13 novembre 1956. Cette date historique restera gravée à jamais dans la mémoire collective de l’humanité. La Cour suprême des Etats-Unis décrète l’abolition des lois de ségrégation envers la population noire après l’âpre lutte menée par Rosa Parks, victoire sans pareille pour les droits civiques.

Cette lutte débute par un incident: la «mère du mouvement des Droits civiques», Rosa Parks, s’oppose aux lois raciales alors en vigueur et refuse de céder au chauffeur d’autobus lui interdisant de s’asseoir à la place «réservée» au passager blanc.

Quelques années plus tard, Martin Luther King, à l’issue de la Marche sur Washington en 1963, prononce son célèbre discours – «I have a Dream»,  sermon prophétique où s’exprime l’espoir messianique de toute une génération, l’espoir d’un monde où les hommes finiront par s’entendre et s’unir par amour et dans l’amour.

Dix-neuf ans plus tard…

10 novembre 1975. L’ambassadeur d’Israël aux Nations-Unies, Haïm Herzog, futur Président de l’Etat hébreu, rappelant la dramatique et sanglante Nuit de Cristal  (9-10 novembre 1938), récuse avec force et détermination les termes de  la résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations Unies associant le sionisme à «une forme de racisme et de discrimination raciale».

Au terme d’un discours accusateur et accablant envers les Nations-Unies, Haïm Herzog déchire aux yeux du monde entier ce «bout de chiffon» selon ses propres dires.

Cette résolution, officiellement annulée en 1991, reste cependant pour de trop nombreux pays encore, une source inépuisable de haine gratuite et de venin à l’encontre d’Israël. Israël doit faire face à un nouvel antisémitisme virulent qui ne cache plus son visage.

D’autres nations en Europe, sous couvert d’instaurer la paix, sont sur le point de reconnaître un état palestinien. Retenons que le dirigeant, Mahmoud Abbas, à la tête de l’Autorité palestinienne soutenue par l’Europe démocratique, n’a toujours pas été élu « démocratiquement » par ses pairs.

Quel dénominateur commun existe-t-il entre ces deux dates ?

Pourquoi les liens entre les Etats-Unis et Israël restent-ils si forts et si rapprochés ?  Pourquoi Israël doit-il faire face à une Europe décadente qui, touchée par une lente décomposition de son tissu social, n’a de cesse de brandir la menace d’une reconnaissance imminente d’un État palestinien ?

Où sont donc passées les grandes valeurs morales héritées du TaNakh qui constituent le fondement de la société occidentale ? Comment l’Europe de la Shoah, illuminée par le lustre d’un passé qu’elle veut glorieux, prétend-elle soutenir la fiction d’un État palestinien ? Les Palestiniens, prônant la sanctification de la mort, glorifient le sacrifice d’hommes et de femmes au nom d’Allah et n’hésitent pas à l’encourager.

Si certes l’Europe dont rêvait Robert Schuman est devenue une réalité tangible sur le plan économique, l’éthique biblique d’un « homme créé à l’image de Dieu » semble ne plus être qu’un idéal philosophique gravé sur le papier. Israël continue d’être la cible préférée d’une communauté européenne sur son déclin dont la « morale humaniste » à une seule voie sonnera le glas de son identité collective.

L’Europe sombrera, alors, dans les brumes de son inconscience morale indifférente à l’histoire millénaire d’Israël, ce peuple modeste qui résistant aux multiples aléas de l’Histoire et fidèle à son exigence éthique et spirituelle n’a jamais renié son histoire particulière.

Rappelons-nous les figures emblématiques françaises qui fondent la France moderne. Léon Blum, Pierre Mendès-France, René Cassin, tous trois sont Juifs et fiers de l’être. Malgré la distance les séparant de leur antique tradition, ils s’y rattachent sans jamais la nier.

Léon Blum dira : « Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à le quitter à l’heure même où j’y courais le plus de dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les Juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal […]. Je m’en suis toujours senti fier et j’en suis plus que jamais solidaire. » Quel chef d’Etat français ou européen oserait tenir de tels propos aujourd’hui ?

Il semble que la voix de ces grands hommes comme René Cassin, principal initiateur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, n’occupe plus, aujourd’hui, que l’enceinte confinée de la crypte silencieuse du Panthéon.

René Cassin, juif français laïque et l’un des plus fidèles compagnons du Général de Gaulle, ne trahira point l’héritage antique de ses pères en s’inspirant de ce dernier afin d’instaurer un  monde meilleur où les hommes, devenus frères, s’engageraient courageusement sur la voie de l’Egalité et de la Liberté.

Cette même égalité que défendra Martin Luther King se fondera principalement sur la Source biblique. En effet, la force historique du discours prononcé par Martin Luther King ne réside point uniquement sur son inoubliable rhétorique qui fera vibrer le cœur des foules mais par le souffle puissant et vivifiant de la parole des prophètes d’Israël fécondant la conscience des hommes.

Le rêve de ces grandes figures françaises et de M. L. King n’est autre que celui d’Israël !

Martin Luther King était pasteur. Haïm Herzog dont le père fut le Grand Rabbin de la Palestine mandataire étudia au Merkaz HaRav fondé par le Grand Rabbin ashkenaze d’Erets, Israël Abraham Isaac haCohen Kook. Tous deux, Martin Luther King et Haïm Herzog, s’inspirant de l’idéal humaniste biblique, tenteront d’éveiller les consciences à la certitude qu’il ne peut y avoir d’avenir radieux sans un retour à la source fondatrice de la société occidentale, la Bible (TaNaKh).

Le Sermon historique sur lequel les Etats-Unis d’Amérique fondent leur grandeur – « I Have a Dream »- se rattache profondément au cœur même de la source prophétique d’Israël:

« Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice ».

Ce passage s’inspire du Prophète Amos (5, 24):

«Mais que le bon droit jaillisse comme l’eau, la justice comme un torrent qui ne tarit point!»

« Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair».

Cet extrait se fonde sur quatre passages bibliques:

«Je transformerai toutes mes montagnes en chemins faciles, et mes routes seront rehaussées» (Isaïe 49, 11)

«Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et colline s’abaissent, que les pentes se changent en plaines, les crêtes escarpées en vallons!» (Isaïe 40, 4)

«La gloire du Seigneur va se révéler, et toutes les créatures, ensemble, en seront témoins: c’est la bouche de l’Eternel qui le déclare». (Isaïe 40, 5)

«Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair, si bien que vos fils et vos filles prophétiseront, que vos vieillards songeront des songes et que vos jeunes gens verront des visions. 2 Même sur les esclaves et les servantes je répandrai, en ces jours, mon esprit.» (Joël 3, 1-2)

Israël n’est-il point la Conscience du monde occidental? Encore faudrait-il que les chefs de la Communauté européenne reviennent à la source hébraïque de la Morale occidentale chrétienne pour s’éveiller à cette interrogation et y répondre sans plus attendre. Les jours le diront…