Les Saoudiens et autres sunnites tournent dans une cage et veulent y enfermer le monde. Leurs gesticulations face à l’Iran sont pathétiques.

Au Yémen, leurs actions ne sont que carnages qui ne leur assureront même pas la victoire, un carnage mené par une alliance avec des États du Golfe et autres, mais aussi avec des supplétifs colombiens ; et une demande d’envoi de Pakistanais – encore eux ! – a été faite.

Et les Turcs ! Eux aussi minaudent Israël quand ils pissent et chient la peur, ils minaudent Israël pour mieux couvrir à leur guise en commençant par favoriser des « Flottilles de la Liberté » vers Gaza, embarcations chargées de leurs agents, en laissant se répandre les plus ignobles ragots : souvenez-vous de ces histoires de trafics d’organes supposément organisés par les Juifs d’Israël.

Erdogan se prend pelle sur pelle depuis que l’armée a chassé du pouvoir ses amis les Frères Musulmans, en Égypte, en juillet 2013. Les dirigeants turcs pensaient se mettre l’État islamique dans la poche, ils pensaient également que Bachar el-Assad serait chassé d’une pichenette.

Incroyable. De très mauvais joueurs d’échecs eux aussi. Aucune intuition et une suffisance qui est la marque même de la bêtise crasse. J’ai pris note des déconvenues en série de la Turquie d’Erdogan, de l’inintelligence de ses coups. On pourrait écrire un livre à ce sujet.

L’adipeuse Arabie Saoudite vautrée dans les coussins du soft-power commence à se réveiller avec le feu à son bisht et à son shemagh. Vêtements en flamme et cul bréneux, la peur.

Dans ce même article, Seth J. Frantzman écrit : « In the regional conflict between Saudi Arabia and Iran, the Saudis have been badly outplayed. The Persians, on the other hand, invented the game. Without taking the stereotype too far, chess is a game whose complexity and history have more in common with the ancient intricacies of Iran than with the monochrome ignorance of Saudi’s Wahhabi imams ».

(« Dans le conflit régional entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les Saoudiens ont été largement dépassés. Les Perses, d’un coté, ont inventé le jeu. Sans être trop dans les stéréotypes, les échecs sont un jeu dont la complexité et l’histoire ont plus en commun avec l’ancien Iran qu’avec l’ignorance des imams wahhabites »).

Les Juifs excellent aussi à ce jeu. Dans la liste des soixante-quatre plus grands joueurs d’échecs de tous les temps, trente-et-un sont des Juifs.

Je sais bien qu’au jeu d’échec il n’y a pas d’amis et qu’il n’y a que des joueurs ; mais voir Israël en compagnie des Saoudiens ! Certes, Israël ne peut s’offrir le luxe de refuser une pièce dans son jeu. L’Arabie Saoudite n’est qu’un pion, mais il est vrai qu’un pion peut s’avérer au gré du jeu non moins important que la reine.

Qu’Israël voit l’Iran comme la menace majeure, je n’ai pas à en discuter. Le régime de Téhéran déclare vouloir rayer Israël de la carte et Israël se souvient de ce sage proverbe, ashkénaze me semble-t-il : Si on te crache à la figure, tu ne dois pas dire qu’il pleut.

Situation d’autant plus pénible qu’Israël a beaucoup plus en commun avec l’Iran qu’avec l’Arabie Saoudite, ce qu’écrit l’auteur de cet article, ce que j’ai écrit dans de nombreux articles, notamment sur ce blog, tout en me défendant d’une quelconque sympathie pour l’actuel régime iranien.

Je suis également sensible au prestige de l’ancienneté, ce que partagent et le peuple juif et le peuple perse, contrairement aux nouveaux riches saoudiens promoteurs du wahhabisme, une maladie qui détruit tous les neurones.

L’Arabie Saoudite est destructrice de la diversité (« diversity is destroyed in the name of a simplistic extremism ») au nom de l’unicité, de la « Vérité » – le radotage coranique.

L’actuelle rhétorique belliqueuse du régime iranien prendra fin, cette rhétorique que les médias de masse colportent avec tant d’empressement, et à l’occasion amplifient en la sortant de son contexte, par exemple, selon la très efficace technique du copier-coller.

