Un véritable casino.

Le casino du Moyen Orient, où les paris font foi, les jeux la loi, et les risques de perte ne découragent pas ceux qui s’attendent à des gains. C’est ainsi que l’on peut décrire la situation stagnante entre Israël, les Palestiniens et les Etats Unis.

Comme au casino, la formule “les jeux sont faits, rien ne va plus“ chère aux croupiers, définit bien l’évolution à la suite de la formation du nouveau gouvernement palestinien, composé de membres du Hamas. Jérusalem proteste vigoureusement et réplique en débloquant les permis de construction de centaines d’habitations en Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Même le spectacle symbolique au Vatican, réunissant les Président israélien et palestinien autour du Pape Francois, n’est pas en mesure de résoudre l’impasse. D’ailleurs, une question se pose: pourquoi le Président  Peres a choisi pour son allocution a parler en anglais et non en hébreu, alors que Mahmoud Abbas a tenu a respecter et honorer sa langue maternelle, l’arabe.

Les Américains, suivis par l’Europe, la Russie, la Chine et l’Inde, se sont empressés de préciser qu’ils vont collaborer avec ce nouveau gouvernement, composé selon eux de technocrates. En ajoutant, peut être par souci de calmer la colère de Jérusalem, qu’il ne s’agissait pas de reconnaissance juridique réservée aux Etats alors que l’Autorité Palestinienne n’en est pas un.

Jérusalem, se sentant lâché par tout le monde (à l’exception de l’Australie et le Canada) réplique que le prétexte américain démontre une naïveté, voire de l’hypocrisie. Car il est clair que les ministres du Hamas, même technocrates, reçoivent les ordres des dirigeants à Gaza, n’ayant jamais caché, ni avant ni après la réconciliation avec l’AP, leur volonté de se débarrasser d’Israël.

En effet, la charte du Hamas (article 13) précise: “Les initiatives politiques et ce que l’on appelle des solutions de paix sont contraires aux conceptions du mouvement de la résistance islamique. Renoncer à une partie de la Palestine est identique à l’abandon d’une partie de la religion. Il ne y’a pas d’autre solution au problème de la Palestine que le Jihad ».

Or, cette charte, jamais désavouée par le Hamas – toujours considéré, rappelons le, comme organisation terroriste – est dores et déjà contraire aux conditions posées par l’Occident pour cette collaboration, à savoir: le renoncement à la violence, le respect des accords déjà signés, et la reconnaissance d’Israël.

Les milieux israéliens plus modérés espèrent qu’à l’issue des élections prévues pour déterminer la direction de l’AP, Mahmoud Abbas deviendra le patron de la bande de Gaza et ainsi mettra fin aux hostilités contre Israël. Or, selon toutes probabilités c’est le contraire qui est prévu, et donc le Hamas qui gagnera aux élections et va s’accaparer la Cisjordanie. Pour les israéliens la suite est connue d’avance: les hostilités reprendront de plus bel sur un nouveau front.

En dépit de la déception, à Jérusalem on ne se considére pas vaincu, en comptant sur le Congrès américain et les amis Républicains pour déjouer l’attitude d’Obama, en interdisant toute aide économique au nouveau gouvernement. Dans certains milieux de Washington on entend déjà des déclarations dans ce sens, condamnant les décisions de la Maison Blanche.

Même son de cloche de la part du journal influent “New York Times“ exhortant à la prudence face au risque de voir le Hamas prendre le pouvoir au détriment de Mahmoud Abbas “vieillissant“ (79 ans).

Il semble en général que le Président Obama est en train de perdre soutient et sympathie non seulement à l’étranger, fait évident, mais il est critiqué aussi dans son propre camp. Telle Hillary Clinton, son ancien Secrétaire d’Etat, révélant dans son livre « Choix Difficiles », à paraitre la semaine prochaine, l’échec des pressions exercées par Obama contre le programme israélien de constructions en Cisjordanie et Jérusalem-Est. Selon elle, l’attitude du Président avait encouragé Mahmoud Abbas à durcir ses positions, contribuant ainsi à l’échec des négociations.

Oui, les jeux sont faits et rien ne va plus.