Alton Sterling et Philando Castile étaient tous les deux noirs américains (ou afro-américains pour ceux qui, ensuqués par le politiquement correct, croient que le mot « noir » est une insulte). Ils ont été tués par la police la semaine dernière, le premier en Louisiane, le second dans le Minnesota lors de contrôles de routine.

Ces deux drames ont relancé les habituelles polémiques sur la culture des armes et le fléau du racisme aux Etats-Unis en général et dans la police en particulier. Pour être parfaitement exact, un des policiers était blanc, l’autre hispanique. Les deux victimes étaient noires. Philando Castile portait une arme, l’avait indiqué au policier et ne semblait donc pas vouloir s’en servir.

Alors qu’un peu partout dans le pays, des manifestations avaient lieu en mémoire des victimes, contre les violences policières et contre le racisme, l’association des « Etudiants pour la Justice en Palestine » de l’Université de New-York (SJP) avait d’ores et déjà identifié le responsable de cette tragédie.

« Nous devons nous souvenir que de nombreuses forces de police américaines s’entrainent avec l’armée israélienne. Les responsables du génocide des noirs aux Etats-Unis sont les mêmes que ceux du génocide des palestiniens ».

Nous y voilà. Effacés les 250 ans d’esclavage, oubliés les Codes noirs adoptés par plusieurs Etats américains, ignorée l’emprise encore vivace de mouvements suprématistes blancs comme le Ku Klux Klan. Non, le responsable du racisme aux Etats-Unis, c’est Israël. Evidemment.

On pourrait argumenter que les violences policières ou le racisme anti-noir n’ont pas attendu la création de l’Etat d’Israël pour faire des victimes ou encore qu’avec une population palestinienne qui est passée de 700.000 personnes en 1948 (en Israël) à 5,5 millions en 2010 – soit une augmentation de 785% en 60 ans (selon le bureau central des statistiques palestinien) -, prétendre à un « génocide » des palestiniens est une fumisterie qui devrait finir de décrédibiliser cette association étudiante membre du collectif BDS, mais pire encore, est une insulte aux victimes arméniennes, juives, tsiganes, cambodgiennes ou encore tutsis qui ont traversé un tel drame.

Pour la SJP, pas de doute possible. Le fait que certaines forces de police américaines aillent se former à l’anti-terrorisme en Israël fait de ce dernier le commanditaire de toutes les bavures policières et ce, quand bien même ni l’un ni l’autre des policiers concernés n’aient fait partie de ce programme.

Aucune surprise toutefois de la part de ce collectif étudiant qui s’était illustré en novembre 2015 en affirmant que si le coût des études était si élevé aux Etats-Unis, c’était à cause du lobby sioniste. Que ne l’avions-nous compris plus tôt !

Après le complot juif et le sang des enfants chrétiens pour préparer les matsot, après le complot judéo-maçonnique et ses fantasmes de contrôle du monde, voilà le dernier avatar de ce délire anti-juif: le complot sioniste. Cette idée paranoïaque et antisémite qui a fait d’Israël l’organisateur des attentats contre le World Trade Center et ceux du 13 novembre 2015 à Paris, le responsable de la crise syrienne, le créateur de l’Etat Islamique…

Sortis de ces falsifications navrantes, ces hypocrites ont le culot de boycotter un Etat dont ils profitent pourtant des largesses et des inventions, du téléphone portable à la clé USB, des processeurs Intel aux algorithmes permettant d’envoyer emails et sms ou le GPS collaboratif Waze, des procédés agronomes permettant de faire pousser des plantes dans le désert, des avancées médicales notamment contre la maladie de Parkinson, le cancer, la sclérose en plaques, le diabète ou l’épilepsie. Omar Barghouti, co-fondateur et théoricien du mouvement BDS, a été diplômé de l’université de Tel-Aviv. Quant à Jamal Abu Al-Hayja, commandant militaire du Hamas, il a obtenu un diplôme d’histoire en prison…

Sans évoquer les interventions humanitaires d’Israël lors des tremblements de terre comme en Haïti ou au Népal l’an dernier, où le contingent médical israélien était le plus nombreux et le plus actif. Israël allant même jusqu’à proposer de l’aide à des pays explicitement antisionistes comme la Turquie ou l’Iran.

Israël est devenu une nouvelle extension de la loi Godwin. A court d’argument ou pour souligner l’infamie d’une situation, on pourra prétendre que de toutes façons, c’est de la faute d’Israël.

Si ce raisonnement démontre la médiocrité intellectuelle de celui qui l’applique, il faut reconnaître que les antisionistes ne se sont jamais distingués par leur intelligence.