Il faudra que cette rhétorique cesse au nom de l’histoire millénaire de ce pays. « The extremist nature of Iran’s current regime is in contrast to its history » (« La nature extrémiste du régime de l’actuel Iran est en contraste avec son histoire »), je n’ai jamais pensé autrement.

S’acoquiner avec le Saoudien contre l’Iranien, c’est initier une baisse de tout, sauf de l’ignorance et de la bêtise. Bien sûr, je ne dois pas perdre de vue que nous sommes dans une partie d’échecs, mais tout de même !

Seth J. Frantzman écrit en fin d’article : « Israel and pro-Israel commentators should therefore not take the Saudi opening as example of some genuine move toward friendship. There is also nothing to celebrate in having relations with Sudan, a pariah state. It is worthwhile to keep in mind that Iran, despite all the negative aspects of its regime, has a cultural heritage more in common with Israel’s in terms of preserving diversity in the region ».

(« Israël et les commentateurs pro-israëlien ne devraient donc pas considérés l’ouverture saoudienne comme un exemple d’un quelconque réel mouvement d’amitié. Il n’y a rien non plus à célébrer d’avoir des relations avec le Soudan, un état paria. Il convient de garder à l’esprit, que l’Iran, malgré tout les aspects négatives de son régime, a un héritage culturel plus en commun avec celui d’Israël, en termes de préservation de la diversité dans la région. »)

Et enfin : « Israel may have wanted an Iranian ally, but due to the extremism of the 1979 Revolution, the Jewish state has ended up with the Saudis. For now that relationship may work. But the long-term strategy should be to build relations with groups like the Kurds, and others. ».

(« Israël a peut être voulu un allié iranien, mais, dû à l’extrémisme de la révolution de 1979, l’Etat juif s’est rapproché des saoudiens. Pour l’instant, cette relation peut fonctionner. Mais, la stratégie à long terme devrait d’établir des relations avec des groupes tels que les Kurdes, et autres. »)

Sur le site Causeur, un article d’Aurélien Marq intitulé « Pas de pitié pour l’islam politique ! ». Je partage un certain nombre d’idées fortes avec l’auteur de cet article : « L’Arabie Saoudite et le Qatar ne sont pas nos alliés.

Dans la mesure où le cœur de leur « soft power » est justement d’étendre au maximum l’idéologie qui inspire et justifie les attentats sur notre sol, ils sont même nos ennemis – ce qui ne veut pas dire qu’il faille les attaquer sans réfléchir ! » On ne saurait mieux dire.

Il est parfois réconfortant de se sentir moins seul ! « Vladimir Poutine est un allié beaucoup plus fiable que Donald Trump, et que ne l’aurait été Hillary Clinton. Le rapprochement sans naïveté entre l’Europe et la Russie doit se faire, même si l’Amérique s’emploiera à combattre ce qu’elle verra comme un pas en direction d’un bloc eurasiatique ».

Un rapprochement sans naïveté, j’ai fait usage de ces mots dans un article, rapprochement sans naïveté avec l’Iran aussi. Aurélien Marq poursuit : « Enfin, il est urgent d’œuvrer avec l’aide de la Russie à un apaisement entre Israël est l’Iran, étape incontournable pour redonner à l’Iran la place qui doit être la sienne.

N’en déplaise à certains, il faudra donc promouvoir pour Israël la solution à deux États, que la simple réalité démographique rend de toute façon indispensable à la pérennité d’un État juif ».

C’est ce que j’espère sur le moyen-long terme. Je me démarque toutefois et violemment de l’auteur sur ce dernier point, car s’il faut œuvrer de toutes ses forces à un rapprochement Iran – Israël, je ne vois vraiment pas ce que vient faire « la solution à deux États » à laquelle je ne crois pas, mais surtout qui tombe ici comme un cheveu dans la soupe.

Le n’en déplaise à certains, il faudra donc, etc. me fait sursauter : la construction de cette phrase en regard de ce qui précède me laisse supposer qu’il faudrait appliquer « la solution à deux États » pour favoriser un rapprochement Israël – Iran.