Israël, une influence au-delà des crises
Des Émirats au Maroc, de la République démocratique du Congo à l’Inde, les relations d’Israël avec le reste du monde révèlent une réalité que les crises politiques ne suffisent pas à effacer.
Le 1er septembre 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, rencontrait en Israël le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Au programme figuraient l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, la santé, les technologies, la sécurité, la formation et l’investissement. Quelques semaines plus tard, Benyamin Netanyahou était reçu par le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed. Ces rencontres, sur deux continents, posent la même question : comment comprendre la place qu’Israël continue d’occuper dans les projets et les calculs d’autres États ?
La réponse ne tient pas dans une seule formule. Israël est vivement critiqué pour sa politique, notamment au regard des droits humains et du droit international. Pourtant, des gouvernements maintiennent le dialogue avec lui, tandis que d’autres développent des partenariats dans des domaines où ils lui reconnaissent une expertise. Cette coexistence entre désaccords politiques et coopération pratique est l’un des traits les plus frappants de sa présence internationale.
En Afrique, des partenariats à construire et des actions déjà visibles
La visite de Félix Tshisekedi mérite une attention particulière. La République démocratique du Congo et Israël ont exprimé leur volonté de donner une nouvelle dimension à leurs relations. Pour la RDC, les domaines évoqués touchent à des besoins essentiels : produire davantage, améliorer l’accès à l’eau, renforcer les soins et développer des compétences. Le véritable enjeu sera désormais de transformer ces discussions en réalisations mesurables pour la population congolaise.
Ailleurs sur le continent, l’action peut prendre une forme plus immédiate. Au Cameroun, l’ambassade d’Israël a remis en 2025 des équipements de filtration d’eau à un hôpital de Douala. L’ampleur de cette initiative est sans commune mesure avec celle d’un partenariat entre chefs d’État, mais sa valeur se comprend facilement : une coopération internationale prend tout son sens lorsqu’elle répond à un besoin identifié sur place.
En Inde, la preuve de la durée
L’Inde offre un autre éclairage. Son partenariat agricole avec Israël s’est développé autour de centres où des professionnels travaillent sur les cultures, la qualité des plants et l’utilisation de l’eau. Il ne s’agit pas d’appliquer partout une méthode identique : les techniques doivent être adaptées par les partenaires indiens aux réalités de leurs régions.
En janvier 2026, les deux pays ont décidé d’explorer une extension de cette coopération à la pêche et à l’aquaculture. Les résultats de cette nouvelle étape restent à venir. Mais la décision de poursuivre le travail dans un autre secteur montre qu’une relation fondée sur des connaissances utiles peut s’approfondir au fil du temps.
Au Moyen-Orient, la force du dialogue maintenu
La rencontre confirmée entre Benyamin Netanyahou et Mohammed ben Zayed rappelle que les relations avec les Émirats arabes unis demeurent un fait diplomatique majeur, même dans une période de fortes tensions régionales. Certains médias ont également fait état de la présence de représentants d’autres pays arabes lors de discussions récentes. Cette information n’a pas été confirmée dans le compte-rendu officiel émirati ; elle appelle donc de la prudence.
Avec le Maroc, la relation est plus ouvertement documentée. En septembre 2026, des responsables marocains, israéliens et américains ont discuté de mesures destinées à développer les liens diplomatiques, les investissements et les liaisons aériennes. Là encore, les annonces devront être suivies d’effets. Leur existence montre néanmoins que la coopération reste à l’agenda.
La présence israélienne ne s’arrête ni à l’Afrique ni au Moyen-Orient. En Ukraine, un système de purification de l’eau fourni avec l’appui israélien a été installé à Vorzel. Au Panama, les dirigeants des deux pays ont discuté en 2026 d’une coopération accrue dans l’eau, la santé, l’agriculture et la technologie. Ces initiatives sont différentes par leur nature et leur portée ; elles ne doivent pas être confondues. Ensemble, elles montrent la variété des relations qu’Israël entretient à travers le monde.
Il serait excessif d’écrire que presque tous les États se tournent vers Israël, ou de prétendre connaître les échanges qu’ils choisissent de garder discrets. Les faits publics permettent une conclusion plus solide : malgré les critiques et les crises, Israël continue d’être sollicité, reçu ou choisi comme partenaire dans plusieurs régions du monde.
Son influence ne se résume donc ni à une photographie de dirigeants ni à une liste d’accords. Elle se jugera à ce que ces relations produisent : des compétences transmises, des besoins satisfaits et des engagements réellement tenus. C’est sur ce terrain, celui des résultats, que l’avancée d’Israël dans le monde peut être racontée avec le plus de force.

