, à Jérusalem même, voilà ci-dessous ce que répondit M. Valéry Giscard d’Estaing invité du 20H au journal télévisé, interrogé par le journaliste vedette de la chaîne :

Journaliste de France 2 s’adressant au Président français : Monsieur le Président que pensez-vous de ce voyage historique du Président égyptien à Jérusalem ?

Valery Giscard d’Estaing, Président de la France : Je ne vais pas vous dire que je ne suis pas content… Mais vous connaissez la position de la France… Elle n’est pas favorable à une paix séparée, la France aurait plutôt souhaité que tous les chefs d’états arabes en guerre avec Israël se déplacent ensemble pour signer une paix globale et définitive…

Voilà résumée dans cette posture, la politique de la France depuis le début, se voulant toujours être plus royaliste que le Roi, la France qui fait la fine bouche, la France qui veut la paix… Mais… Une paix impossible…

En principe ce devrait être une position irréprochable sauf qu’en fait, cette position mène au blocage des processus en cours ou à venir, comme on peut le constater jusqu’à ce jour.

Je vous demande d’imaginer quel coup de massue je pris sur la tête après cette interview, comment ? Alors que ce voyage eût plus d’effet dans le monde que les premiers pas sur la lune d’Amstrong, la France par la voix de Valéry Giscard d’Estaing en personne se mit à pleurer comme si c’était un jour de deuil pour notre pays, et critiqua incroyablement ce geste magnifique du President égyptien (qui pour moi fut le plus beau du 20ème Siècle avec celui de N. Mandela) allant même par la suite, jusqu’à le condamner ?

Il faut que tout le monde sache que ce voyage avait même été jugé un peu plus tard par la France comme une traîtrise de l’Egypte vis-à-vis des autres pays arabes en conflit avec Israël, c’est incroyable mais vrai, et c’est à partir de cet épisode que date ma méfiance vis-à-vis de la politique française au Proche-Orient, méfiance toujours de mise depuis, mais je ne demande qu’à être contredit par les faits, pour le moment, rien d’encourageant ne se profile pour se faire…

Près de 40 ans ont passé, la Jordanie a également signé un traité de paix avec Israël, la Syrie n’a pas fait de même et on voit ce qu’il est advenu de ce pays.

Peut-on imaginer ce qu’il serait advenu dans cette région, pour Israël d’abord, et pour ces pays qui ont signé un traité de paix avec Israël, si M. Sadate n’avait pas pris cette initiative extraordinaire condamnée par la France ?

Pas plus tard que le 22 Septembre dernier, M. Abbas, avant d’aller se produire à l’Assemblée Générale de l’ONU, fit un détour par Paris comme de coutume, on ne sait trop pourquoi, à moins que ce ne fut pour mettre au point le stratagème Made in France-Palestine, il y rencontra M.Hollande, en tout cas cette entrevue n’a pas eu l’air de calmer les ardeurs de M. Abbas, même l’effet inverse, son discours infâme à New-York le prouve.

Je me demande encore pourquoi donc la France persiste dans son soutien inconditionnel à l’Autorité Palestinienne de M. Abbas, pourquoi continuer dans cette voie qui ne mène à rien, où ne mène au contraire qu’à encourager Abbas à plus d’intransigeance et par-là même à faire que la paix s’éloigne un peu plus, ces rencontres étant toujours infructueuses et inutiles.

Jusqu’à quand ce jeu va-t-il continuer ? Combien de temps, combien d’années encore, la France va-t-elle persévérer dans l’erreur, si c’est une erreur et pas une stratégie, de croire que c’est en caressant dans le sens du poil les palestiniens qu’elle arrivera à satisfaire sa communauté arabe, et qu’elle sera épargnée ?

Et ce n’est pas l’épisode de la remise de la Médaille par la Ville de Paris ou la présence de Fabius, seul diplomate de haut-rang au lever du drapeau palestinien à l’ONU qui ôtera mes suspicions et doutes à l’encontre de sa diplomatie équivoque…

La France va dans le mur, il faut qu’elle cesse de croire qu’elle gagnera à ce jeu, tout le laisse croire, c’est exactement l’inverse qui se produit, elle est en ligne de mire des terroristes et seule la voix de la vérité et de la force sera considérée à sa juste valeur par les extrémistes arabes notamment, il est encore temps que sa diplomatie se ressaisisse et qu’elle favorise la paix entre israéliens et palestiniens en étant l’arbitre que le monde attend qu’elle soit, LOYALE envers les DEUX protagonistes, si elle désire vraiment la paix, elle doit bien le savoir… Il faut être deux pour la faire !!!