?אִם אֵין אֲנִי לִי, מִי לִי? וּכְשֶׁאֲנִי לְעַצְמִי, מָה אֲנִי? וְאִם לֹא עַכְשָׁיו, אֵימָתַי– הילל הזקן

(Im Ein Ani Li, Mi li ? Ou Kéché Ani lé ‘Atsmi, Ma Ani ? Vé Im lo ‘akchav, Eimatai ? (1)-Hillel ha zaken

Avec la déportation à Babylone des habitants de Judée en -586 et puis en -538, la possibilité offerte par Cyrus II, de revenir en Judée s’est créée la « Diaspora Juive » constituée par tous ceux qui ont décidé de rester dans l’empire Perse (6).

Ce choix a été conforté par les difficultés extrêmes et de toute nature qu’ont dû affronter ceux qui avaient fait une ‘alyah (évalués à 40 000 individus), alors que les membres de la Diaspora vivaient à l’époque une vie aisée.

En 1948, seulement près d’un million de juifs du monde, soit moins de 10 % ont choisi de monter en Israël ; ce choix a été lui aussi conforté par les difficultés extrêmes et de toute nature qu’ont dû affronter ceux qui avaient fait une alyah.

Sur le plan idéologique les tenants du « non-retour » en Israël ont des « justifications » : certains font valoir que les juifs à l’ère moderne se doivent de vivre en s’identifiant « aux citoyens du monde » et de cette façon contribuer à un monde meilleur pour l’humanité.

D’autres prennent l’exemple de Joseph qui a su prévenir une catastrophe pour l’humanité de cette époque et en tirer parti pour faire bénéficier sa famille d’un refuge dans l’Egypte des Pharaons.

D’autres enfin disent que l’heure n’est pas venue et attendent la venue du Messie pour monter en Israël.

A cette controverse on peut remarquer que :

la contribution exceptionnelle de Joseph pour sauver l’Egypte des Pharaons s’est soldée une génération plus tard par l’esclavage de la Maison d’Israël ;

les juifs restés dans l’empire perse ont failli être anéantis une a deux (?) générations plus tard par Assureus et Amann

la contribution exceptionnelle du judaïsme européen des 19e et 20e siècles dans tous les domaines de la science, de l’économie et de l’art s’est soldée une à deux générations plus tard par l’antisémitisme barbare et la Shoah.

la contribution exceptionnelle du judaïsme en Europe, aux Etats-Unis et dans les autres pays de l’Occident dans la seconde partie du 20e siècle se solde aujourd’hui par un antisemitisme barbare et hypocrite. Rester dans la Diaspora hier et aujourd’hui lorsque l’alyah est possible n’est pas un bon choix !

C’est la réponse claire et concise du ‘olé de Babylone, Hillel Ha Zaken.

Elle comprend 3 parties :

Im Ein Ani Li, Mi li? Mot à mot : si moi je ne suis pas « pour moi » qui le sera ? En clair, ne fuis pas ton identité de juif, et n’aie pas peur de prendre position et de défendre tes intérêts de juif car si toi tu ne le fais pas, personne d’autre parmi les goyim ne le fera.

A l’époque de Hillel comme à notre époque, il faut suivre l’exemple de Hillel et faire son alyah ! Et ne pas craindre d’être perçu par les goyim comme « israéliens » et de défendre les intérêts du peuple d’Israël.

Ou Kéché Ani lé ‘Atsmi, Ma Ani ? Mot à mot : si moi je ne suis que « pour moi » que suis-je ? En clair : une fois que tu assumeras ton identité et t’attèleras à résoudre les problèmes de ton peuple tu devras alors contribuer à exploiter l’expérience que tu auras acquise en contribuant à la résolution des problemes des « autres ». Car autrement tu serais un monstre !

Vé Im lo ‘akchav, Eimatai ? Mot à mot : Et si ce n’est pas des maintenant ? Quand cela se fera ? Tant que l’on n’a pas fixé une date précise pour l’alyah, l’intention de la réaliser reste hypothétique.

La politique d’Israël et la citation de Hillel Ha Zaken

Israël applique depuis sa création une politique conforme aux recommandations de Hillel.

1. Le pays a consacré d’abord toutes ses ressources à affronter tous ses problèmes à visage découvert tant sur le plan militaire, que sur les plans économique et social.

Israël a atteint aujourd’hui un niveau de vie équivalent à celui des pays européens, une croissance permanente et dans certains domaines tels que la gestion et le développement de l’agriculture, des ressources en eaux, de la conquête du désert et de l’organisation nécessaire au sauvetage de populations suite à une catastrophe, un niveau international.

2. Israël fait bénéficier les pays en développement tels qu’Haïti, le Rwanda, l’Ethiopie et les pays de l’Afrique noire de son expertise et de ses moyens.

A titre d’exemple ci-dessous les douze leçons universelles tirées de la révolution de l’eau permettant à tout pays devant affronter les conséquences dramatiques du dérèglement climatique de réussir à faire face avec succès aux problèmes rencontres.

Explications et commentaires :

(1) origine de la citation : tirée de la MISHNA (3), Massékhét (4) « Avot » (5), paragraphe 13,

(2) Hillel ha zaken : une des personnalités les plus importantes du judaïsme ; aurait vécu entre -130 et -8 ; né à Babylone, a fait son alyah à 40 ans (6), président du Sanhedrin (7), un des fondateurs du judaïsme moderne.

(3) MISHNA : première partie du Talmud, rédigée au début du 3e siècle de l’ère chrétienne pour éviter la disparition de la Loi transmise oralement de génération en génération, à une époque de grandes persécutions.

(4) Massékhét : Traité / Section (il y en a 63 en tout, 7 à 12 par partie)

(5) « Massékhét Avot »: Traité concernant les différentes étapes de la transmission de la Torah depuis Moshe de génération en génération.

(6) contrairement à la plus grande partie des Judéens qui s’étaient enrichis à Babylone alors que ceux qui avaient suivi Ezra et Nehemia rencontraient en Israël des difficultés extrêmement graves pour reconstruire le pays et se reconstruire en tant que peuple indépendant)

(7) sanhédrin : cour suprême de 70 membres en Israël