La dernière visite de la Chancelière Angela Merkel à Jérusalem a renforcé les relations bilatérales entre les deux pays. Plus que jamais, ces rapports sont au beau fixe et sont de loin plus amicales et plus fructueuses que celles que nous avons avec la France.

L’Allemagne est notre partenaire commercial le plus important de la planète juste après les Etats-Unis. Les importations israéliennes représentent au total presque trois milliards de dollars.

Alors que la France avait imposé un embargo sur les armes, la République Fédérale d’Allemagne nous a fourni du matériel militaire, notamment plusieurs sous-marins. Nous entretenons avec les Allemands de nombreuses relations scientifiques et universitaires ; contrairement à d’autres pays européens, dont la France, le boycott et la délégitimation ne font pas recette à Berlin, les campus sont chaleureusement ouverts aux professeurs, aux chercheurs ainsi qu’aux étudiants israéliens.

L’Allemagne combat l’antisémitisme par tous les moyens. Contrairement au gouvernement français, la politique de la chancelière est constante, les promesses sont tenues notamment sur les visites officielles.

La politique vis-à-vis du départ des forces iraniennes et russes de Syrie et le droit d’Israël à se défendre par lui-même est claire et sans aucune ambiguïté. Merkel comprend parfaitement que les raids israéliens contre l’Iran et le Hezbollah soient nécessaires pour la sécurité de l’Etat juif.

Certes, il existe des divergences, qui le sont d’ailleurs avec l’ensemble des pays de l’Union européenne, sur les implantations et la solution du problème palestinien, mais avec Merkel cela se dit en toute amitié et franchement, et non pas par des leçons moralistes. C’est le cas pour l’application de l’Accord nucléaire avec l’Iran.

Dans le combat contre le terrorisme de Daesh et des pasdarans iraniens en Europe, l’Allemagne collabore étroitement avec les services secrets israéliens, les informations précieuses fournies par le Mossad ont déjoué des dizaines d’attentats sur le sol européen.

Ce n’est pas la première fois qu’un chancelier allemand effectue un voyage en Israël mais chaque visite nous plonge dans la mélancolie et le souvenir d’un passé sombre et douloureux. Face à la banalisation quotidienne de la Shoah et à la multiplication des actes antisémites, la visite de la chancelière à chaque fois à Yad Vashem prouve que les leaders actuels de l’Allemagne ne pourront jamais gommer la barbarie nazie de notre mémoire individuelle et collective. Le syndrome de la Shoah continuera de nous hanter car les menaces proches et lointaines sont ici, et en Diaspora, omniprésentes.

Cependant, qui aurait imaginé dans les années 1930 une rencontre officielle et amicale entre Allemands et Juifs à Jérusalem ? Entre plusieurs ministres venus spécialement de Berlin pour discuter avec leurs homologues israéliens de l’avenir des relations économiques, culturelles, scientifiques et militaires entre les deux pays amis ?

Il est regrettable que la presse minimise la portée de cette visite et a focalisé ses articles et reportages sur des soi-disant tensions et malentendus concernant un événement insignifiant dans les relations internationales : le démantèlement d’un campement bédouin illégal près de Jérusalem, ignorant comme d’habitude et méchamment, qu’il s’agit de l’application d’une décision de la Cour suprême.

Dans ce contexte, la visite de la chancelière Angela Merkel avec son impressionnante délégation ministérielle est plus que jamais importante pour renforcer et consolider nos relations dans tous les domaines et sur tous les plans.

Enfin, preuve supplémentaire de la spécificité de nos relations : Madame Merkel a choisi de visiter exclusivement Israël. Elle a refusé de suivre les autres chefs d’Etat européens, particulièrement français, en ne se rendant pas comme de coutume chez les Palestiniens…

Cet article a été publié le 4 octobre 2018 sur le site http://jcpa-lecape.org/