Aujourd’hui la guerre s’est éloignée et malgré les risques qu’elle recommence bientôt (les pays occidentaux s’arment contre l’État terroriste, cf1), les Shabbat se préparent dans la ferveur et la reconnaissance.

De nouveau dans les rues et les villes d’Israël, flâne une foule dense qui marche sur les chaussées et les trottoirs, insouciante des conducteurs qui conduisent vitesse grand V.

Bruyante et colorée, joyeuse, enivrée d’une joie qu’elle avait cru perdue, c’est déterminée qu’elle se répand dans les rues et les places, saine, criarde, hâbleuse, partout de Tel Aviv à Jérusalem et du désert à la mer, flamboyante dans le jour déclinant, frappée de lenteur sous le soleil à son zénith.

Israël sait ses deuils, mais les cinémas, les boutiques, les cafés et les lieux de vie publique peuvent exploser, les rues s’ouvrir et les murs disparaître, la foule déambule, hilare, avide, bronzée.

Elle s’étale aux terrasses des bars, se gorge de nourriture et d’alcool, mange des glaces et des beignets délicieux, trop salés, trop sucrés et trop lourds, s’esclaffe dans l’air surchauffé et hurle pour s’entendre
au-dessus des sirènes et des ambulances, portée par cette vitalité israélienne tonitruante et baroque, qui malgré la douleur et les pertes, fait des bras d’honneur à la guerre.

Plus de missiles et plus de sirènes, Israël bat de nouveau au rythme doux de la vie et sur les plages, tous ont repris leurs habitudes. Les enfants sautent dans les vagues sous l’œil vigilant des parents tandis que les jeunes garçons bombent le torse pour des jeunes filles aux regards directs et malicieux.

Même les joueurs de Matkot sont revenus par centaines, tout le long des plages. Tac, toc, tac, toc, font les petites balles en rebondissant d’une raquette à l’autre. Tac, toc, tac, toc pendant des heures sous le soleil.

Un bruit sec que connaissent bien les Israéliens qui suivent les jeux des yeux, sans aucune appréhension d’un mauvais ricochet qui pourrait les atteindre, qui regardent les joueurs avec bienveillance, parfois avec envie.

Parce que si en Israël le premier sport est le matkot, le second est la drague !    

A la décharge des Israéliens, il faut dire que si les femmes y sont belles, les hommes le sont plus précisément encore.

C’est une des singularités d’Israël. Peut-être parce que depuis leur naissance leur mère les regarde comme les 8ème merveilles du monde ?

Peut-être parce que le soleil, le sport, et l’armée qui les prépare pour des conflits éventuels, leurs font des physiques de Tarzan ?

Peut-être parce que le sentiment d’une mort possible, exalte leur volonté de vivre ? Les rend plus entreprenants et plus vifs dans leurs actions ?

Les propulse vers les femmes comme vers la survie, leur survie, quoi de plus intensément vivant que l’amour et la chair qui ramènent au centre des choses essentielles ?

En tous les cas ils possèdent (presque tous), des regards sans faille, une sorte de puissance physique et des muscles à faire pâlir nos petits Français, qui défient les ans et les guerres passées.

Jeunes hommes ou vétérans, ils se ressemblent sur les plages, à taper dans la balle.

Ils sautent, ils courent, ils frappent, toujours un peu les enfants des femmes qui regardent, mais aussi auréolés d’une masculinité faite de soleil et de rire, de joies simples et humaines, de celles que nos sociétés européennes ont sacrifiées au profit d’un snobisme intellectuel et mondain, et qui là-bas sont du bonheur à l’état pur.

Bonheur de vivre, bonheur d’aimer, bonheur d’avoir le droit de penser et d’agir librement, quoi que l’on soit, dans un pays où la guerre n’a jamais vraiment cessé, toujours suspendue au-dessus des amours, des enfants, des familles…

Paraphrasant une précédente génération qui bouleversa la planète, les Israéliens d’une certaine façon, appliquent le célèbre « faites l’amour pas la guerre » et franchement comment ne pas leur donner raison ?

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Cf 1- «  État islamique » l’association de ces deux mots, entérine aux yeux du monde l’idée d’un État équivalent aux autres Etats de la planète, alors qu’il n’est question que de barbares terroristes et tueurs.

Regrouper ces deux mots « État islamique », pour une association de terroristes pour qui égorger et assassiner sert de piliers fondateurs à sa volonté d’existence, cela dans un monde qui par ailleurs refuse de négocier avec le terrorisme et a rédigé les accords de Genève, est une grave erreur et une aberration.

« État terroriste » serait adapté pour le nommer et entérinerait précisément ce qu’il est dans l’esprit des gens.