Israël est cette petite porte par laquelle passe l’espérance du monde, au-delà de celle d’Israël. Elle est comme le détroit du sablier par où s’écoulent les grains de sable. Ici, ce sont ceux de la peur, de la terreur et du découragement.

Israël, c’est le courage des découragés. C’est un Etat résistant, un peuple immunisé contre la faiblesse, une terre fertile en miracles ; d’autant plus que ceux qui ne sont pas manifestes au grand jour le sont dans les consciences et dans les coeurs. Les juifs ne se contentent pas de croire aux miracles. Ils sont un miracle.

Même divisés, désunis, convoités, jalousés, déchirés et éparpillés en communautés parfois rivales ou concurrentes.. C’est toujours par rapport à la Promesse de l’Eternel qu’ils manifestent leur existence. C’est pourquoi ce jour de Ha’azma’out n’est pas seulement l’Indépendance du peuple, c’est aussi, pourrait-on dire, la célébration de la Liberté de D.ieu!

Celle qu’il donne aux humains, celle qu’il reçoit de notre réponse, celle qui procure le pain, le grain et l’eau à l’étranger, au pauvre et à l’isolé. Celle qui fait sortir l’exilé de sa fosse, et celle qui fait du retranché partie entière et prenante à son Salut.

La liberté est un don et non un dû. On ne va pas au supermarché pour la trouver et on ne la rembourse pas si pas satisfait. Elle vient en germe et ce germe est un combat du souffle dans la terre, et de la terre dans le néant. Israël est la forme donnée à la liberté d’Adam, le sanguin, le terreux, l’empoussiéré, et, en définitive, le relevé, l’abreuvé, le nourri et le sauvé. Elle est cette aide unique qui lui est assortie, et ensemble ils fondent la multitude.

Donc, à 67 ans, non seulement Israël n’est pas à la retraite, mais il peut s’asseoir et contempler où le conduit encore sa liberté. Il priera encore et toujours avec ardeur pour la justesse et la sagesse de son futur gouvernement, pour l’unité de ses enfants, pour que le monde recouvre la vue, pour que l’arc-en-ciel qui court de Pessah à Shavouot franchissant l’immensité des douleurs soit le pont divin qui relie toujours les humains entre eux et l’Eternel à son peuple, et pour que la providentielle existence d’Israël dévoile aux nations qu’elles lui doivent leur salut, non parce qu’elle serait au-dessus des autres, mais parce qu’elle a été placée à la jointure du ciel et de la terre, là où l’horizon s’enflamme et où poindra la paix qui viendra comme une colombe apporter le rameau que le Guetteur du jour attend dans la nuit.

Bon Anniversaire, Israël!

Article publié dans Tribune Juive