Samedi soir à Tel Aviv, des milliers d’israéliens manifestaient pour la paix. Mais, la semaine dernière au même endroit des milliers d’Israéliens manifestaient pour que persiste la démilitarisation de Gaza.

La gauche Israélienne est hostile aux occupations de territoire et hostile aussi à Netanyahu qu’elle juge trop déterminé à la guerre. Elle veut des négociations avec Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne ; elle veut redistribuer les terres et faire la paix entre les deux communautés. L’idéal en somme ! Qui ne voudrait pas d’une situation où Israéliens et Palestiniens vivraient enfin voisins et heureux, partageant, pourquoi pas, des structures et des infrastructures, hôpitaux et écoles, routes, pour un bien commun…

Sauf que… Israël n’est qu’un petit caillou dans la chaussure du Hamas, lui même grain de sable dans le vaste mouvement islamique qui a décidé de conquérir la planète ; qui prendra le temps de le faire dans une guerre d’usure et de violence contre lesquelles les vieilles démocraties ne sont plus armées, leurs aptitudes de résistance s’étant délitées dans le confort des lois.

Aujourd’hui l’étau islamique se resserre autour d’Israël. 

La carte qui se dessine est sans appel, et montre l’action extrêmement prononcée de mouvements musulmans insurrectionnels visant à établir la Charia dans une partie du monde, et cela de manière violente. Une grande partie des pays du Moyen Orient est déjà sous le joug djihadiste qui par le meurtre et l’assassinat impose l’obscurantisme d’une religion obsolète.

Sur 24 conflits en cours : 

2 seulement sont liés à des conflits territoriaux.

2 sont liés à une répression étatique contre le peuple.

83% donc des conflits sont imputables à des insurrections menées par des groupes islamistes armés.

Alors, Israël peut-il parvenir, malgré la détermination de milliers d’Israéliens, à négocier la paix avec Mahmoud Abbas, ce président de l’Autorité palestinienne qui a signé il y a quelques mois, un accord de « réconciliation » équivoque avec le Hamas ? Accord qui comprenait une clause de reconnaissance d’Israël, mais pas de renoncement à la destruction d’Israël.

Israël peut-il négocier avec ce président si « neutre » et absent du conflit de ces dernières semaines entre le Hamas et Israël ? Incapable de s’allier aux Israéliens pour reprendre Gaza ou négocier avec le Hamas, son frère ou du moins son cousin de guerre ?

La question de la survie d’Israël, enclavé dans un monde arabo islamique dont les puissances internationales se refusent à voir la dangerosité immédiate (nous ramenant à la même hypocrisie qui permis l’avancée rapide d’Hitler en Europe) reste posée. Mais, la survie des démocraties et républiques occidentales, aussi, Israël n’étant, je le répète, qu’un petit caillou dans la chaussure des islamistes.

Des milliers de manifestants à Tel Aviv pour des négociations pour une paix possible.

Mais des manifestants qui du rêve à l’utopie ne voient pas que la ligne d’horizon d’Israël va disparaître avec Israël, si l’idée de la paix à tout prix, les empêche de prendre les bonnes décisions face à un islamisme qui fédère la grande majorité des Palestiniens, Israéliens ou pas.

Le problème c’est l’innocence !

Ce profond désir d’harmonie et de paix, de conciliation dont sont construit tous les juifs, venu de l’enseignement et de la philosophie, de cette pensée universelle que transmet la Torah, et que chacun de nous porte en soi, entre évidence, nécessité, et contrainte consentie à un Dieu qui sait tout sur une terre que nous appelons « Sainte ».

La tentation de l’innocence est à l’origine des douleurs des juifs. C’est elle qui les empêcha de se révolter, qui permit la Shoa et tant de discriminations et violences contre eux dans l’Histoire de l’humanité.

Et c’est elle qui maintenant encore, à Tel Aviv samedi, tend à vouloir les maintenir dans l’obéissance à la Loi, dos courbés comme le Kaf, la 11ème lettre de l’alphabet. Leur fait défendre d’impossibles positions, de celles qui justement les mettent en danger, et que Netanyahu, comme Ben Gourion, Golda Meir et tant d’autres avant lui, se refuse à accepter, déterminé à défendre Israël, sans peur de se salir les mains, parce que pour que dorment tranquilles les bonnes consciences désireuses d’harmonie entre le ciel et la terre, le divin et l’homme, faut bien que certains se les salissent, les mains.