Une autre saison politique se termine, et, comme je l’ai fait ces dernières années, j’aimerais vous entendre et vous lire.

Je suis l’actualité internationale depuis que je suis tout petit. Camelot pour le Journal de Québec à l’école primaire, trop souvent ma livraison était en retard parce que je lisais les pages internationales en route.

Plus tard, jeune adolescent, c’est avec ma radio à ondes courtes – oui, il y a un avant internet… – que j’explorais les lointaines contrées et tentais de comprendre les débats, les conflits et les enjeux qui s’y déroulaient.

Ce fût suivi par une période intense de voyage, d’abord comme étudiant, puis comme député fédéral canadien et maintenant pour mon travail et personnellement.

Je dois avouer mon étonnement constant devant les réactions aux différents conflits, réactions qui semblent avoir plus de rapport avec les protagonistes qu’avec les conflits eux-mêmes.

Je lisais cette semaine qu’au Yémen, plus de 3 000 personnes – dont 1 500 civils – étaient mortes dans le conflit qui s’y déroule entre les Houthis (appuyés par l’Iran) et les Saoudiens. 80 % de la population yéménite – qui se situe à 25 millions – aurait besoin d’aide humanitaire.

La Syrie est à l’agonie. La guerre civile y a fait entre 230 000 à 320 000 victimes (selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme) et forcé plus de 9 millions de Syriens à quitter leur foyer en quatre ans et quelques mois.

L’État islamique commet atrocité après atrocité, tuant, massacrant, violant, décapitant, exécutant publiquement, crucifiant, réduisant femmes et enfants au pire esclavage, et pourtant, silence.

L’Iran a mis à mort plus de gens sous le supposé leadership modéré du président Rouhani que sous celui du lunatique Ahmadinejad. Les homosexuels et les minorités telles que les Bahaïs y sont réprimés.

(Je ne parle même pas de l’Afrique, qui mériterait pourtant tellement plus notre attention, d’autant plus que l’avenir de la francophonie internationale s’y trouve.)

Pourquoi nos rues sont-elles vides de manifestants dénonçant ces conflits et ces situations ? Pourquoi nos politiciens ne reçoivent-ils pas des courriels par centaines ? Pourquoi les activistes de la société civile sont-ils si silencieux ?

Mais si Israël est impliqué, les téléjournaux en font leurs premières nouvelles et les journaux leurs premières pages.

Les réseaux sociaux s’enflamment, les lignes ouvertes radiophoniques s’insurgent et les rues se remplissent de manifestants. Les chroniqueurs qui osent avoir une position nuancée au lieu de pro-palestinienne militante se font lancer des insultes et sont intimidés.

Qu’est-ce qui explique cela ? Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Pourquoi l’implication du seul État juif change tant la donne ? Pourquoi une mort dans une bataille entre Juifs et Arabes prend-elle plus d’importance que si des centaines d’Arabes sont massacrés par d’autres Arabes ?

Est-ce notre familiarité avec les villes et villages de la Terre Sainte ? Est-ce parce que, même dans nos société déchristianisées, les noms de Jérusalem, Bethléem, Nazareth, Tibériade, Judée et Samarie – pour ne nommer que ceux-là – raisonnent encore tellement ? Est-ce parce qu’Israël fait partie de notre inconscient occidental historique collectif ?

Est-ce parce que, par une forme de racisme inversé, on s’attend plus des Juifs que des Arabes, tel que je me le suis fait dire tellement de
fois ?

Pourquoi une telle charge émotive sur un conflit si lointain ? Imaginez : il m’était plus facile, quand j’étais député du Bloc québécois, de parler d’indépendance du Québec à Winnipeg, Calgary, ou Vancouver que d’avoir un débat serein au Québec sur le conflit israélo-arabe.
Pourquoi ?

J’ai des idées bien arrêtées sur le Proche-Orient, qui incluent notamment un État palestinien pacifique et viable à côté – et non à la place – de l’État juif d’Israël, une opposition répétée aux implantations en Cisjordanie/Judée-Samarie, et bien d’autres que j’ai énoncées dans plusieurs écrits (ici et ailleurs).

À ceux qui m’écrivent – régulièrement ou moins – merci. J’aime dialoguer avec vous, même si nos opinions peuvent différer, si c’est fait de façon respectueuse. À ceux qui ne m’ont pas encore contacté, mais qui désirent le faire, n’hésitez pas; je ne mords pas.

Bon été.