Obus de mortier à la frontière syrienne, roquettes dans le sud, le quotidien des habitants des périphéries d’Israël, semblent ne pas s’améliorer avec, dans la ligne de mire, une union Fatah – Hamas qui renouerait avec la violence.

Israël du Nord au Sud

La Jordanie serait-il encore le seul Etat stable voisin d’Israël? Si les tirs sur Israël semblent moins fréquents qu’il y a environ deux ans, il semble que l’Etat hébreu ait à revivre, même à plus petite échelle le syndrome de l’enfermement, du harcèlement et de la guerre sur tous les fronts. Non pas une guerre conventionnelle comme d’antan, ni même réellement une guerre quotidienne sur chacun des fronts, mais une sorte de guerre d’usure un peu nouvelle et parfois frugale tant elle peut de temps à autre passer pour inaperçue, y compris pour ceux qui vivent dans les régions concernées.

En effet, on ne compte plus les fronts, les organisations et les conflits différents qui s’accumulent à l’hostilité historique et habituelle contre Israël. Au Liban si le Hezbollah n’a plus directement attaqué Israël depuis 2006 et la deuxième guerre du Liban – sans doute un des plus grands acquis de cette guerre -, ce sont des groupuscules djihadistes et sunnites, hostiles au Hezbollah chiite et qui n’hésitent pas s’y opposer, par les armes et les bombes, qui de temps à autre, trouvent le moyen de tirer une roquette sur le nord d’Israël, même sporadiquement. Un peu plus à l’est du nord d’Israël, sur le plateau du Golan, ce sont des tirs de mortiers le plus souvent qui passent la frontière et retombent sur le sol israélien.

Pas plus tard qu’hier soir, dans la nuit du 4 au 5 juin, deux obus de mortier ont explosé dans le Golan, suite à l’annonce de la réélection du dictateur syrien Bachar al-Assad. Un incendie s’est déclaré, mais n’a fait ni blessé ni dégât. Les Syriens auraient également tiré à la mitrailleuse vers le territoire israélien sans faire non plus de blessé ou dégât. Lundi dernier, un autre obus de mortier avait explosé près d’un poste de l’armée israélienne sur le mont Hermon, là encore sans causer ni blessure ni dommage, et l’armée a riposté. Ce n’est pas la première fois que de telles hostilités sont déclenchées depuis la guerre civile en Syrie même s’il est annoncé tantôt qu’ils proviennent de partisans d’Assad, tantôt de djihadistes sunnites.

Plus tôt dans la semaine, c’est au sud, dans le désert du Néguev près du territoire autonome de la bande de Gaza dirigé par l’organisation terroriste Hamas que trois roquettes ont été tirées, deux dans la nuit de dimanche à lundi, une dans la nuit de lundi à mardi.

Puis dans la même nuit, c’est une tentative d’attentat qui a eu lieu au carrefour Tapouach, à quelques kilomètres de la ville de Schehem en Samarie dans les territoires qui font l’objet de négociations entre Israël et l’ « Autorité palestinienne » de Mahmoud Abbas. Une autre tentative d’attentat au même point datait de la semaine d’avant.

Enfin, il ne faudrait pas oublier non plus les tirs de roquettes sur la pointe sud d’Israël, provenant de groupes djihadistes en Egypte, dans le Sinaï, en lutte contre le gouvernement depuis la chute de Moubarak mais que le nouveau régime du général Al-Sissi semble limiter.

Israël face à une nouvelle alliance

Or si les tirs venus de Syrie et ceux, plus rares pour le moment venus du Liban, ou d’Egypte, ont leur propre logique, on ne saurait manquer d’observer que les tirs de roquettes répétés sur le Néguev ainsi que les récentes tentatives d’attentat contre des poste-frontières israéliens interviennent dans le contexte de l’échec des négociations entre Israël et l’ « Autorité palestinienne » achevées depuis le 29 avril dernier et dans le contexte de « réconciliation nationale » entre le Fatah et le Hamas.

Le Premier ministre Netanyahou a rejeté ce nouveau gouvernement au motif qu’il constituait une union avec le Hamas, une organisation terroriste qui lutte officiellement contre Israël, tire des roquettes contre lui et cherche publiquement sa destruction. Mais un contexte dans lequel aussi, les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU ou encore l’Inde, la Chine et la Russie ont accepté de reconnaître ce gouvernement et discuter avec lui, au motif pour les Etats-Unis qu’il ne contiendrait pas de ministres du Hamas, qu’il serait composé essentiellement de technocrates et qu’il accepterait, selon les propos d’une partie de ses membres en tout cas, les exigences du quartet pour les négociations au Proche-Orient.

A defaut d’une Intifada contre Israël

Pourtant, dans les faits, non seulement les négociations ont échoué, mais Israël connaît, même timidement, un renouveau ponctuel du terrorisme, qui n’avait jamais vraiment cessé et qui se fait un peu plus sentir.

Aussi on est en droit de se demander si la « réconciliation nationale » du Hamas et du Fatah, outre les avantages qu’elle peut apporter à chacun, n’entrainerait pas d’une part une forme de reconnaissance implicite du l’organisation Hamas comme légitime pour la communauté internationale, comme cela a eu lieu dans le passé avec l’autre organisation terroriste qu’était et que reste toujours l’OLP, d’autre part une forme de renouveau de la violence et une guerre sourde, d’usure, contre Israël, à défaut d’avoir réussi à lancer la 3e Intifada populaire tant annoncée après l’échec des négociations.

Citizenkane.fr