Le mot d’ordre de Benjamin Netanyahu, qui annonce la volonté d’Israël de raffermir ses liens diplomatiques, humanitaires et commerciaux avec le continent africain, s’est illustré par une visite dans quatre pays africains. Il est intéressant d’envisager quelle suite concrète sera donnée à ces retrouvailles émouvantes qui se sont déroulées sous le feu des caméras.

En effet, si l’on considère que le commerce bilatéral entre la Chine et l’Afrique atteint 240 milliards de dollars, on comprend qu’Israël veuille lui aussi avoir sa place sur un marché en pleine expansion.

Les quatre pays africains visités par le Premier Ministre sont tous anglophones et/ou partagent des liens historiques avec Israël, à savoir l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et l’Ethiopie. Ce choix est surtout conforté par le classement des pays par PIB, réalisé par le FMI.

Pour autant, le classement par PIB n’est pas le seul facteur à prendre en compte. L’indice global de compétitivité, évalué par le World Economic Forum, offre un autre classement : Maurice arrive en première place des pays africains suivi par l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Botswana, la Namibie, la Côte d’Ivoire, la Zambie, les Seychelles, le Kenya, le Gabon, l’Ethiopie, le Sénégal, le Cameroun, le Ghana, le Benin, le Nigeria… Il faut en conclure que d’autres pays, notamment francophones ne doivent pas être négligés en termes de débouchés.

Raffermir les liens commerciaux, c’est garantir les relations commerciales. Aussi, l’un des outils que propose le droit international est la conclusion de traité bilatéral d’investissement (TBI), lequel est un traité entre deux pays qui fixe des protections légales pour les investissements étrangers. Ces accords peuvent notamment permettre aux investisseurs, ayant la nationalité de l’autre État signataire, d’enclencher une procédure judiciaire d’arbitrage international en cas de rupture du traité par l’un des États signataires, par un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats (CIRDI).

A ce jour, un seul TBI a été ratifié entre Israëll et un Etat africain, l’Ethiopie. Bien qu’Israël ait signé un TIB avec l’Afrique du Sud le 30 mars 2009, la ratification sud-africaine n’a pas été achevée. Nous ne pouvons qu’encourager l’Etat d’Israël à conclure ce type de traité avec les pays africains de l’Est comme de l’Ouest.

La conclusion de TBI ne règlera pas d’un seul coup de baguette l’écart entre Israël et les pays africains en terme de commerce mais il peut contribuer à établir un climat de confiance propice au développement de relations commerciales et pérennes.

L’Afrique sub-saharienne est mal connue des opérateurs économiques israéliens tant sur le plan économique que culturel. Or, le marché africain constitue le marché naturel des start-ups israéliennes en ce qui concerne l’eau, l’énergie renouvelable, les compagnies de technologie agricole, la santé, la technologie, le tourisme… Toutefois, le « doing business » en Afrique, doit être appréhendé car il se conçoit différemment qu’aux Etats-Unis.

Du côté africain, il sera aussi intéressant de voir dans quelle mesure les entreprises africaines vont réussir à pénétrer le marché israélien.

Affaire à suivre…

Tsipora Aurore PRINCE AGBODJAN, Prince A. Law