Le projet de loi sur l’Etat juif présenté par le gouvernement Israélien suscite beaucoup de critiques et d’inquiétudes.

Pour les uns cette loi risque de remettre en cause les valeurs démocratiques de l’Etat juif quand d’autres craignent des risques de discriminations vis-à-vis des citoyens non-juifs de l’Etat juif.

Et pourtant, selon le Premier Ministre Netanyahou, « ce projet de loi sera fondé sur le fait que l’Etat d’Israël est un Etat juif et démocratique. »

Pour Monsieur Netanyahou, « ces principes sont liés et l’un ne surpasse pas l’autre. Israël garantit l’égalité des droits de tous ses citoyens, sans discriminations fondées sur la religion, la race, ou le sexe. »

L’opportunité de cette loi est remise en cause par une partie de la population, et l’Autorité palestinienne pour qui cette loi serait un obstacle à tout processus de paix.

Mais, face à ceux qui remettent en cause aujourd‘hui le caractère juif du seul Etat juif au monde, n’y a-t-il pas lieu de prendre des mesures de précaution pour protéger ce caractère juif ?

En effet, le caractère juif de l’Etat d’Israël ne date pas de nos jours. Ce n’est donc pas le projet de loi du gouvernement qui va donner un caractère juif à l’Etat d’Israël. Il ne fait que confirmer ce qui existe de droit.

La Déclaration Balfour de 1917 durant le mandat britannique, reconnaissait déjà le caractère juif de ce qui allait devenir l’Etat juif en 1948.

Par une lettre publiée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, alors ministre britannique des Affaires Étrangères, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national juif. Cette déclaration est considérée comme l’une des premières étapes dans la création de l’État d’Israël.

En 1947, la résolution 181 de l’ONU portant création de l’Etat juif confirme le caractère juif de l’Etat d’Israël.

Malgré ces évidences, le caractère juif de l’Etat d’Israël fait toujours l’objet de remises en cause par certains de ces voisins.

Ainsi donc face à ceux qui remettent en cause le caractère juif de l’Etat d’Israël, l’opportunité de cette loi sur l’Etat-nation juif est donc justifiée selon Monsieur Netanyahou.

Car en effet, « Lorsque Ben Gurion avait déclaré l’établissement de l’Etat, personne n’avait ressenti le besoin d’appliquer les Lois fondamentales pour garantir le caractère démocratique. Mais des années plus tard, il y a eu ceux qui l’ont remis en cause, et c’est pourquoi les Lois fondamentales ont été mises en place pour défendre la dignité humaine et la liberté », a-t-il dit.

Quant à ceux qui s’inquiètent pour la discrimination des non-juifs notamment des Arabes, mettant en avant leur minorité, ils doivent comprendre que la population arabe est certes minoritaire en Israël, mais prise dans sa globalité, elle reste majoritaire. La minorité, c’est bien la population juive.

La vingtaine d’Etats que compte le monde arabe totalise plus de 400 millions de personnes – à ne pas confondre avec le nombre de musulmans – dans le monde, quand nous n’avons que 18 millions de juifs dans le monde entier.

Il reste vrai que les Arabes représentent 20 % soit environ 1,7 million de la population israélienne qui compte 6 millions de juifs, mais il est important de savoir que l’Etat juif reste l’unique Etat destiné à l’autodétermination juive dans le monde entier.

Proclamer donc le caractère juif de cette nation revient à protéger la minorité juive. Ce d’autant plus que sur plus de 850 000 personnes que comptaient les réfugiés juifs dans les pays arabes, il n’en reste que 4400 personnes à ce jour, suite à la création de l’Etat juif en 1948. Ils ont été purement et simplement expropriés, expulsés et  forcés de fuir les pays arabes.

Durant leur exil, ils n’ont jamais pu acquérir la citoyenneté de ces pays.

« Nous avons vécu au Liban sans la citoyenneté, en tant que réfugiés. Nos documents d’identité disaient « apatrides, » raconte Monsieur Elie Abadie fils de réfugiés juifs, né à Beyrouth en 1960. (Times of Israël du 30 novembre 2014)

Le traitement infligé aux juifs dans les pays arabes, comme nous pouvons le constater n’a rien d’identique aux droits dont jouissent les Arabes israéliens qui comptent parmi eux des députés, des avocats, des juges, des journalistes, des diplomates etc….

S’élever contre cette loi au motif qu’elle instaurerait une discrimination des non-juifs de l’Etat, dans un Etat où chrétiens, musulmans et juifs vivent ensemble, c’est tout simplement ignorer ce bel exemple de construction de société, qu’est la société israélienne qui en moins de 70 ans d’existence, a su intégrer ses minorités dans son système social.

Ce dont ne peut se vanter le voisin palestinien qui exige le droit au retour des exilés arabes comme une des conditions à la paix, retour qui, s’il est accepté devra venir augmenter le nombre d’arabes israéliens. Que des inégalités puissent encore subsister, cela n’ est pas une exception dans le monde.

Par ailleurs, au moment où l’on tente de reconnaître unilatéralement un Etat palestinien dont les autorités refusent de reconnaitre le caractère juif de l’Etat d’Israël, ne serait-il pas prudent de garantir ce caractère juif de l’Etat qui fait la différence par rapport à ses voisins ?

Pour pouvoir donner et continuer de donner, il faut pouvoir exister.

La démocratie israélienne devrait une fois de plus triompher des petits calculs politiciens afin d’offrir au peuple juif, la protection du seul Etat d’autodétermination juif.