Le peuple d’Israël est il le peuple élu ? Et que signifie cette élection ?

Selon la Torah, et c’est d’ailleurs en la recevant , qu’Israël est devenu un peuple. (Auparavant les Hébreux vivaient en tribus connues sous le nom de Bnei Israel)

Peuple élu par Dieu, lors de l’Alliance conclue au pied du Mont Sinaï, pendant la sortie d’Egypte des Hébreux.

Les alliances précédentes étaient passées avec des individualités exceptionnelles : Noé, Abraham, Itshak, Jacob, ou Joseph, mais pas avec un peuple tout entier.

La toute première alliance de Dieu a été faite à Noé, avec la promesse (incarnée par l’arc-en-ciel) de ne plus jamais détruire le monde. Cette alliance s’adresse donc à toute l’Humanité de façon globale (avec les Sept Lois noachides), ainsi qu’à toute formes de vies.

Plus tard, Dieu a de nouveau passé une alliance, cette fois avec Avraham, qui concernait les peuples issus de la nombreuse lignée de celui-ci, ainsi que pour bénir toutes les nations du monde. Mais il n’y avait toujours pas de peuple élu.

C’est au pied du mont Sinaï, pour la troisième fois, que Dieu renouvelle une alliance, et cette fois IL le fait, à travers Moise notre Maître, avec tout un peuple : le peuple d’Israël.

Et ce n’est plus, comme précédemment, une simple bénédiction divine a sens unique, mais plutôt une sorte de contrat liant les deux parties. D’un côté Dieu, et de l’autre un peuple témoin et acteur de Sa Providence.

Citons le prophète Isaie : Vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, le serviteur que j’ai choisi… Ou bien encore : ce peuple je l’ai choisi pour Moi, pour qu’il publie Ma gloire.

Quelle est donc la véritable « élection » d’Israël au sein des nations ? La réponse, en une phrase simple, selon les mots d’Isaie : élu pour servir et témoigner de Dieu au sein de l’Humanité.

Quels sont les devoirs que contient ce contrat ? L’engagement au respect des lois Divines (la Torah) et la circoncision sont les témoignages concrets de l’acceptation par ce peuple de cette élection. Le reste du destin du peuple juif appartient au Créateur.

Il est important de noter que le mot juif se dit « Yéhoudi » en hébreu, tiré du nom de « Yéhouda » et du verbe « Léodiah », qui signifie annoncer. Le juif est donc un annonciateur…

Et cette qualité de témoin, le peuple juif la porte, qu’il le veuille ou non. Il ne peut pas échapper au « regard » de Celui qui l’a choisi. Cette élection est irréversible, et ne dépend point des actions des hommes et de leurs mérites.

Israël est donc bon gré mal gré a tout jamais lié au dessein divin, nonobstant son comportement. Ce qui ne contredit pas le fait qu’il doive tout de même assumer ses responsabilités face aux Hommes et à l’Histoire.

Car comme toute élection, celle-ci entraîne certains privilèges, mais aussi certains devoirs pour l’élu. En l’occurrence, un rôle donc de témoin, de guide, d’éclaireur, de serviteur au besoin, mais surtout pas de dirigeant . Le Talmud dit que si l’Humanité est un corps, Israël en est le cœur. » Pas le cerveau !

Pas l’organe qui dirige, mais celui qui insuffle l’énergie vitale tout de même. Car, en y réfléchissant, il ne peut pas être dans les intentions de Dieu de vouloir que le peuple qu’IL a choisi domine les autres nations pour les asservir a son propre profit.

Ou alors, Il contredirait Lui-même toutes Ses alliances précédentes et Son propre dessein… Impensable ! Le peuple juif est dons obligé de respecter ce contrat, sous toutes ses formes, et avec toutes ses conséquences.

Citons le Rav Tsvi Yehuda Kook : « Dans toutes les nations peuvent se trouver des individus d’ une moralité supérieure, mais leur sainteté est au niveau de l’individu. La spécificité d’Israël est que la sainteté appartient à la collectivité, à l’ensemble du peuple juif… »

Pas à chaque juif en particulier, mais au peuple d’Israël en tant qu’entité .

Ironiquement et fatalement, cette notion de « peuple élu » donne une impression de favoritisme par rapport au reste des humains, impression entretenue aussi par l’expression : Israël est une lumière pour les nations (Or la goyim en hébreu).

Mais pour tous ceux qui savent que la notion d’élection n’est pas seulement un statut privilégié, mais surtout une responsabilité et des devoirs supplémentaires, alors la difficulté de la tâche est évidente, et doit rendre humble. Il est donc stupide de se croire supérieur en quoi que ce soit. Et en tant qu’homme, et en tant que peuple.

Supérieur en rien, mais responsable en tout (et évidemment pas DE tout…), voilà de quoi passer des moments difficiles.

Pour un peu de réalité fiction, Il serait curieux d’imaginer de quelle manière aurait été perçu ce message, si les différentes traductions de l’Hébreu avaient opté pour le peuple choisi plutôt qu’élu, et parlé de Lumière envers les nations, plutôt que pour les nations.

Cela changerait -il quoi que soit pour l’antisémite pur et dur ? Probablement pas.

Cela aiderait-il un tant soit peu à une meilleure compréhension et acceptation du Juif ? J’en doute, mais au moins parmi ceux qui se posent réellement la question de l’Election, d’aucuns saisiraient les nuances des mots et, à travers ces mots, les différentes opinions qui existent au sein de l’Humanité, et à l’intérieur même du peuple juif.

Peuple qui ne sait pas toujours lui-même le rôle que le Créateur lui a destiné.

NB : Toutes ces déductions se font dans l’hypothèse (qui est le postulat du Judaïsme) qu’il y a un Créateur et qu’Il a un dessein. Dans l’hypothèse contraire, il demeure que certaines questions restent posées, pour moi, sans réponses pour l’heure.

Qu’est ce qui explique la longévité de ce peuple, son histoire sans autre pareille et son impact sur l’humanité ?