Quand un Premier Ministre, Netanyahou,  menace et insulte des journalistes qui évoquent les abus et démêlés judiciaires de son épouse ou les enquêtes qui le concernent et soutient par avance la demande de grâce d’un soldat avant même l’énoncé du verdict de son  procès…

Quand un ministre de l’Education, Bennett, exige cette même grâce en insultant les trois juges militaires de ce procès et leur conclusions, sans se soucier par ailleurs que son ministère ne paye pas, ou presque pas, des milliers de maitres d’école pendant plusieurs mois,  mais tout en s’assurant que les familles d’un avant poste illégal, Amona, puisse être dédommagées de 150 millions de shekels…

Quand un parlementaire, Liberman, manifeste devant ce  même tribunal pour soutenir ce même soldat avant de devenir quelques jours plus tard ministre de la Défense pour sauver la coalition au pouvoir…

Quand le ministre de l’Intérieur, Dery,  ancien repris de justice condamné à trois de prison pour corruption, se vante d’avoir pu offrir une maison à chacun de ses neufs enfants grâce à ses activités d’homme d’affaires sans pouvoir en donner la moindre justification…

Quand le ministre du Trésor, Kahlon, diffère cyniquement le transfert aux autres ministères des fonds définis au budget de l’Etat,  à la seule fin d’exercer une pression maximale sur les autres ministres de la coalition et donc servir son agenda politique…

Quand un  parlementaire, Amasalem, clame à la Knesset et dans les médias que le policier en charge de l’enquête sur le Premier Ministre  poursuit uniquement un but politique  dans son enquête, et donc décrédibilise l’ensemble de la police nationale…

Quand un autre parlementaire, Hazan, convaincu d’usage de drogues et de prostitution dans la gestion du casino qu’il dirigeait, continu de siéger à la Knesset sans que cela ne pose pas le moindre problème éthique à son groupe parlementaire, le Likoud…

Quand encore un autre parlementaire, Ghattas, est convaincu d’atteinte la sécurité de l’état pour avoir apporté à des détenus terroristes des dizaines de téléphones portables, sans être immédiatement déchu de son immunité parlementaire…

Quand une bande de fans excités  du Beitar Yeroushalaïm, autoproclamés « La familia », se permet de manifester violemment sur la voie publique en menaçant de meurtre ceux qui s’opposent à eux notamment les juges du procès du soldat Azaria et le Chef d’Etat-Major, sans être arrêtés par la police…

Quand le syndicat de professeurs des écoles décrète au lendemain des vacances de Hanoukka, un soir à 19 heures, une grève, juste par ailleurs, contre les salaires impayés, devant démarrer dès le lendemain  matin à 8 heures, sans laisser donc aux parents le moindre laps de temps pour organiser la garde de  leurs enfants, et qu’un tribunal décide d’annuler cette grève ce même jour à 8 heures 30, sans donc laisser à nouveau  aux parents de se ré-organiser…

 

Quand les trois seuls organismes de crédit, Cal LeumiCard et Isracard, s’entendent avec la bénédiction du régulateur pour empêcher l’ouverture du marché à tout nouvel acteur et maintenir des frais de transactions trois fois supérieurs à ceux des principaux pays de l’OCDE…

Quand l’autorité de régulation n’arrive toujours pas à convaincre les parlementaires de légiférer pour interdire en Israël l’activité prolifique des sociétés de Forex, arnaquant des épargnants du monde entier au profit de quelques centaines d’escrocs juifs d’origine française ou russe pour la plupart…

Quand les hôpitaux du pays présentent des taux d’occupation des lits variant entre 130 et 200 % en décembre 2016 du fait d’une éternelle pénurie de lits (1,8  lits en moyenne pour 1 000 habitants contre 3,5 en moyenne dans l’OCDE), sans compter les énormes écarts dans le nombre de médecins entre le centre du pays et sa périphérie, limitant ainsi aux citoyens de ce pays le droit élémentaire à la santé…

Quand les derniers rescapés de la Shoah vivent  pour la plupart  dans une extrême précarité faute d’avoir reçu l’intégralité des indemnités versées par l’Allemagne pour eux à l’Etat d’Israël , mais que ce dernier ne reverse que selon son bon vouloir, déniant à ces malheureux le droit à une digne vieillesse à la fin d’une vie de souffrance…

Et encore cette liste ne concerne  que les évènements des dernières semaines…

Jusqu’à quand Israël cessera-t-il d’être un état de droit ?

Il est temps que les élites se reprennent, que la Justice soit indépendante et respectée par tous, que le Premier Ministre se consacre exclusivement  à l’avenir du pays plutôt qu’au son sien, que les ministres travaillent à remplir les missions de leur ministère plutôt que de saboter celles des autres, que les parlementaires se conduisent comme des élus du peuple et non pas comme des voyous, que les médias assument leur rôle de contre-pouvoir tout en  portant la responsabilité de leurs éventuelles erreurs, et que le peuple exerce enfin, par le bulletin de vote  et par la rue s’il le faut, le contrôle de ses dirigeants.