Une polarisation sur Israël

Un exemple d’éternel présumé coupable me tient à cœur : ce petit pays si critiqué qu’est Israël, et qui occupe fréquemment la Une des journaux. Souvent, la réalité de ce qui s’y passe est déformée, les épisodes sont relatés hors contexte, la chronologie des faits est oubliée.

Qui n’a pas les yeux rivés sur Israël ? Force est de constater que cette polarisation est souvent émotionnelle et non neutre. L’état hébreu, qui se bat pour sa survie sous la menace permanente du terrorisme, est constamment sur le devant de la scène, victime de partialité, critiqué, raillé.

Une fixation maladive, obsessionnelle, couvrant des sentiments parfois tendancieux, masquant un caractère toxique alimenté par des acteurs malveillants ou ignorants pouvant être influencés par des médias décidant de l’actualité selon un angle très particulier et peu soucieux de relater la vérité.

Il est affligeant de constater que les journalistes en question ne donnent pas la parole à tous les concernés. Et traitent Israël de façon rarement objective, avec deux poids, deux mesures. Rappelons des actes d’une monstruosité sans pareille qui ne font en aucun cas l’objet d’une mobilisation internationale, comme ces atrocités sans nom perpétrées dans des contrées au régime terriblement archaïque qui sont à peine évoquées (voir le peu d’écho fait sur les exactions de civils dans de nombreux endroits, je pense aux Chrétiens d’Irak, aux Yézidis, aux victimes de Boko Aram au Niger, au Darfour etc.), alors que l’État juif — le seul démocratique du Moyen-Orient, ultramoderne et participant activement à l’avancée du monde technologiquement, médicalement et humainement — est régulièrement sous le feu des projecteurs, sujet à une approche unilatérale à son encontre.

Le sujet cache, hélas, bien souvent, un virulent antisémitisme. Antisémitisme alimenté par une latence ou prédisposition antijuive (« complexe » d’antécédence du judaïsme sur les autres religions, mauvaise interprétation du peuple dit « élu », désinformation, parti-pris des médias parasitant le discernement, collaborationnisme actif, passif….), exprimé périodiquement aux extrêmes (l’extrême droite, raciste et l’extrême gauche, qui se cherche une cause à défendre).

À chaque époque, la judéophobie prend d’autres formes, menée par des agresseurs différents (Croisés, Romains, pogromistes, nazis, islamistes, djihadistes se sont ainsi succédé…). Mélanger bourreau, victime, déplacer les problèmes (l’antisémitisme est aujourd’hui couvert sous de l’antisionisme) est choquant.

L’indignation sélective est aberrante, révélatrice d’un dysfonctionnement personnel ou étatique partisan. Elle trouble la donne et pour les non-initiés (ou ceux qui ne s’alimentent que d’une source d’information), déguise la réalité, montre un pan incomplet et donc obscur. Vérifions donc l’information, identifions les protagonistes — et dans la continuité — ne nous focalisons pas sur un événement particulier sans connaître les tenants et aboutissants de l’affaire. Soyons vigilants !

Extrait de « Pour un humanisme éclairé » (éditions Au Pays rêvé).