Le Paraguay a annoncé qu’il transférait à nouveau son ambassade en Israël à Tel Aviv, un peu plus de trois mois après son déplacement à Jérusalem. La décision a été prise par le gouvernement du nouveau président Mario Abdo Benitez, pourtant de la même couleur politique que son prédécesseur, mais qui était en désaccord avec lui sur ce point. Il a pris cette décision afin de « contribuer à l’intensification des efforts diplomatiques régionaux et internationaux dans le but de parvenir à une paix élargie, juste et durable au Moyen-Orient ».

Israël a vivement réagi en fermant son ambassade à Asuncion. L’Autorité palestinienne a décidé d’en ouvrir une. Ce ballet diplomatique un peu ridicule devrait sonner comme un signal d’alarme pour Binyamin Netanyahou.

C’est un coup porté à la campagne que mène le Premier ministre visant à faire reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël par la communauté internationale.

L’incident montre surtout que le gouvernement israélien a enterré un peu trop vite l’Autorité palestinienne et la solution à deux Etats. Mais le Premier ministre semble insensible à ce type d’avertissement. Déjà, à deux reprises, Ron Lauder, président du Congrès juif mondial, qui l’avait toujours soutenu jusqu’à présent, l’a mis en garde sur l’éloignement de nombreux Juifs de la diaspora vis-à-vis d’Israël.

Selon lui, seraient en cause l’hégémonie des ultra-orthodoxes sur la vie religieuse ou des lois comme celle sur l’Etat-Nation. Comme en écho, mais sans faire de reproches au Premier ministre, le très respecté professeur Alan Dershowitz, lui aussi proche du Likoud, a prédit que dans quelques années, Israël ne pourra plus compter sur le soutien des Etats-Unis.

A titre d’illustration, il citait le succès des campagnes de BDS sur les campus universitaires. Il y a plus : en affichant une complicité de tous les instants avec l’administration Trump, le gouvernement israélien s’aliène totalement le Parti démocrate. Or la politique américaine obéit au two parties system.  Ce qui signifie qu’un jour ou l’autre le Parti démocrate reviendra au pouvoir. Et le syndrome du Paraguay pourrait frapper à nouveau.